‹ Lexique comparé de la langue de Corneille et de la langue du XVIIe siècle en généralChapitre 653 sur 743 · TOUCHE. — TOUCHER · texte numérisé non relu

TOUCHE. — TOUCHER

regagner mon gîte; je leur tournasse le dos, une certaine crainte d'être rattrapé par eux me fit peu à peu prendre le trot, et tôt après le galop. (D. Nisard, Souv. de voyages, France, Pyrénées, $ vi.)

— aussitôt que , elliptique :

J'en cache les deux tiers aussitôt qu'arrivés. (Le Cid, îv, 3.)

Suivant l'Académie dans ses Sentiments sur le Cid, cette façon de parler n'est pas française ; il fallait dire :

« Aussitôt qu'ils furent arrivés, etc. >

Voltaire, avec beaucoup de raison, réfute ainsi ce jugement : € Aussitôt qu'arrivés est bien plus fort , plus énergique , plus beau en poésie que cette expression aussi languissante que régulière, « aussitôt qu'ils furent arrivés. »

— Corneille a dit encore d'une manière elliptique :

L'autre, aussitôt que pris, se verra sur la roue. (C/tl., ni, 1.)

On peut rapprocher de l'emploi fait par Corneille ces autres formes elliptiques :

Docteur aussitôt que disciple, apôtre aussitôt que néophyte. (Fléch., Serin, pour la conv. de S. Paul, u.)

TOUCHE, fig., coup, atteinte :

Voici pour votre adresse une assez rude louche. {Le Ment., v, 3.)

TOUCHER, v. a., affecter, en parlant de la douleur :

Tous trois désavoueront la douleur qui te touche,

Les larmes de tes yeux, les soupirs de ta bouche. (Hor., v, 3.)

— toucher, faire impression sur, émouvoir, exciter, toucher

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