‹ Lexique comparé de la langue de Corneille et de la langue du XVIIe siècle en généralChapitre 672 sur 743 · TROUBLE. — TROUVER · texte numérisé non relu

TROUBLE. — TROUVER

— trop, subst. mon trop de malheur, comme l'excès de mon malheur :

Je ne viens point ici par de noirs artifices,

De mon cruel destin forcer les injustices,

Pousser des assassins contre tant de valeur,

Et t'immoler en lâche à mon trop de malheur. (Perth., m, 4.)

— son trop de vertu, l'excès de sa vertu :

De son trop de vertu sachons le dégager. {Perth. , m, 6.)

Le frère de Corneille a dit d'une manière analogue :

Didas, ton trop de itle a trahi ta prudence.

(T. Corn., Pers. et Démétr., m, 3.)

TROUBLE, avec le pluriel, pour signifier inquiétude, agitation de l'âme, de l'esprit :

Mais le voilà, madame, Qui vous fera mieux voir les troubles de sou âme. (Oth., v,8.)

Du moment qu'il l'a vue, Ses troubles ont cessé, sa joie est revenue. [Soph., u, 1..

— en trouble, avec trouble :

Je ne reçois qu'en trouble un si confus espoir. {CEd., ivt 3.}

TROUBLER, neutralement, exciter des troubles, se soulever :

De passion pour moi deux sultanes troublèrent ;

Deux autres, pour me voir, du sérail s'échappèrent :

J'en fus mal quelque temps avec le grand seigneur. (LU lus. corn., n,l)

Un des plus célèbres précurseurs de notre grand poète a dit de même :

Les peuples, tous esmeus, commençoient à troubler.

(D'AUBtGNÉ, Les Trag , iv.)

TROUVER a, dans le sens de faire rencontrer à. Emploi des plus énergiques qui se fassent admirer chez Corneille :

Vous pouvez cependant faire munir ces places,

Préparer un obstacle à mes nouveaux desseins,

Disposer de bonne heure un secours de Romains;

Et si Flaminius en est le capitaine.

Nous pourrons lui trouver un lac de Trasimhne. [Nicom., u, 3.)

— trouvé, part, passé, le premier trouvé, comme h' premier venu :

Aucun jusqu'à ce point n'est encor arrivé,

Mais je te changerai pour le premier trouvé. {Mil., v, 3.)

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