TRAIT. — TRAITER
TRAIT, les traits de, pour signifier l'impression vive et profonde produite par :
J'avoue après cela, Seigneur, que je vous aime,
Et que mon cœur n'est point à l'épreuve des traits,
Ni de tant de vertus, ni de tant de bienfaits. (Pomp., iv, 3.)
Corneille a dit d'une manière plus particulière, sentir quelque trait de pitié, pour signifier en sentir quelque impression :
Et si votre amitié Sentait pour mes malheurs quelque trait de pitié, Elle m'épargneroit cette fatale vue Qui me perd, m'assassine, et vous-même vous tue. {Pulch., ni, 3.)
— n'avoir trait de mépris , ne donner aucune marque de mépris :
Quel étrange combat ! je meurs de le quitter, Et mon reste d'amour ne le peut maltraiter. Mon âme veut et n'ose, et, bien que refroidie. If aura trait de mépris si je ne l'étudié. (La Gai. du Pal., n, 7.)
— trait d'art, adresse d'art :
Quelques-uns ont attribué cette conformité à un manque d'invention ; mais c'est un trait dan pour mieux abuser par une fausse mort le pore de Clindor qui les regarde. (Exam. de tlllus. eom.)
TRAITER quelqu'un, suivi d'un adv., en agir avec lui de telle manière :
Bien qu'Attila me traite assez confidemment. (Au., iv, 1.)
— traiter l'amour, pratiquer, faire l'amour, traiter une affaire d'amour :
Géraste n'agit pas mal en vieillard amoureux, puisqu'il ne traite l'amour que par tierce personne. {Exam. de la Suw.)
Voilà traiter Humour, Cliton, et comme il faut! (Le Ment., i, 5.)
— traiter des Événements, comme on dit, traiter un sujet :
Telle est celle de l'unité de jour, ou des vingt-quaire heures. Je crois que nous devons toujours faire notre possible en sa faveur, jusqu'à forcer un peu les événements que nous traitons, pour les y accommoder. (Avert. au lect. de la seconde partie des CEuv. de P. Corneille.)
— traiter, neutre, agir, en agir :
Ne vous offensez pas, objet rare et charmant,
Si ma haine avec lui traite un peu rudement. (Théod., u,2.)
On a dit de même :
Elle ne traittoit point de cette sorte avec les autres, qui ne lui estoient point