PASSER. — PEINE
qu'il fût question d'un pas ou d'un point, révoltèrent d'abord la raison en flattant l'oreille; mais lorsque leur première idée fut effacée, lorsque pas et point unis à ne, ne présentèrent plus que le non des Latins, la raison se tut, et la proposition négative acquit le degré de force qu'elle devoit avoir. »
De très-anciens textes nous offre des exemples bien curieux et bien frappants de l'emploi primitif du substantif point avec ou sans la négation ne.
Cil qui en soi a point de sens. (Alard de Cambrai, Les
Dits des Philosophes, ms., Bibl. de l'Ars., Bell. lett. fr., n° 175, fol. 141, r% col.l.)
Cil qui a point de sens, c'est-à-dire celui qui a un point , une parcelle de sens.
A la fosse vont erranment, Que il nul point w'i demorerent.
{Floire et Dlanceflor, édit. Du Méril, Append., ▼. 194.)
Nul point rii demorerent, c'est-à-dire n'y demeurèrent le moindre point, n'y demeurèrent aucunement.
PASSER, v. a. passer pour, tenir pour, regarder comme :
Ils passent pour tyran quiconque s'y fait maître,
Qui le sert pour esclave, et qui l'aime pour traître. (Cimta, n, 1.)
Conformément à la leçon des éditeurs modernes, et à celle qu'avait adoptée Voltaire, nous avons mis ce verbe au singulier, // passe pour tyran quiconque..., et nous y avons vu un exemple de l'inversion du pronom il. (Voir notre article IL.) Hais les éditions publiées par Corneille lui-môme, et celle qu'a donnée son frère en 1 692, portent uniformément : Ils passent pour tyran, avec la signification que nous indiquons ici. Ils, suivant cette version, se rapporte à Romains, exprimé plus haut.
Corneille a employé ailleurs passer pour, act., avec la signification de regarder comme; et nous en avons fait un article (t. n, p. 422), auquel nous renvoyons les lecteurs.
PEINE, faire peine a, avec un nom de chose pour sujet, permettre difficilement de.
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On trouve d'une manière analogue :
El toi qui plus que tous doit savoir mon histoire,
C« noble sentiment te fait-il peine à croire? (MM de Ville d., Nitétis, 1, 1.)