‹ Lexique comparé de la langue de Corneille et de la langue du XVIIe siècle en généralChapitre 701 sur 743 · AMANT · texte numérisé non relu

AMANT

Par les listes des personnages des pièces de Corneille, le mot amant, comme Ta observé Sainte-Palaye, parait avoir été consacré pour désigner celui qui est aimé, différant du mot amoureux, qui désignait celui qui aime sans être aimé.

La différence qu'on établit généralement entre amant et amoureux ressort bien de ces deux phrases t qui appartiennent à des époques très-éloignées l'une de l'autre :

V amant est celui qui est ja embabouiné de l'amour, et l'amoureux celui qui est enclin à cette folie. {Malad. d'Amour, p. 109.) — Qu'est-ce qu'un amant? Je ne vois que des amoureux. (Prince db Wgne, Mélang., t. 13, p. 333.)

AMITIÉ, pour amour :

Julie, on nous renferme, on a peur de nos larmes ;

Sans cela nous serions au milieu de leurs armes;

Et par les désespoirs d'une chaste amitié

Nous aurions des deux camps tiré quelque pitié. (J/or., iuf 2.)

Les exemples de cette signification sont très-fréquents en prose et en vers :

À madame ai pris congié Et guerpi ai son pais, Car veu ont nostre amitié Félon, tant s'en sont entremis.

[Poe*, ms. av. 1300, t. î, p. 31. Cité par Sainte-Palaye.)

11 y a des dames qui en leurs amitiez n'ont cherché nulle fin que l'honnesteté. (Marc o'Angodl., L'Heptam., 3'journ., prologue.) — Et devez plus que jamais «raindre de recepvoir propos à'amùyé, pource qu'il y en a assez qui sont tombes la seconde fois aux dangiers qu'elles ont évité la première. (Id.f ibid., 4* nouv.) — Pauline, de son costé, dissimuloit le mieulx qu'elle pouvoit son amitié; toutesfois . elle n'en pensoit pas moins. Ceste amitié dura longuement avecq ceste espérance que le temps leur apporterait quelque meilleure fortune. (Id., ibid., i 9* nouv.)

Helas i si ma beauté n'est digne d'amitié, Pour le moins ma constance est digne de pitié.

(Scbblandik, Tur et Sid.t 2" journ., v, 1.)

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