Lexique de la langue de Chapelain
La correspondance de Chapelain, publiée par M. Tamizey de Larroque, n'est pas seulement précieuse pour riiistoire littéraire du xvii® siècle; elle offre encore multitude de renseignements pour l'histoire de la langue.
« Excellent grammairien, a dit de lui V. Cousin, profondément versé dans les littératures grecque, latine, italienne et espagnole, d'une érudition solide et presque universelle... C'est lui qui avait déterminé et fixé la vraie fonction de l'Académie, h savoir: de travailler à la pureté de la langue. C'est lui qui avait proposé la composition d'une grammaire et d'un dictionnaire et qui dressa le plan de ce dernier ouvrage. »
Rien ne justifie mieux ces paroles et ne montre mieux, en effet, l'excellent grammairien que ce Lexique de la langue de Chapelain que nous avons eu la pensée de dresser. Comme prosateur, l'auteur décrié de la Pucelle se tient sans infériorité à côté des meilleurs écrivains de son temps, Vaugelas, Ealzac et Patru ; et, comme eux, il mérite vraiment d'être placé au rang des bons ouvriers de notre langue, de ces honames d'un sens si droit, d'une science si étendue, d'un goût si sûr et si délicat, qui, les premiers, eurent la mission difficile de fixer notre idiome.
Ce Lexique va nous présenter un curieux tableau, comme un état de la langue française dans les dernières années du règne de Louis XIIT et au commencement du règne de Louis XIV.
(( On pourrait presque dire, a écrit ^L Tamizey de Larroque, que la langue de Chapelain est plus du xvi" siècle
que du xvii'^. » Et de fait, avec son goût pour le vieux langage, pour les archaïsmes, pour les mots tirés en foule et à la manière de Montaigne, du grec, du latin, de l'espagnol et de l'italien, Chapelain sert d'intermédiaire entre l'âge littéraire qui finit et celui qui commence.
Ainsi, on remarquera une multitude de locutions ou de mots pour lesquels M. Littré ne cite que des écrivains de beaucoup postérieurs : La Bruyère, Fénelon, Voltaire, etc. Si nous en croyons M. Littré, les contemporains de Chapelain ne disent plus: damer le pion, pasquinade, libellisLe^ prôner, néopJiyte ; et il faut chercher ces expressions dans les auteurs de la fin du xvxi" siècle ou du commencement du xvm®. De là, sans Chapelain, une lacune réelle dans notre langue pour l'histoire de ces mots, lacune que celui-ci vient combler à propos. Comme l'a fort bien dit M. Tamizey de Larroque, dans les notes excellentes dont il a enrichi sa publication, souvent c'est Chapelain qui sert d'anneau pour relier le xvii'' siècle au siècle précédent.
D'autre part, s'il conserve les mots anciens, promenoir, tardiveté, accoutumance, et tant d'autres dont il faut regretter la perte, il ne craint pas d'en hasarder de nouveaux. Ses inventions ne sont pas toujours heureuses ; mais d'autres fois, le premier, ou l'un des premiers, il met hardiment en circulation des mots nouveaux, et obtient pour eux un droit de cité qu'ils ont gardé depuis.
Nous ne disons plus, comme l'aurait voulu Chapelain, pergrécation, trajeter, tràmeur, autrice. éciiçaine, partisane, inflection, etc. Mais hâblerie, gazetier, notoriété, loquacité, mignardise, polyglotte, urbanité, etc., sont restés dans la langue, et n'y font pas trop mauvaise figure. On remarquera de plus des expressions pittoresques, comme parasiterie, saltimbanquer, rabinage, a^>ocaceau, poètastrc; des locutions proverbiales ou des dictons populaires, comme répondre sur le genou, garder une poire pour la soif, demeurer sur le nez, jeter sa poudre aux
moineaux, faire la guerre à l'œil, jeter son coussinet sur quelqu'un, faire autant de cas de quelqu'un que des choux de son jardin : façons de parler qui donnent au style de Chapelain une saveur particulière, quelque chose de l'air libre et aisé d'Amyot, de Montaigne et de Marot.
Cette espèce d'inventaire philologique fournira aussi bon nombre d'expressions que l'on pourrait croire récentes, et qui étaient déjà en usage du temps de Chapelain. Epigrammatiser , exorhitance, archaïsme, inélégance, ingambe, circonstancier, etc., malgré leur physionomie moderne, sont d'une époque déjà ancienne.
Nous aurions encore bien d'autres observations à faire, mais nous ne rédigeons pas ici un traité, moins encore une Introduction grammaticale. Le lecteur fera lui-même ses remarques : elles se présenteront d'elles-mêmes au courant de la lecture.
Nous avons indiqué avec soin le volume d'où est tiré chaque exemple que nous citons. On a ainsi comme l'acte de naissance de telle ou telle expression risquée par Chapelain.
Le P"" volume va du mois de septembre 1632 au mois de décembre 1640.
Le IP volume commence le 2 janvier 1659 et finit le 22 octobre 1673.
Que nous avons omis plus d'une expression digne d'être signalée, plus d'une locution intéressante à relever : ce n'est pas douteux. ^lais, ce que nous pouvons affirmer, c'est que nous avons recueilli avec soin tout ce qui nous a paru de quelque intérêt. Dans un travail de ce genre, les omissions sont inévitables. Ce que d'autres ont fait avant nous pour la langue de La Rochefoucauld, de La Bruyère ou de ]M'"° de Sévigné, nous l'essayons à notre tour pour celle de Chapelain. Heureux si ce travail peut être de quelque utilité à nos philologues contemporains, à tous ceux qui s'occupent de l'histoire de notre langue !
