‹ Lexique comparé de la langue de Corneille et de la langue du XVIIe siècle en généralChapitre 94 sur 743 · BRUIRE. — BUTIN · texte numérisé non relu

BRUIRE. — BUTIN

De Pindar', de qui premier

Commenceray-je mon ode? (Rons., Odes, m, 3.)

BRUIRE de, retentir de :

Protecteur des grands rois, guerrier trop magnanime,

Puisse tout l'univers bruire de votre estime. (L' Il lus. corn., m, 10.)

BRUIT, sans faire bruit, sans faire de bruit :

Attends sans faire bruit que je t'en avertisse. (la PI. Roy., îv, 1.,

Voir ARTICLE SUPPRIMÉ et FAIRE BRÈCHE.

— fourber a grand bruit, fourber ouvertement, avec éclal et ostentation :

Oui, madame, il est fort bien instruit A montrer de l'orgueil, et fourber à grand bruit. (Penh., îv, 4 >

BUT. Corneille fait un emploi figuré de ce mot, qui parait, au moins au premier aspect, peu correct:

11 suit toujours son but jusqu'à ce qu'il l'emporte. [Nicom., v, 4 )

But est ici pour l'objet qu'on se propose comme but, et emporter pour remporter, selon l'usage d'alors. Voir notre article

EMPORTER

— prendre pour but de, s'assigner pour but de :

Sa valeur en ce lieu n'a point cherché sa gloire : Il prend l'honneur du ciel pour but de sa victoire.

(In$crip. mite tout de* estampes, ni. La réduct. du Bèarn.)

— but a but, fig. s'aimer but a but, s'aimer également et d*k la même manière :

Aimont-nous but à but, sans soupçon, sans rigueur, Donnons âme pour âme, et rendons cœur pour cœur.

(La Suite du Ment., v, l.i Par le pouvoir de son art (d'une sorcière), de vieilles douairières trouvent, dit-on, des jeunes gens qui let aiment but à but. (Lesage, Diable boiteux, vu.

BUTIN, proie, au fig. :

Peut-être en ce moment qu'ici tu me cajoles.

Uuc tu remplis mon cœur d'espérances frivoles,

Ce rare et cher objet qui fait seul mon destin

Du soldat insolent est l'indigne butin. [Thiod.. i\, 1.

Notre graud comique a dit de même :

Au moins est-il en moi de promettre à ses vœux

Qu'on ne me verra point le butin de vos feux. (Mol., D. Garde, in, 3.)

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