‹ Lexique comparé de la langue de Corneille et de la langue du XVIIe siècle en généralChapitre 730 sur 743 · PENSEE. — PILLAGE · texte numérisé non relu

PENSEE. — PILLAGE

— a peine, avec peine.

On a dit à peu près comme Corneille :

Le prince eut de tout temps l'âme fiére et hautaine,

Il est audacieux, il n'obéit qu'a peine. ' (M-« de Villkd., Ni té lis, i, 5.)

PENSÉE, dans le sens du latin mens.

Voici un exemple analogue à celui de Corneille :

Lorsqu'elle le verra sanglant sur la poussière.

Que les yeux, en mourant, les regards à l'envers,

Hideux, sans mouvement, demeureront ouverts,

Il faut que l'amitié soit bien dans la pensée

Si par un tel objet elle n'en est chassée. (Tbioph., Pyrame eiThisbé, i, 3.)

PENSER, v. se penser, comme se croire.

Ajouter :

Elle se pense belle, et cette vanité

L'assure impudemment de ma captivité. {La Veuve, ti, 6.)

On a dit d'une manière analogue :

Or advise donc, mon amy, si celuy qui se pensoit estre un tout selon les hommes, ne se trouve pas à la fin selon Dieu estre moins que rien. (Tahureau, Second Diat. du Démocrilic, éd. 1602, p. 372.)

PERCER, abs. percer jusqu'aux cieux, avec un nom de personne pour sujet, porter jusqu'aux cieux la pénétration de ses regards, de sa méditation :

Un paysan stupide, et sans expérience.

Qui ne sait que t'aimer, et n'a que de la foi,

Vaut mieux qu'un philosophe enflé de sa science

Qui perce jusqu'aux cieux sans réfléchir sur soi. (Itnit., i, 2.)

PÉRIODE, subst. masc, point le plus élevé, apogée :

Vaugelas, en observant [Rem. h) que ce mot est masculin quand il signifie le plus haut point ou la fin de quelque chose , avait donné comme exemple, monté au période de la gloire; Th. Corneille, dans ses notes, ajoute : « On ne dit point monté an période de la gloire. Il faut dire au plus haut période de la gloire , comme on Ait jusqu'au dernier de la vie. »

PILLAGE, pour parler d'attentats amoureux :

Mais si j'osois me hasarder

Avec vous au moindre pillage,

Vous me feriez bien regarder

Le grand chemin de mon village. (Poés. div.% Stance» )

il. 29

[ Jeu s'employait autrefois au pluriel dans plusieurs locutions

ï où Ton mettrait aujourd'hui le singulier :

I Et que, l'heure s'advançant, ils donnassent ordre à leur sortie, sinon que l'ar-

\, tillerie recommencerait ses jeux. (De Villabs, Mém., v, 1554.)

JOUER de, suivi d'un subst., signifiant employer, faire preuve de. jouer d'adresse :

Mais j'ai moi-même, enfin, assez joué d'adresse. [Le Ment., v, 6.)

Jouez d'un peu d'adresse Pour votre intérêt et le mien. (Àgés.t i, 1.)

Le frère de notre poète a dit d'une manière analogue :

Ce voyageur nocturne a joui là d'esprit. (T. Corn., César dAvalos, u, 1.)

LANGUIDE, languissant.

Ajouter cet exemple du prédécesseur de Corneille dans la tragédie :

Le corps n'est plus qu'une languide escorce

Sans mouvement, et sans la moindre force. (A. Hardy, Alcéet m, 3.)

LARCIN. Remarquable emploi au figuré :

Allez donc, ce qu'ici vous perdez de moments

Sont autant de larcins à vos contentements. [Rodog., îv, 3.)

MAIN, a main forte, la force en main, par la force, par la violence.

Ajouter cet exemple d'une date postérieure à ceux que nous avons allégués :

Des commissaires y mettoient le prix (au blé) à main forte. (St-Sim., t. vu, c 9.)

MAL, adv., placé devant un adjectif.

Aux exemples cités de Corneille ajouter les suivants :

Ces quatre diamants dont elle est enrichie

Ont sous eux quelque feuille, ou mal nette, ou blanchie.

{Suite du Menu, u, 6.)

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