A. Fabue,
A, préposition, servant à former diverses locutions.
A FEU ÉMOLU. « Il se propose bien de combattre à fer
éinolu... » II, 202. — Einolu^ pour émoulu; passé sur
la meule.
A DROITURE. Directement. « Faire venir à droiture les
livres que vous aviez résolu de nous envoyer. . . )) II, 463.
A DROIT ET A GAUCHE. « Combattra pour vous à droit et à
gauche.. . » I, 437.
A l'oeil. Avec précaution. « Et cependant nous ferons la
guerre à l'œil... » I, 125. — !Mème locution et même
sens: I, 439; II, 418.
A MÊME DE. Mettre quelqu'un à même; lui faciliter l'usage d'une chose. « A cause de cette noble facilité qu'il a de mettre les personnes habiles à même de ses manuscrits. » II, 95.
A PUR ET A PLEix. Entièrement. « ... Dans l'afTaire qui a exercé cette excellente famille et qu'elle a gagnée à pur et à plein... » I, 428.
AU POIL ET A LA PLUME. Terme de fauconnerie. Un oiseau au poil et à la plume était un oiseau également propre à la chasse du lièvre et de la perdrix.
Locution employée au figuré par Chapelain, en parlant du cardinal de La Valette, qui était aussi général d'armée, et qu'il appelle pour cela v cardinal au poil et à la plume ». I, 245.
ABANDONNEMENT. Actiou d'abandonner. « Considérez si, outre V abandonnement de votre diocèse... » I, 324, — I, 428.
AiJDATTERAi. « Muis jc uc plcurcrai point et ne mabbatterai point... » I, 173.
ABHORRER. Détcstcr. « Lc mot abhorrer ne sauroit être exclus du bel usage... » II, 152.
ABNÉGATION. « Mais nous le devons excuser de tout cela sur Yahiiégation qu'il a faite de lui-même entre les mains de M. de Saint-Cvran. » I, 206.
ABOMR (s'). Devenir bon ou meilleur. « Les ouvrasses ne s'abonissent que par la fréquente correction. » II, 520. — «lien défendra mieux ses terres, et verra de plus près l'obligation qu'd vous a de les lui avoir conservées et ahonies avec tant de peines et de traverses. » II, 490.
ABONDANT (d'). En outre, de plus. « Mais, pour vous montrer d'abondant que je vous ai dit vrai... » I, 610.
ABOUCHER (s'). S'appuycr sur une table et la touclier de la bouche. « En arrivant i>ons çons abouchâtes sur la table où vous deviez souper... ». I, 226.
ABSTRUS. « Si j'avois à vous entretenir de choses abstruses... )) I, 531.
ACADÉMIQUE. Subst. « Peut-être trouverez-vous l'Académie plus échauffée qu'elle n'est et les Académiques en meilleure humeur de bien faire. » I, 78.
ACADÉMiSTE. Pour académicien. « Vous vous honorez du titre d'académiste... » I, 71.
ACCLAMATEUR. Approbateur. « Il se fit ouïr parmi les acclaniateurs... » I, 462.
ACCROCHE. Accroc, difficulté. « Il est encore ici avec MM. les Ambassadeurs, ses collègues, retenu par les dernières accroches qu'a trouvé leur traité avec nous... » II, 227.
ACCROCHÉ. Au fig. « L'édition de Balzac est accrochée pour un temps... » II, 352.
ACCOUTUMANCE. « Jc suis daus une douce langueur que j'appelle santé par «cco?/<MWrt«ce... » I, 461,
ACCRÉDITÉ. « Vous, dis-jc, dout la plume accréditée.. , » II, 41.
ACCERTENÉ. Douné commc certain, a Mai?, vrai ou non
que cela soit, il suffit que sur les lieux on vous Tait sérieusement accertené.. » II, 207.
ACQUIT. Prov. Par manière d'acquit. « Je jurerois ou que vous n'avez point eu de réponse, ou qu'elle a été froide et courte, de celles qu'on appelle par manière d'ac~ quit. )) I, 481.
ADOLESCENT. Tcrmc de dédain : jeune étourdi. « Ce terme en notre langue ne se met plus et ne se dit qu'en façon déparier ironique... )) I, 108.
ADOMESTiQUÉ. Commc domestique ; faire partie de la maison. Les hôtels de Rambouillet et de Clermont « auxquels je suis addomestiqué parleur bonté singulière. » I, 181.
ADORER. Dans le sens étymologique, adorare, porter à la bouche, « Bien que ces précieux caractères qui les marquoient aient été également adorés de moi et que je les aie également portés à ma bouche. » I, 38.
ADRESSE. Dédicace. « Je vous en mettrai dans mon paquet un exemplaire sur lequel j'ai quelque droit par l'adresse qu'il m'en a voulu faire, w II s'agit de Vlter Suecicum que Huet avait dédié à Chapelain. II, 197. — Même sens : II, 209 et ailleurs.
ADRESSÉE. Dédicace, ou plutôt apostrophe au lecteur. « Votre adressée au lecteur est sensée et élégante, w II,
ADRESSER. Dédier. « Ce que vous allez publier et adresser à M'"'' la comtesse de Crussol, sa fille, ne le touchera pas moins... » La comtesse de Crussol, fille de Montausier; II, 703.
