‹ Lexique comparé de la langue de Corneille et de la langue du XVIIe siècle en généralChapitre 644 sur 743 · TERME · texte numérisé non relu

TERME

Quelquefois en remplace aux :

Le 7 octobre 1577, la reine demeura malade à Amboise , de faschene (comme on disoit) qu'elle ne peut faire d'enfans, et qu'elle avoit ouï quelque bruit qu'à ceste cause le roi estoit en termes de la répudier, ce qui estoit faux. (L'Estoilb.) Journ. de Henri III.) — J'eus le vent que mon maître, persuadé par ses amis de quitter sa manière de vie, étoit en termes de se marier. (Sorel, Franciony n.)

De même avec le sing. :

J'estoiê en terme de depescher quelque personnage exprés pour se conjouir de ma part avec la dicte dame de ce bonheur. {Lett. mies, de Henri IV, t. iv, p. 141.)

On trouve encore être sur les termes de, pour signifier être sur le point de, ou être en position, être en mesure de :

11 a prins la ville dudit Myrebeau, et est sur le$ termes de cappituler avec ceuh du chasteau. (Lett. miss de Henri IV, t. iv, p. 445. 26 juill. 1591.) — Estant sur les termes d'envoyer les sieurs de Commartin et Pithou à Vervins. {Ibid., t. v, p. 271.) — Charles d'Anjou son frère le vint trouver fS. Louis), lorsque la ville estoit sur les termes de se rendre. (Rohan, Intér. des Princes, 1666, p. 70.) — De manière que nous serons sur les termes de dire à nos parties... ( Mont., Est., u, 19.)

On trouve dans des sens analogues, être en grands termes de: Et accuse ma fainéance de n'avoir passé oultre à parfaire les commencements qu'il a* laissés en sa maison; d'autant plus que je suis en grands termes d'en eslre le dernier possesseur de ma race. (Mont., Ess., m, 9.)

Mettre aux termes de, réduire à telle ou telle extrémité, ou mettre en état de :

On combattit longtemps le feu qui me dévore,

Mais tâchant de l'éteindre, on l'accroissoit encore.

Et le soin que mon père a pris de me guérir

M'a mis cent et cent fois aux termes de mourir. (Rotr., taure Persée.,1,9.) Le mal-heur de n'estre pas au gré de son prince doit mettre tout homme de bien aux termes de se retirer du monde. (Theopb., Lett., xvm.) — Le mariage de Chimène avec Rodrigue ayant été résolu dans l'esprit du comte, la querelle qu'il a incontinent après avec D. Diègue met l'affaire aux termes de se rompre. (Sentm. de l'Acad. sur le Cid.) — J'ai cru que c'était une heureuse occasion pour meurt M. de Lauzun en état et aux termes de pressentir la sitjÉmtion où je me trouvois. (M'»« db Montp., Mém., 1670.)

Réduire aux termes que, réduire à un état tel que :

Toutes les marques de la générosité de Carmante la rendant plus accomplie à mes yeux, me rendoient aussi plus sensible aux obstacles que ma fortune apportoit à sa possession, et elles me réduisirent enfin aux termes que je n'étois plus supportable à moi-même. (M"« db Villbd., Carmante, i™ part., liv. î.)

Et dans un sens approchant avec le sing., au terme de :

Jacaya, croyant s'être aperçu qu'il étoit parvenu au terme de pouvoir parier sans témérité, fait une lettre où il expose ses raisons. (MBa os Villbd. , Ann. galantes, vin )

— terme, délai :

Elle n'a que fureur et que vengeance, en l'âme :

Mais, en si peu de temps, que peut faire une femme ?

Je n'ai prétérit qu'un jour de terme à son départ. [Méd., iv, 2.}

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