NAITRE. — NON
Et j'ai vu leur honneur croître de la moitié,
Quand ils ont des deux camps refusé la pitié.
Si par quelque foiblesse ils l'avoient mendiée.
Si leur haute vertu ne l'eût répudiée.
Ma main bientôt sur eux m'eût vengé hautement
De l'affront que m'eût fait ce mol consentement. [Hor.t ni, 5.)
S'il pardonne il est mol; s'il se venge, barbare. (Rotbou, VeneesL, i, l.)
De môme, avec le pluriel, et jusqu'à une époque très-rapprochée de nous :
Ce sont des peuples mois, pacifiques, indolens. (Bufp., Hist. nat. de f homme, Variétés dans l'espèce humaine.)
Mol, de môme que fol, ne s'emploie plus guère devant un mot commençant par une consonne. Il est beaucoup de cas cependant où fol et mol seraient plus harmonieux que fou et mou.
NAITRE, ce que je suis né, le rang dans lequel je suis né. Nous avons cité ces vers de Corneille :
Je ne puis jeter l'œil sur ce que je suis née*
Sans voir que de périls suivront cet hyménée. {TUe et Bértn.% iv, 1.)
Ajouter :
On a dit exactement de môme après le grand tragique :
Oui, votre politesse, Votre abord, vos discours, un esprit vif, orné, Tout fait voir à l'instant ce que vous êtes né. (Dbst., Le Médisant, u, 10.)
NON, employé dans une phrase où l'on dirait aussi bien oui. Voici un exemple analogue à celui de Corneille :
Quoi, ce crime est le seul dont Honcade est coupable? Ce grand courroux du roi, cet exil de la cour, N'a pour tout fondement que cet effet d'amour? D.ALvàR.ittm, madame. (MM ob Villbd., Le Favori, m, 1.)