ADRESSANT. ADRESSANTE. Portant uuc adrcssc. « Je rendrai vos lettres adressantes à MM. de Saint-Chartres, Silhon et Conrart en main propre. » I, 127. — « Je mettrai la lettre adressante à M. dé Bourzeys entre les mains de son frère, quand il sera de retour de Liancourt. » I, 490. — « Outre les paquets adressans à MM. Par-
daillan et Cassaigne, et les lettres à MM. de Monmor et l'abbé Tallemant... » II, 149. — ]Même expression, II, 750.
ADROiTiNE DE... Voie qui va directement, ou qui est située à droite. « Depuis, lui-même ayant reçu un nouveau paquet de vous par la voie de terre adroitine de Surate à Alep, et de là à Marseille... « II, 224.
ADVERSAIRES. Du latin achersaria, écrits que l'on a sous les yeux, notes prises au jour le jour. « Je suis encore bien aise qu'il (Heinsius) se résolve à donner un volume de ses propres adversaires^ dont je suis certain qu'il remportera beaucoup d'honneur. » II, 777. — P. Burmann publia les Adversaria de Nie. Heinsius, 1 vol. in-4, Harling, 1742.
jEdificatif. Edifiant. « La charité de MM. vos directeurs est excessive, si elle ne se contente pas d'envoyer en ces lieux-lh des gens de bien et sedificatifs.,. » Lettre au P. Senault, I, 51.
AFFÉTERIE. (( Vous êtcs éloigné de préférer le fard ou l'afféterie à la naturelle et majestueuse beauté. » I, 381.
AFFÉTÉ. Recherché. « ... Toutes les fois que je commets une rusticité contre les v[\oàes affétées (\\x temps. » I, 68.
AFFRONTEUR. Trompcur. « Je ne pense pas, étant aussi connu qu'il est pour fourbe et pour affronteur... » II, 606.
AGENDA. Carnet. « Faites-en, s'il vous plaît, un article de votre agenda. » I, 623.
AGYRTE. Du grec âYjp~Y]ç, gueux, mendiant. « Le seigneur Esprit est un agyrte désagréable qui s'est intrus chez M. le Chancelier pour les adorations qu'il a faites à l'abbé que vous savez » (l'abbé deCérisy). I, 292.
ALERTE. De l'italien all'erla. « Alerte est un fort bon mot... » I, 93.
ALLOUER pour... « Terme de palais : l'egarder comme... « Il
vit surtout l'endroit où vous lui allouez sa paresse pour bonne... » I, 377. — « Je ne doute point qu'après l'avoir lu, je ne lui fà Costar) alloue pour lionnes toutes ses hvperboles et toutes ses pâmoisons... » I, 577.
ALTE. Halte. « Mais bride en main, et faisons alte.. » I, 698.
ALTÉRÉ. Troublé, inquiet. « Je le trouvai altéré (ïnue lettre que vous lui aviez écrite... » I, 30.
AMBASSADRICE, (c . . . Ont commis en la personne de notre ambassadeur et de notre ambassadrice. » II, 265.
AMBIDEXTRE, Adj . Qui se scrt également des deux mains. Cliapelain recommande à Balzac de ménager le P. Le Moine, qui était jésuite : « Afin d'avoir au moins un partisan fidèle dans ce grand corps qui, comme ambidextre, combattra pour vous à droit et à gauche... » I, 437. — Au fig. « Vous me montrez par là que vous êtes ambidextre, et que vous ne réussissez pas moins dans les vers que dans la prose, w II, 548.
AMIE. Avoir belle amie, réussir, « On verra au printemps qui aura belle amie. » II, 532.
AMNISTIE. « Vous avcz cu asscz de vertu pour faire une
amnistie du passé. » I, 385.
AMOUR. Fémin. « L'amour qu'il lui porte est si violente... »
I, 185. — (( Ce n'étoit qu'une curiosité pure et une
pure amour de la géographie qui m'avoit obligé à vous
en importuner... » II, 4.
ANDROGYNE. Subst. « Mais vous ne considérez pas que ce seroit faire un androgyne, et de deux corps parfaits en faire un imparfait. » II, 177.
ANNEXE. Masc. En latin : annexus. « Cette qualité est un annexe delà nature humaine... » I, 549.
APÉDEUTE. Du grec ù.r.x'.lfjizz ; Ignorant, illettré. « Vos vers ont été vus et estimés autant qu'ils le valent dans notre Cour, mais par un fort petit nombre de personnes,
le plus grand étant d'apédeutes, ou ensevelis dans la matière... » II, 232.
APOCRYPHE. «... Mettant, au reste, Aristote entre les auteurs apocryphes, lorsqu'il ne s'accommode pas à ses imaginations. » I, 367.
APOGRAPHE. Du grec à-ÎYpassv, copie. « Nous sommes seulement en doute si vous lui devrez donner l'autographe et Vapographe pour les apporter ensemble... » II, 687.
APOSTILLE. Masc. « Il Suffira d'un apostille. » I, 189.
APPETissER (s'). Se rapetisser. « Cette nation (l'Espagne) baisse de toutes les manières, et ce grand colosse sappetisse de jour en jour... » II, 236.
APPOINTER CONTRAIRE. Terme de palais, brouiller. « N'allez pas croire que la matière qui appointa contraire nos deux amis devant ce tribunal fut traitée avec aucune aigreur entre eux. » I, 303.
APPRÉHENSiF de... (( La victoire du duc de Wevmar les rendra plus raisonnables et moins appréhensifs des forces impériales. » I, 288.
APPRIVOISER. Au fig. (( Je ferai la guerre à l'œil avec lui et, si je le puis apprivoiser, je prétends en tirer beaucoup d'instruction et de joie. » I, 439.
