‹ Lexique comparé de la langue de Corneille et de la langue du XVIIe siècle en généralChapitre 71 sur 743 · AVOIR. — AVOUER · texte numérisé non relu

AVOIR. — AVOUER

— avoir, suivi d'un adjectif, formant latinisme :

La haine que pour vous elle a si naturelle,

A mon occasion encore se renouvelle. (iVieom., i, 1.)

Le duc de Savoie commença à munir de garnisons toutes les places qu'il avoit voisine* des troupes franco i ses. (Richbl., Mém.t xx.) — Le pauvre, quelque effort qu'il fasse, ne peut jamais se faire entendre, et se voit malheureusement distingué d'avec le puissant dans un intérêt qu'ils ont commun. (Boss. , îv* Serm. pour le jeudi des Ram., i.) — Ce serait une espèce de tyrannie, d'avoir ainsi dépouillé les pauvres de cette possession , qu'ils avaient commune avec le reste des hommes. (Flkcb. , Serm. sur Cobtig. de Caum. , i.) — Je voudrois qu'on ne fît pas son capital d'une chose que le dernier de tous les hommes peut avoir commune avec un grand héros. (MM de Villed. , Alcidam., 1" p., 1. m.)— On dit que ce seigneur parut bientôt consolé de cette préférence , sur ce qu'il n'estimait pas en cette occasion une marque d'honneur, estimable d'ailleurs, qu'il aurait eue commune avec son domestique. (P. Lac, Fragm. sur la vie de Mm* la marq. de Maint.)

De même, suivi d'un participe passé :

11 y avoit un jardin dans le palais, réservé pour la promenade de la reine et de sa fille, dont aucun homme tl avoit l'entrée permise. (MB* de Villbd. , Ann. gai., vi.) — Tu ne plains pas cette âme, qui, par une brutale stupidité, a toutes ses fonctions interdites! (Boss., Prem. Serm. pour le deux. dim. de l'Av., i.) — Leur chute leur ouvre les yeux , qu'ils avoient aveuglés par leur amour-propre. Id., Pané'j. de S. Pierre, h.) — Les succès de ce prince nvoitnt leurs bornes marquais par les prophéties. (Id., Hisi. univ.t 2e p., c. xiv.) — Il y a grande apparence que Molière avait au moins les canevas de ces premières pièces déjà préparés, puisqu'elles se succédèrent en si peu de temps. (Volt., Vie de Mol.)

AVORTON, fig., en parlant d'une chose morale :

Vaine compassion des douleurs d'Angélique,

Qui pense triompher d'un cœur mélancolique !

Téméraire avorton d'un impuissant remords,

Va, va porter ailleurs tes débiles efforts. {La PL Roy , iv, 5.)

AVORTER, fig. :

N'eureul-ils pas besoin d'un éclat de tonnerre, Ses ministres ailés pour me jeter par terre? En voyant mes efforts avorter sans effets,

Quels pleurs n'ai-je versés, et quels vœux n'ai-je faits? {Androm , îv, 3.) Ce qui l'a fait avorter au théâtre, a été l'événement extraordinaire qui me l'avait fait choisir. (Exam. de Penh.)

AVOUER quelqu'un d'une chose, dans le sens de la reconnaître comme légitime :

Ou Sparte C avouera et un peu de violence.

Après tant d'ennemis à ses pieds abattus. [Ayés.% iv, -2.)

— Dans un sens analogue, et avec une énergique concision :

Appuyez donc la France et laissez tomber Rome.

Aux grands ordres du ciel prêtez ceux d'un grand homme.

D'un si bel avenir uvoutz vos devins ,

Avancez les succès et hâtez les destins. [Attila, i, 2.)

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