AIE. — BAILLER
C est-à-dire : Justifiez vos devins, qui tous ont prédit un si bel
avenir.
AYE, pour ait, troisième personne du singul. du subjonct. :
J'ai vu mourir Pompée et ne l'ai pas suivi ;
Et bien que le moyen m'en ame été ravi.
Qu'une pitié cruelle à mes douleurs profondes
nVaue 6\é le secours et du fer et des ondes.... [Pomp., m, i.)
c Cet aye à la troisième personne, dit Voltaire, est un solécisme
très-commun. On a mis ait dans les dernières éditions. »
ATEUX. grands ateix, ancêtres :
Si vous aviei choisi quelque objet sans éclat.
Oui ne pût être à vous que par raison d'Etat,
Qui de ses grandi oyeux n'eût rien reçu d'aimable.
Qui n'en eût que le nom qui fût considérable.
Il s'est assez puni de son manque de foi.
Me dirois-je, et son cœur n'en est pas moins à moi. [Tue et Bér., ni, ô
BAIGNER se , a, pour se baigner dans :
Songe aux fleuves de sangoâ ton bras «'etf baigné. (Cm., iv, 3.)
Qu'un frère pour régner se baigne au sang d'un frère.
Qu'un fils impatient prévient la mort d'un père? (Sur., v, 3.)
Vengez -\ous, baignez-rous au sang du criminel;
Il sur son corps sanglant je \ous mène à l'autel. (Volt., Mér. , îv, V.
— On trouve d'une manière analogue :
Les Adrians. Trajans, seroient bien de ce rang,
S'ils ne s'estoieut poilus des fidèles au sang. >D'Aub., Tra<j , m
BAILLER, donner:
Pymante lui baille quelque échappatoire. (C/n., Arg.)
Ce mot était d'un emploi élégant dans la première moitié du dix-septième siècle. Ainsi Malherbe, en prose et en vers, préférait toujours bailler à donner :
Hier le roi dans sa galerie bailla le bonuet à M. le nonce. {Uu.% à Peiresc. 15 oçt. 1015. .— Je \ois bien que Ion \ous builte de grandes alarmes en ce pavsà. [Ibid., a Bouille - Malh., 13 août 1615.)— Si l'avis a été baillé comme il faut. {Au même, 10 no\. 16200
On parle de l'enfer et des maux éternels Baillés en châtiment à ces grands criminels
Dont les fables sout pleines. ,Siunc. pour le comte de SoUs., 1622.
Le plus célèbre disciple de Malherbe affectionnait aussi l'emploi de bailler :