ARABIQUE, (c II cst vrai que la perte de M. Vattier est grande pour les lettres arabiques... » II, 518.
ARCHAÏSME. « Il v a affccté Varchaïsme, mais il l'a fait exprès pour soutenir son style historique par la gravité. » II, 74.
ARDET^TissiME. (( Avcc uuc grande application et un zèle ardentissinie. » II, 272.
ARÉsoLU. Résolu. <( Il avoit déjà arésolu de laisser toute cette liderie... « I, 137.
ARGENT. Proverbialement. « Prendre pour argent comptant... )) I, 240,
A.RGOTEUR. Ergotcur. « Si les Sorbonistes sont des argoteufs et des subtiliseurs... » I, 419,
ARiOLATiON. Hario/atio ; oracle, énigme. « Tout son fait n'est qu'a/7o/aZ/o/î... » II, 185.
ARREST. Arrestation, « L'arrest du surintendant (Fouquet) venu ensuite a accru de moitié mon accablement. » II, 157.
ARRHER. Donner des arrhes. « Tandis que les marbres qu'il a arrés pour cela sont encore à vendre... » II, 54.
ARSENAC, Arsenal. « Il est trop diffus, mais il est net et son livre est arsenac rempli de très bonnes armes, »
ASSESSOiRES, Acccssoires. (( Sans parler des autres asses~ soires... » I, 145,
ASSEYEUR de la taille. « La vexation que vous appréhendez des asseyeurs de la taille dans vos quartiers. » II, 165.
ASSURER. Rassurer, « Mais sa paresse nous assure et nous vaut une demie preuve qu'il aura passé les monts avec la même santé que le reste. » I, 243.
AUDITRICE. « La marquise de Sablé, qui certes est une digne auditrice, et qui sait bien peser toutes les beautés. » I,'462.
AUNE. Prov. Chapelain parle de ses vers : « Je sais qu'en vaut l'aune. » II, 835.
AUTHENTIQUER, <( Vous l'avcz fortifiée et authentiquée par les originaux dont je vous avois conseillé delesemer. .. »
AUTRicE. « Tout ce que vous dites sur ce sujet-là et sur les femmes autr/res est admirable. » I, 505.
AVENTURIER. Eu bonuc part. Celui qui cherche des aventures à la guerre, « Je devinai que votre aventurier d'Alsace (Montausier) s'étoit trouvé au combat de Mulhausen, « I, 312,
AVOCACEAU. Mauvais avocat : l'un de ces péjoratifs que Chapelain excelle à forger. « Le Scipion de Claveret est un advocaceau qui a été chifflé de son Epître. » I, 674.
BACHIQUE. Ami de Bacchus, qui aime le vin. « Ceux qui l'ont fait sont la plupart allemands, c'est-à-dire peuples bacchiques... » I, 573.
BADiNEMENT. « Fallot jésuitc qui vous a si hadinement pensé tenter. » I, 221.
DALLER. Danser. « Vous faites baller les Muses à cent
lieues de vous... » I, 374.
BALLOTTE. Boulc Servant à exprimer les suffrages. « Cet
homme (Gilles Boileau) se trouva exclus par le nombre
des ballottes... » II, 33.
BANDOLiER. Bandit, vagabond. « Vous ne fûtes pas peu heureux d'avoir passé sans autre mauvaise rencontre tout ce chemin périlleux depuis La Haye jusqu'à Stokolm, les bandoliers qui le tiennent assiégé n'ayant pas la mine de respecter un résident étranger... » II, 186.
BASSissiME. Terme très bas. « Pour celui de mièt^re il est bassissime... » II, 286.
BASTANTE. De l'italien bastante, suffisante. « Ses forces seront plus que bastantes pour le terrasser... » I, 146.
BATON. Au fig. Avoir de bonnes garanties. « Lorsqu'on entreprend de pareils examens, l'on n'est point assuré de son bâton, quand on n'a pas fait l'analyse de la pièce soi-même... » II, 211. — « Tirer au bâton avec quelqu'un »; contester avec lui. « Afin qu'il ne s'imaginât pas que je voulusse tirer au bâton avec lui dans un genre où il régnoit en souverain. » II, 456. — « A bâtons rompus ». « Et qui rendent à bâtons rompus ce que les autres donnent tout de suite, )> I, 344,
BEC, Au fig. « Nous avons bien résolu de la faire voir à nos douleurs pour les confondre et leur fermer le bec. » ' II, 490.
BEFFLER. De l'Italien beffare, berner, tromper. « Les Espagnols nous ont Ziey^e's... » I, 612.
BELLE. Prov. Comme l'échapper belle. « M. le duc de Montausier a suivi le Roi dans la conquête de la Franche- Comté, et l'a failli belle. » II, 556.
BÉNÉFiCENCE. « ... Grouovius et celui-ci que la fortune semble envier à la béné/icence de Sa Majesté... » II, 796. — (( Cet excellent homme (Colbert) ayant inspiré h Sa Majesté \a béné/icence pour les lettrés éminents... » II,
BENOÎT. Bienveillant, modéré. « Vous avez, avec celle-ci, ces benoîts sentiments de l'Académie sur le Cid qui m'ont tant de fois mis en colère. » I, 184.
BÈTE. adj. Sot, stupide. « Par votre propre expérience vous avez trop reconnu quel beste étoit ce peuple dont vous me parlez... » I, 601.
BiBLioPOLAiRE. Propre à un libraire, du grec étêXio^oiÀ-/;;. « Je laisse à son éloquence bibliopolaire de vous en remercier comme il lui sera possible. » L'éloquence de Camuzat ([ui était libraire ; I, 142.
