‹ Lexique comparé de la langue de Corneille et de la langue du XVIIe siècle en généralChapitre 638 sur 743 · TARIR. — TEINTURE · texte numérisé non relu

TARIR. — TEINTURE

Je l'avois bien jugé, qu'un intérêt d'amour

Fermoit ici vos yeux aux périls de ma cour;

Mais je croirois me faire à moi-môme un outrage,

Si je vous obligeois d'y tarder davantage. (CEtf., 1,8.}

Ces héros prirent terre à Lemnos, dont étoit roine Hypsipile, et où ils tardcrem deux ans. (Exam. de la Toit, d'or.)

On trouve de même :

A son réveil, le roi la vint voir, qui n'y tarda guère; car, dans ce moment, il falloit qu'il allât au conseil. (MM de Mottbvillb, Mém.t 1666.)

Vous craignez qu'Agrippine adresse ici ses pas :

Rassurez-vous, seigneur, je n'y larderai pas. (Bouns., GcrmameuM, ni, 3.)

— tarder a la rue, rester longtemps dans la rue :

Je dois attendre ici le chef de l'entreprise ;

S'il tardoit à la rue, il seroit reconnu. (E'Ilbu., rr, 2.)

— il me tarde que... ne, suivi d'un indicatif:

Qu'il me tarde déjà que dans son sang trempées

Elles (les épées) ne me font voir à mes pieds étendu

Le seul qui sert d'obstacle au bonheur qui m'est dû* (CJif., 1, 6.)

Pour pouvoir expliquer cette phrase assez singulière, il -faut donner le sens de parce que, au que qui complète l'idée exprimée par il me tarde.

TARIR, act., faire tarir, sécher, en parlant de larmes :

Apaisez vos soupirs et tarissez vos larmes,

Contre ma volonté ce sont de foibles armes. ' (L'Illus., corn., m, 1.)

— tarir le cours de, au fig. Emploi très-hardi :

Peuple, fais voir ta joie à ces divinités.

Oui vont tarir le court de tes calamité*. (La Toit. ùTort prol., se. rr.)

TATER (se), se sonder soi-même :

S'il aime sa grandeur, il hait la perfidie ;

Il se juge en autrui, te tâte, s'étudie. (Pomp.t 111, 1.)

TEINT, un teint d'éclat, un teint éclatant, brillant :

L'argent dans le ménage a certaine splendeur

Qui donne un teint a" éclat à la môme laideur. {MéL, 1, 1.)

Boileau a dit, par imitation :

L'or môme à la laideur donne un teint de beauté. (Sou, tul)

TEINTURE, fig. n'avoir aucune teinture d'humanité :

H faudrait qu'ils n'eussent aucune teinture ùThumanitét si une clémence si peu attendue ne dissipoit toute leur haine. (Deuxième discours.)

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