‹ Lexique comparé de la langue de Corneille et de la langue du XVIIe siècle en généralChapitre 716 sur 743 · ÉTEINDRE. — ÉTUDIER · texte numérisé non relu

ÉTEINDRE. — ÉTUDIER

ceux qui ont du mérite est recherchée de tout le monde , mais il me semble qu'on ne diroit pas fort bien, dans la signification passive, son estime diminue de jour en jour, pour dire l'estime qu'on avoit pour lui. Estime est un mot qui approche de considération; on dit fort bien : tous les honnêtes gens cmt beaucoup d'estime et de considération pour lui, mais comme on ne saurait dire, sa considération diminue, pour dire la considération qu'on avoit pour lui, je ne crois pas que l'on puisse dire, son estime diminue, dans le même sens qu'on a dit, sa réputation diminue. » (Not. sur les Remarques de Vaugelas, DXLI.)

ÉTEINDRE, fig. :

II éteindra ma vie, avant que mon amour. (Ûfc'rf., 1, 2.)

Ce latinisme se trouve dans un contemporain de notre poète :

Puissay-je plustost voir tout le monde au trespas

Que d'esteindre ta vie et perdre tant d'appas ! (St-Amànt, Moyse sauvé, xn.)

Le vieux tragique qui prépara les voies à Corneille a dit :

Tu vivrais, Hippolyte, et la mort violente

Wcsteindroii aujourd'hui la jeunesse innocente. (Rob. Garnibr, Hippol.)

A propos de la locution éteindra ma vie, esteindroit ta jeunesse, nous rappellerons qu'on a dit éteindre un homme , pour signifier le tuer :

• Salemons et Hoiaus de Nante

En font morir plus de LX

Rois Gaifiers et rois Arestains ,

En ont assés mors et estuins. (Ph. Mouskes, M s., p. 184.)

Et y eut bien deux cens personnes mortes elesteintes. (Juv. des Uns , Hist. de Charles VI, 1406.)

ÉTUDIER, neutr., avec à, suivi d'un infinitif, comme s'étudier à.

On a dit avant Corneille :

II jugea adonc que c'estoit peu de chose, et presque rien du tout, que de s'exerciter à bien dire, qui n'estudie à avoir la bonne prononciation et belle action quand et quand. (Amyot, Vies, Démoslh.)

On trouve plus anciennement, avec ellipse de la préposition à:

Estudions donc ces anneaulx porter avec nous, si que nous puissions la vie des bienheureux posséder. (Le Violier des Hist. rom., c. x, Moral isation)

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