BICORNE. Bicornis ; qui a double cime. « Il m'a dit qu'il ne croyoit pas que le Père Bourbon montât de ce coup sur la montagne bicorne. » I, 318.
BICOQUE. Place mal fortifiée. Efforts du cardinal Infant « pour nous empêcher de prendre une bicoque, laquelle a été obligée de se rendre, comme vous aurez su, au 5* jour du siège... » I, 476.
BiENFACTEUR. « J'ai fait ce petit ouvrage par un pur mouvement de gratitude envers l'un de mes bien facteurs... » II, 88. — Même forme : II, 384 ; II, 106 ; 11, 646.
BiHAis. Pour biais, de manière oblique. « Allant de bihais au but... )) I, 540.
BLANCHIR. Au fig. échouer. « Toutes nos tentatives n'ont fait que blanchir, w II, 319.
BOIS. Prov. « Et voir de quel bois il se cliaufFoit. )) I, 344.
BOTTES. Prov. Se tirer sain et sauf d'une affaire. « Ce n'est pas peu d'avoir pu souffrir Tagitation de la mer à votre retour de Stockolm, sans y laisser, comme nous disons, les bottes. » II, 752.
BOUCHE. Prov. « Pour la bonne bouche. » II, 561.
BOiico>\ Morceau, Ijouchée, mets ou breuvage empoisonné. « Je n'avois point ouï parler de ces maîtres crimes de poignard ou de boucon dont vous me la rendez suspecte en deux ou trois endroits de votre lettre. » I, 257.
BOUQUIN. Non pas vieux livre, mais livre sans valeur. « ... El mille autres matières toutes ordinaires et toutes triviales dont sans doute mon bouquin est composé et farci. )) I, 392.
BOUQUINER. Fouiller, consulter de vieux livres, et non ciiei'cher de vieux livres. « M. Daiilé, qui est grec en hébreu et qui a bouquiné tous ces faux Pères... « I,
BOUQUER. Baiser par force, faire céder. « Nous ferons bouquer l'Espagne, et lui donnerons la paix malgré elle. )) I, 464.
BRANQUETÉ. Eulcvé par force. « Cet arrêt, tout branqueté qu'il ait été, et tout favorable qu'il lui soit, vu son crime, il lui demeure une note et une lâche dont il ne se lavera jamais. » II, 94.
BRICOLE. Au fîg. détour. « Votre lettre ne m'est venue que le neuf novembre et je ne m'en étonne pas, vu les diverses bricoles qu'elle étoit obligée de faire en son voyage... » II, 796.
BRIDE. Au fig. « Aller bride en main »; avec précaution.
I, 234. — « Le s"^ Bouchard est homme d'esprit, mais allez bride en main avec lui,.. » I, 231. — Autre signification. Secouer la bride; exciter, stimuler. « Pour moi, le comte de Dunois m'a épuisé, et je crois que je me servirai de l'excuse de la Pucelle, si l'on me secoue la bride là-dessus. » I, 207.
BRiNDE. Verre plein et qu'on boit à la santé de quelqu'un. « Je crus vous avoir bien payé les poulardes par la haute impression que je laissai de vous à la troupe choisie qui, par plus d'une brinde, vous souhaite meilleure santé. »
BRONCHADE. (( Mais pour une bronchade on ne coupe pas
les jarrets à un coursier. » II, 338.
BROUILLER. BarbouiUcr; écrire des sottises. « Jamais homme
n'a plus brouillé Ae papier... » II, 208.
BUREAU. Prov. air du bureau. Dispositions des personnes chargées d'une affaire. « Et disent sur l'air du bureau que c'est un nom diffamé... » II, 99.
BUREAU [Sur le). Terme de palais; pièces d'un procès placées sur le bureau. « L'affaire s'en va bientôt sur le bureau. » I, 623.
BURLESQUE. En italien burlesco, gai, plaisant; et non trivial. Lettre de Balzac « en style familier et burlesque, qui nous sembla très digne de vous. » I, 559.
BUTTER A. Tendre à un but. « Nous butions à nous acquitter de nos dettes plutôt qu'à nous faire des débiteurs. »
CABALE. Obtenu par cabale. « Arrêts cabales. . . » II, 98. CABRER. Act. et au fig. « Ceux qui me sont demeurés me
sont fidèles, et n'attendent rien de moi qui puisse cabrer
ma délicatesse. , . » II, 830.
CAcozÈLE. Ka'/.oÇïjÀi'a, zèle indiscret. <( Ce n'est qu'hyperbole, qu'extravagance, que cacozèle. » II, 256.
CAJOLER. Flatter. « Et qui, sans vous cajoler, n'allègue que de mauvaises raisons. . . » I, 423. — « On peut dire, sans vous cajoler, que l'original est moins bon que la copie. » II, 559.
CAJOLERIE. « Cajolerie passagère » I, 307.
CAJOLEUR. Flatteur. « J'aurai bien plus de droit de vous traiter de cajoleur, que vous de m'en donner le titre. » II, 564.
CALCOGRAPHE. Du grcc yoù.v.iypx'^oq, graveur. « Nanteuil, le plus excellent de nos calcographes . » II, 346. — Id. II,
CALEMAR. Calamariiun, dans le Glossaire de Du Cange ; étui pour les plumes. « C'est un critique généreux et qui croiroit faire tort à son calemar et à son stvlet de les employer contre une vertu ordinaire... « I, 610.
CANNivET. Canif. « Les Muses rengaineront leurs stylets et leurs cannwets. » II, 34.
