‹ Lexique comparé de la langue de Corneille et de la langue du XVIIe siècle en généralChapitre 694 sur 743 · VOLONTE. — VOULOIR · texte numérisé non relu

VOLONTE. — VOULOIR

Corneille a encore plusieurs fois employé cette expression, comme dans ces vers :

Et veut lier les mains an destin adouci,

Qui m'offre en d'antres lieux ce qu'on me vote ici. (OEdu i, 2.)

bkdù. D'un amant qui s'en va de quoi sert la parole ! ■tpsipili. À montrer qu'on vous peut voler ce qu'on me vole. (La Toit. (For, m, 4.)

Il souffre chaque jour que le gouvernement

Vole ce qu'à me plaire il doit d'attachement,

Et ce qu'il en étale agit d'une manière.

Qui ne m'assure point d'une âme toute entière. (Titc et Bér.t i, 1.)

La plus ferme couronne est bientôt ébranlée.

Quand un effort d'amour semble l'avoir volée. (Pulch., ut, 3.}

Mais ne vous aimer plus ! vous voler tous mes vœux ( (Iàid., v, 6.)

Suréna, de l'exil lui seul m'a rappelé.

Il m'a rendu lui seul ce qu'on m'avoii volé,

Mon sceptre... (Sur., m, 1.)

VOLONTÉ, acquérir lbs volontés de , gagner les cœurs, acquérir la bienveillance de :

*■* Mon bonheur d'ordinaire W acquiert les volontés de la fille et du père, Si bien que de tous deux également chéri, L'un me veut pour son gendre, et l'autre pour mari. (M éd., i, I.)

— toucher les volontés, toucher l'esprit, le cœur :

Misérable ! je puis adoucir des taureaux ; La flamme m'obéit, et je commande aux eaux ; L'enfer tremble, et les cieux, sitôt que je les nomme : Et je ne puis toucher les volontés d'un homme I (Méd., m, 3 }

VOULOIR, avec un nom de chose pour sujet, demander, réclamer :

Comme en un grand dessein, et qui veut promptitude,

On ne s'explique pas avec la multitude. (Sert., v, 0.)

— en vouloir a, avoir des prétentions sur, prétendre à , employé dans le style noble :

Poppée étoit une infidèle, Qui n'en vouloit qu'au trône, et qui m'aimoit moins qu'elle. (Ol/i., i, .'*.}

L'élégant Quinault a dit aussi :

J'en veux à votre cœur plutôt qu'à votre empire. {Astrale, u. 1 >

— SE VOULOIR MAL DE (un SUbst.) :

Je l'aime, et le dédaigne, et n'osant m'atlendrir,

Je me veux mal des maux que je lui fais souffrir. (Tue et Bàr., i, 1.)

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