BUTINER. — CALAMITE
On lit dans le Lexique de Molière :
« Je ne crois pas qu'on trouve en français un second exemple de celle façon de parler bizarre. Dans une métaphore consacrée , on n'a pas le droit de substituer un synonyme au mot qui fait la figuré; autrement cet Anglais aurait bien parlé, qui écrivait à Fénelon : « Monseigneur, vous avez pour moi des boyaux de « père, ^ car entrailles et boyaux sont synonymes comme proie et butin. »
L'exemple de Corneille montre que M. Génin a été ici, comme il lui arrive assez souvent, trop prompt à trancher, parce qu'il n'avait pas assez lu.
BUTINER sur, avec un nom de chose pour sujet, tirer du
profit de :
Dans son plus beau travail, tout ce qu'elle examine,
C'est combien sur un autre un tel emploi butine,
L'estime s'en mesure à ce qu'il rend de fruit. {Imit., m, 54.)
Il s'agit dans ces vers trop obscurs et tourmentés de la nature opposée à la grâce. Le texte latin porte : Natura pro suo comniodo laborat, et quid lucri ex aliosibi proveniat, attendit.
BUTTE, fig. être la butte de, comme on dit, être en butte à:
Et d'être des malheurs la butte et la victime,
Sans faire aucun souhait pour la prospérité. (Imti., u, 12.)
fille étoit la butte ordinaire *
De tous leurs quolibets et de tous leurs bons mots.
(Perrault, Contes en vers, Peau d'Ane.)
— METTRE EN BUTTE A, Opposer à :
Tandis que Suréna, mis aux Romains en butte,
Les tiendroit en balance, ou craindroil pour sa chute. [Suréna, m, 1 )
— prendre en butte, s'assigner pour butte :
Vous préserve le ciel de ce que je prévois.
Et daigne son courroui, méprenant seule en butte,
M'exempter par ma mort de pleurer votre chute. (Sqphon., î 4.)
On a dit d'une manière analogue , se mettre en butte, pour signifier se proposer :
Je ne pense point qu'il faille trouver rien de mauvais en celui qui ne se mit jamais en butte que le bien faire. (Pasq., Lett., xvn, 2.)
CALAMITÉ, dans la, en ta calamité, comme, dans le, dons ton
malheur :
Et qu'une femme enfln dans la calamité
Me fasse des leçons de générosité. [l'ul , iv, 6.)