CAPABLEMENT. « Il s'cn acquittera capablement. » II, 486. — 11,407.
CAPTER. Flatter, prévenir en faveur de quelqu'un. « En me captant du bien qu'il lui avoit dit de moi, me dit aussi la haute opinion qu'il avoit de vous. » I, 448.
CARMES. De carmen, vers. « Les carmes de M. de la Thibaudière valent trop d'argent. » I, 685.
CARRIÈRE. Passer carrière; comme notre locution: Brûler ses vaisseaux. « Je ne doute plus qu'il (Saint-Cyran) n'ait le plus contribué à faire passer carrière à M. Le Maistre. . . » I, 274.
CARTE. Prov. Etre pleinement au courant d'une chose. « Celui qui sait la carte et le pavs. . . » II, 480.
CATADUPEs. On disait aussi catadoupes, du grec y.xxâoouTCa,
cataractes. « Je serois d'avis que vous montassiez le Nil au-dessus de Caire, jusqu'auprès des catadiipes... » II, 706.
CAVK. Au fig. creusé, approfondi. « Je ne vois rien de mieux écrit dans le style didactique, rien de plus judicieux, de plus cave, de plus sensément démêlé dans la nature de l'épigramme. . . » II, 51.
CAViLLATiOTv. Cavillcitio, subtilité. « Pour nouvelles, on répond aux sophismes, déclamations, cavillations du baron de l'Isola. . . » II, 532.
CAYMANDERiE. Habitude de solliciter. « Ce qui me fait blâmer davantage cette caxjmanderie . . . » I, 304.
CENDRE. Au fig. « Le P. Théron n'a plus que de la cendre chaude dans l'esprit. » I, 608.
CERNE. Circulas, cercle. « Devant que de sortir du cerne qu'ils avoient tracé autour de lui... » II, 235.
CERVELLE. Fig. Inquiétude. « Les Hollandois sont à Nimègue et ne font encore rien, dont on est ici fort en cervelle. » I, 158.
CETTui-ci. Celui-ci. « Le Roi a emmené cettui-ci (Dois- Robert), et il doit être à cette heure à Abl)eville... » I,
CHAISE. Chaire. « M. de Bourzeis ne prêche plus. Une conjuration des orateurs du bas étage. . . l'ont fait exclure de la chaise. » I, 275. — « Sa réputation obligea MM. les Etats, il y a quelques années, à le rechercher pour faire remplir la première c/iaise de leur fameuse université. » II, 401.
CHARENTONNEAu. Qui assistc au prêche à Charenton. « Ils sont tous deux Charentonneau.v aujourd'hui. » Il s'agit de Perrot d'Ablancourt et de Conrart. I, 459.
CHARGEANT, E. Qui cst à cliargc. « C'est un de ces bons hommes (Perrot d'Abhincourl) dont l'amitié ne vous
sera jamais ni chargeante, ni honteuse. » I, 452. — a De peur qu'il ne m'immolât à ses visites et à ses conférences qui doivent être fort chargeantes. » I, 429.
CHARniAGE. Chapelain parle de son changement de domicile et du déplacement de sa bibliothèque. « Il m'a semblé, durant tout ce charriage, que je sortois d'une ville rendue. . . » I, 414.
CHASSER, proverbialement. « Ce jeune prince chasse de race. . . » II, 821. — Autre locution. Comme dans le proverbe : Leurs chiens ne chassent pas ensemble. « On dit ici que la reine Christine pourroit bien s'établir en Hollande, sur ce que la Suède ne goûte pas de voir porter son argent à Rome qui ne chasse pas avec elle. » II, 125.
CHASSETÉ. Chasteté; au fig. correction, pureté du style. « Le style épistolaire, qui demande la clarté, la chasseté et la naïveté. . . » I, 241.
CHATEAU. Châteaux en Espagne. « Ce bâtisseur de châteaux en Espagne. » II, 188.
CHÂTRÉ. Au fig. « Pour Térence, c'est un chastré. . . » I, 403.
CHAUVIR. Dresser. « Il nous faut prendre patience, et, comme dit Régnier, cham^ir de l'oreille. » I, 177.
CHÈRE. De l'italien cara; proprement: Bon visage, bon accueil. « Vous savez que la bonne chère chez les Italiens est le bon visage, et chez nous la bonne volonté... » I, 149. — « Alerte est un fort bon mot au jugement du bel esprit à qui vous fîtes hier si bonne chère. » I, 93.
CHEVEUX. Fig. « Je SUIS trompé si vous n'y trouvez une afiectation vicieuse, et tirée par les cheveux, dont il n'y a point d'exemple dans la bonne antiquité. » I, 358.
CHiCANEUx. Conformément à la prononciation des noms en eur. «... Mots barbares et pensées qui sentent le chicaneux. » I, 629.
CHiFFLÉ. Sifflé. « Le Scipion de Claveret est un avocaceau qui a été chiffe de son épître. » I, 674.
CHiMÉRisER sur. Raffiner. « Superstitieux stoïques qui chimérisent sur la vertu. . . » I, 697.
