‹ Lexique comparé de la langue de Corneille et de la langue du XVIIe siècle en généralChapitre 702 sur 743 · ANGE. — APPRENDRE (S · texte numérisé non relu

ANGE. — APPRENDRE (S

Que me sert estre aymé d'elle, si d'autre costé mon malheur ne veut souffrir *ae je cueille les frnicts de V amitié que je sçay qu'elle me porte ? (Larivit, Le ~mqmûtf u, 1.)

Madame, vous estes cruelle

De voir un amant si fidelle

Qui vous porte tant d'amitié,

Sans en prendre aucune pitié. (Godaid, Les Desguise% , îv, 1.)

Les dieux sont propices À mes sacrifices, Puisque mon amitié La rend sensible à la pitié. (Racan, Stancet.)

Après ces preuves mutuelles

De leur pure et forte amitié. (St-àmaht, La Généreuse.)

Et n'estoit-elle pas bien outrecuidée de penser que Ton pust faire semblant de >om aymer, et se servir de vostre beauté pour couvrir l'amitié qu'on loy portevolt? (D'Usfb, VAstrée, u, 4.) — Je suis de l'avis de celui qui disoit que dans l'amour on oublioit sa fortune, ses parents et ses amis : les grandes amitiés vont jusque-là. (Pasc., Dise, sur les passions de C amour.)

On trouve aussi amitié pour désigner la tendresse paternelle :

Quoy ! la loi de l'honneur est-elle si cruelle

Qu'elle fasse oublier Vamitié paternelle ? (Racan, Les Bergeries, iv, 4.)

ANGE (eau d'), espèce d'eau parfumée :

Un certain parfumeur vend de fort bonne eau fange. (La Veuve, î, 1.)

S. E. S. X. a traduit d'italien en francois recueil de plusieurs secrets trèsutiles, tant pour l'ornement que la santé du corps humain, tires des plus excellent autheurs tant grecs que latins, auquel est adjousté et traité des distillations, contenant plusieurs receptes d'eaux impériales d'ange , Naffe, et autres semblables. (Imprimé à Paris, in-8°, par Yincent Sertenas, 1561.) (La Bibliothèque Antoine Du Merdier, p. 1167.)

L'édition que nous citons, et qui est la meilleure (Lyon, 4585), porte eaux d'auge, mais par une faute d'impression manifeste.

Rabelais parle aussi de l'eau (Fange. APPRENDRE (s'), comme apprendre.

Ajouter :

Ou plustost mon corps t'apprit

À vivre sans son esprit. (St-Amant, La Polonoise.)

On a dit encore de nos jours :

Dans le séjour qu'il fit à Lausanne, jeune, de seize à vingt et un ans, il s'apprit tout à fait à penser en français, à ce point que les lettres en anglais qu'il écrivait pendant ce temps sont de quelqu'un qui ne sait plus bien sa langue. (Ste-Beuvb, Causer., 32 août 1853.)

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