METTRE. — MIEUX
METTRE, mettre quelqu'un en jalousie, lui inspirer de la jalousie :
Ajouter :
On a dit de même, après Corneille :
II comprit qu'il ne lui seroil pas difficile de me meure en défiance et en jalousie contre un homme qui ne manquerait pas de faire de grandes actions. (Fbnel., Télémaque, m.)
MIEUX, s., ce qu'il y a de plus avantageux pour quelqu'un, le parti le meilleur pour lui.
Ajouter cet exemple du quinzième siècle :
La pensée des mortels, se disoit-il, est enveloppée de très espaisses tenesbres; par quoy il advient que elle eslargit ses demandes à ce que son appétit désire, pource que elle ne sçait cognoistre son mieulx. (Le Livre desfaieu du maretckal de Boucicaut, 4* p., en. 3.)
Et celui-ci d'un prédécesseur immédiat de Corneille :
0 l'impudence ! une fille s'oser f- A ce qui est de ton mieux opposer. (A. Hardy, Alcée, h.)
— des mieux, pour le mieux, au mieux.
Vaugelas, Chapelain, Th. Corneille, proscrivent unanimement \ comme basse cette locution que Corneille a employée non-seu-
lement dans ses comédies, mais même dans une de ses tragédies, dans une de ses dernières, il est vrai.
€ H n'y a rien de si commun, observe Vaugelas, que cette façon de parler, il danse des mieux, il chante des mieux, pour dire i7 danse fort bien, il chante fort bien; mais elle est très-basse et nullement du langage de la cour, où Ton ne la peut souffrir. Car il ne faut pas oublier cette maxime, que jamais les honnêtes gens ne doit vent, en parlant, user d'un mot bas, ou d'une phrase basse, si ce
t n'est par raillerie ; et encore il faut prendre garde qu'on ne croie
r pas, comme il arrive souvent, que ce mauvais mot a été dit tout
de bon, et par ignorance plutôt que par raillerie. Il ne faut laisser aucun doute que l'on ne l'ait dit en raillant. » [Remarq. CXXVI.)
Th. Corneille ajoute :
€ M. Chapelain dit que danser des mieux, chanter des mieux, est une élégance de bas style. Cette façon déparier n'est point reçue parmi ceux qui ont quelque soin d'écrire correctement. »