CHOU. Prov. Faire ses délices ou sou profit de. . . « M*"* les critiques en feroient bien leurs choux gras. . . » II, 332. — Ne faire pas grand cas. « Je fais d'elle comme des choux de mon jardin. . . » I, 729.
ciRCONVALLER. Circuirn>allare . « Le prince Thomas commençoit de la circonvaller (la citadelle de Turin.) )> L 552.
ciRCONSTANciER. Désigner. « Laquelle il définit et circonstancié positivement. . . » I, 15. — « Il sera à propos que celui qui les viendra prendre de votre part soit bien circonstancié dans la lettre qu'il m'apportera de vous. »
ciSMONTiN et TRANSMONTiN. Eu dcçà ct au delà des monts. « Il (Bouchard) n'est encore i:)énéficier ni cisnwntin ni transmontin. » I, 622.
ciTRAMONTAiN. Eu dcçà dcs mouts, l'opposé d'ultramontain. « Ils (les Jésuites) ont toujours grande part dans les cours citramojitaines qui n'ont pas secoué le joug de l'Eglise... )) II, 714.
CLARissiME. « J'ai eu beaucoup de joie d'y voir le clarissime Nani. . . » II, 525. — h\., II, 664.
CLAusuLE. Clausula. « Ce que le premier me semble avoir de meilleur est la bonne clausule des stances qui finissent la plupart nettement. . . » I, 202.
CLERC. Vices de clerc, négligences, imperfections. « Je ne m'arrêterois point aux brèches ou aux vices de clerc^ qui s'y peuvent rencontrer. . . » II, 577. — Compte de clerc à maître; avis qu'un inférieur donne à son supérieur. « Il vous rendra compte de nos avis que vous recevrez pour la part que j'y ai comme un compte de clerc à maître. » Lett. à Godeau; I, 303.
CLERGEON. Petit clcrc. « Copie que le plus ignorant clergeon peut expédier en peu de temps. . . » II, 211.
COHUE. Assemblée bruyante et tumultueuse. Sur l'Académie de la vicomtesse d'Auchy, « que si l'on appeloit cohue, l'on ne nommeroit que par son vrai nom. » I,
coLLAUDER. Collaudure. « Je ferai voir, après demain, en pleine assemblée, à M. Borbonius l'endroit de votre lettre où vous le collaudez. » I, 385, — « Nous allons être collauclés comme il faut. )) I, 406.
coLLiGER. Colligere, recueillir; au fig. supposer, penser. « Par l'air dont vous m'en écrivez et tout le reste de votre lettre, il me semble que je puis colliger que vous jouissez d'une bien parfaite tranquillité d'esprit... » I, 273.
coMiTivE. De l'italien comitiva, suite. « Qui sussent estimer l'bonneur que vous leur feriez de les recevoir dans votre comitive . . . » II, 730.
COMMÉMORATION. Mcution, souvcnir. « Quand nous le verrons, je lui ferai une grande commémoration de vous. » I, 1G3. — Id., II, 182; II, 361.
COMPLAIGNANT. « L'orciUc du prince étant ouverte à tous 007)1 plaignans sans exception. » II, 510.
COMPOTATION. Compotcitio ; réunion où l'on boit en commun. « J'aimerois encore mieux que vous suivissiez cet exercice critique, que de consommer vos bonnes heures a des compotations et des pergrécations qui nuiroient à votre santé. . . » II, 304.
CONCERTÉ. Recherché, affecté. « C'est ce que vous aurez d'un homme fort occupé, et peu concerté dans ses paroles. . . » I, 266.
coNcioN. Concio, discours. « Pour le premier (Tite-Live), on lui conteste ses concions du premier siècle de la république. . . » I, 337. — Id., II, 716.
CONDITIONNÉ. Conditionnel, soumis à certaines conditions. « Je vous donnerai toujours mes conseils conditionnés et, en vous les donnant, j'entendrai toujours que vous en serez le juge. » I, 370.
coNFABULATiON. ConfahuJ citlo , conversation, entretien. « On avoit fait une grande confabulation sur votre mérite et sur votre vertu. . . » I, 414.
CONFIDENT. Adj . Confidentiel. « Pour accompagner d'un billet confident les sentimens de la Compagnie... (L'Académie française.). » I, 460. — I, 645.
coNFiDENTissiME. (( Couscillcr cotifidentissime . )) II, 680.
CONFIRMÉ. Confirmatus. Affermi, assuré. « Ma santé est confirmée autant que mon âge et ma complexion le permettent. » II, 110.
CONFISQUÉ. Désespéré, perdu. « Ma santé dont vous me témoignez être en peine est une santé confisquée. » II, 597. — « Mondory est confisqué sans remède. , . » I,
coNJOUissANCE. Congratulation, compliment. « Je vous avois mandé de prendre la peine d'écrire un mot de conjouissance à M. Descartes sur le succès de la publication de ses ouvrages. » I, 152.
cONNoissANT. Subst. Counaisscur. « L'approbation qu'il en obtiendroit sans doute devant être le comble de celle qu'il a déjà eue de tous les connoiasans. » II, 509. — Id.,II, 626.
CONSULTER. Act. Demander conseil sur une chose. « Il me consulta son plan dès qu'il l'eut conçu. . . » II, 731.
CONTINUÉ. Continu. « En vingt-deux années d'offices ardents et continués... » II, 150.
CONTREPESER. « C'cst avcc lui quc je contrepése tous les maux qui m'environnent. . . » I, 461.
coNTiJMÉLiEs. Contumelix ; outrage, injure. « En matière
de contumélies et de médisances même écrites. . . » II,
coNVENT. Conventus, couvent. « Il ne fut assez bien fondé pour prétendre une double mense dans son couvent. » I, 738.
coNVERSABLE. Capable de causer, de converser. La goutte et les rhumatismes de Conrart, qui « lui ont ôté l'usage des mains et des jambes, semblent le bien traiter de lui laisser encore celui de sa raison qui le rend aussi conversahle que s'il n'avoit aucun de ses maux. » II, 286.
