‹ Lexique comparé de la langue de Corneille et de la langue du XVIIe siècle en généralChapitre 681 sur 743 · VAPEUR. LA VAPEUR DU SANG · texte numérisé non relu

VAPEUR. LA VAPEUR DU SANG

La vjpeur de mon *any ira grossir la foudre

Que Dieu tient déjà prèle a le réduire en poudre. -ffcroc/., 1,3 )

Voltaire a trouvé, avec raison, cette phrase emphatique :

«. Cette figure n'est-elle pas un peu outrée et recherchée? demande-t-il. Ceqii est hors de la nature ne peut guère toucher. On reproche à notre siècle de courir apres l'esprit. iafiecter des pensées ingénieuses; c'était bien plutûl le goitdi temps de ùirneille que du nôtre. Racine et Boilcau corrigèrent la France, qii depuis est reton.bée quelquefois dans ce défaut séduisant. La tapeur d'un pend* san^ ne peut guère servir a former le tonnerre. Une fille va-t-clle chercher de pareilles figures de rhétorique* »

VASTE, lig. vastes malheurs, immenses malheurs :

Je perdrai mes Etats et garderai mon rang;

Et ces vastes malheurs où mon orgueil me jette

Me feront \utre escia\e} et non votre sujette. (.Vîro«., m.l.

L'expression de castes malheurs est peut-être une réminiscence d'un poète laiin cher à Corneille, de Sénèque le tragique, lequel a dit : 1 astuin malum J/erc., Œt.% 1 232' , et vaslum nefas. /6i</.,767.

Du reste, on a dit d'une manière analogue :

Assez et trop longtemps une funeste guerre

Par ses vastes horreurs désole cette terre. (T. Cou*., Mort oTAek.. i, ij

Et d'une manière approchante :

Et, traînant avec soi les horreurs de la guerre,

De sa raste jolie emplir toute la terre. (Boil., Soi., vin.

VEILLAQUE. — VENDIQUER. 389

VEILLAQUE, coquin, fripon :

Je vais t'assassiner d'un seul de mes regards,

VeiUaque... (L'tllus. corn., u, 2.)

Trévoux donne à ce mot une étymologie assez singulière : « On appelle ainsi un homme de mauvaise foi , sans probité et sans bonneur. Je crois que ce mot est corrompu de celui de Valaque. La nation des Valaques est notée par tous les historiens pour sa méchanceté et sa déloyauté. » L'opinion commune et probable art que ce mot vient de l'espagnol vellaco, coquin, fripon.

On le rencontre assez fréquemment, sous différentes orthographes, à la fin du seizième siècle et au commencement du dix-septième :

Tu verras aujourd'huy comment

Je mènerai bien rudement

Mon tuteur poltron et villaque. (Godard, Les Desguis., nv 1.)

U ne se peut dire comment ce veillac Sathan fut esbahi. (D'Aubigné, Fameste, L it.c. ix.)— Penses-tu donc, veillaque, qu'un gentilhomme de qualité... (Cyrano, le Pédant joui, v, 7.) —Qu'elle le vueille faire monstrer au doigt comme un pleure pain, un vieilUique et un taquin. (Cholibres, Les Apresdinees, u, f* 75, v*.)

On trouve encore cet ancien mot à la fin du dix-septième siècle :

Hél bien, ne voilà pas des discours bien suivis !

Veillaque, à quoi sert donc tout ce que je te dis? (Dakc, 5. Pança, u, 1.)

VEINE y dans le sens de talent poétique, de verve, avec le pluriel :

0 pauvre comédie, objet de tant de veines !

Si tu n'es qu'un portrait des actions humaines... (La Gai. du PaL% \, 7.)

L'emploi de ce pluriel est rare. On s'en est quelquefois servi, de nos jours, dans un sens approchant, comme en cet exemple :

Il vivait sans se contraindre, selon ses veines et ses boutades de nature. (Stb-Biuvb, Mon. t 27 oct. 1856.)

VENDIQUER. vendiquer quelque chose a quelqu'un, avec un nom de chose pour sujet, le lui assurer :

A mon petit sens, ce livret ne fait pas assez pour votre parti, parce qu'il ne vous vendique pas assez l'ouvrage contentieux. (Lett. au P. Boulard, 12 avril.)

L'emploi le plus habituel de ce mot était réservé au style judiciaire. On lit dans le Dictionnaire universel du commerce, de Savary des Bruslons :

c Yendiquer, c'est-à-dire redemander, réclamer, répéter ou saisir par autorité

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