COOPTATION. Cooptatio, admission, agrégation. « Même cooptation a été faite du S*" Esprit, )) comme membre de l'Académie française. I, 385.
COPIE. Exemplaire. « Il n'eût été que bon au reste de m'en envoyer plus d'une copie, pour faire souvenir de vous où vous savez. » II, 438.
COQUETER. Faire des coquetteries. « Il vous seroit honteux que M*" Voiture quittât Rome sans regret à la saison du carnaval, où elle est la plus belle, pour venir [caqueter à Paris. . . » I, 340.
co-RivAL. « M"" de Scudéry, co-rival de Corneille. . . » I,
CORPUSCULE. Corpusculum. « J'admire et loue Dieu de m'avoir laissé vivre si longtemps dans un corpuscule aussi foible que le mien. . . » II, 836.
COUCHÉ. Rédigé. « Nous avons lu votre lettre ensemble, et selon qu'elle est couchée, il semble que vous n'ayez pas encore reçu ce rouleau d'estampes. » I, 524.
COUCHER de. . . Parler de. . . traiter. . . « Ils ne couchoient pas moins que de votre mort. . . » I, 23.
COUCHER de. . . User de. . . « Ces jours passés, il a fallu coucher de tout le crédit d'une des puissances, pour donner entrée seulement dans l'Académie à un homme
qui se nomme Esprit et qui n'en manque pas. » I, 388. — « Je ne vois point qu'il parle encore de coucher du sien, quoique je l'en croie très capable. . . » I, 422. — « Il (Vaugelas) se fit ouïr parmi les acclamateurs, . . sans draper sur les participes ni sur les gérondifs, ni coucher de sa grammaire ni de son dictionnaire, w I, 462. — « L'on fait toujours un mauvais marché, quelque avantageux qu'il soit, lorsqu'on couche de sa liberté. )) I, 92,
COULEUR. Prétexte. « Vous aurez une couleur pour ne vous point mêler dans ce traité. » I, 479.
COUPLE. Féminin. « Je la garderai tout aujourd'hui pour la faire voir à une couple de mes amis. . . » I, 473.
COURRE. Courir. « On trouve tout chez soi sans courre le monde. » I, 327. — « S'il y avoit quelque hasard à courre au commerce que nous allons avoir ensemble, j'aimerois mieux le courir en me confiant en vous, que de ne le courir pas en m'en défiant. » I, 640. — Id., I, 642. — « Ce fut le sentiment deM"" Corbinelli qui laissa courre les plus hâtés. . . » II, 173.
couRRETiER. Courtier. « On gagne des deux côtés à être le courretier de votre commerce. . . » I, 325.
COURIR. Act. Parcourir, lire en courant. « Je n'ai jamais que le loisir de courir vos lettres et d'y répondre tumultuairement. » I, 464.
couRvÉE. Corvée. « Vos heures sont trop occupées et trop légitimement pour exiger de vous aucunes couruées . . . »
I, 71. — Id. I, 198; I, 579; II, 687.
COUSSINET. Jeter son coussinet sur quelqu'un, le retenir, en prendre possession, comme on retient sa place en y mettant son coussinet. « Ce n'est pas que je trouve la damoiselle de 38 ans trop malhabile d'avoir jeté son coussinet sur un principal héritier, qui est jeune. . . »
couvERTEMENT, D'uHC manière détournée. « C'est se plaindre couvertement . . . » I, 252.
CRABRON. Crabro, frelon; au fig. esprit jaloux, turbulent. « Nos crahrons vous mettroient avec quelque sujet au nombre des censurables. » I, 276. — « Il Ta rengainée (sa réponse) de peur d'irriter les crahrons. » I, 291. — « C'est un crahron que je ne voudrois pas irriter. » I,
CREUX. Au fig. Vide, chimérique. « Il y a du creux dans son affaire. . . » I, 274.
DANSE. Au fig. Dispute. « Je ne voudrois pas entrer en nouvelle danse. . . » I, 12.
DÉBARBARiSER. « La gloricuse Italie, cette mère des arts et le flambeau qui nous a tous éclairés et débarbarisés. » II, 767.
DÉBARBARISER (se). « Daus trente ans au plus tard la
France se débarbarisera... » I, 268.
DÉBOURRER (se). (( Il s'cmbourbc toujours d'autant plus
qu'il essaye plus à se débourber. » II, 109. DÉDUPER, (c Je vous remercie de m'avoir dédupé... » II,
DÉCHALANDER. « ... N'cst autrc quc d'empêcher que vos découvertes ne déchalandent sa boutique... » II, 95.
DÉFENSABLE. «... Et tous VOS graius portés dans les lieux défensables pour affamer les assiégeans. » I, 282.
DÉFAILLIR, Manquer. Divers temps de ce verbe. — 1° Le futur: Défaudront. « Ni l'adresse, ni les connoissances ne lui défaudront pour cela. » II, 158. — 2° L'ind. prés. Défaut... « h^ Ecclésiastique, qui est la seule pièce qui défaut a ce divin travail... » II, 574.
DÉFILER le chapelet. Prov. Donner le signal de la déroute.
« M' Gacciarteri commença par son départ à défiler le chapelet a quatre-vingts ans... » II, 792. DÉLACHER. Lûcher. « Ils vous ^eVacAeni des monstres dans vos semailles... » I, 394.
DE hk LE. Au delà du... « M"" le duc de Longueville que la famine a chassé de là le Rhin... » I, 557.
DEMAIN (dans). Demain. « Si je la puis trouver dans demain, vous l'aurez ce voyage, sinon ce sera pour l'autre. » II, 304.
démangeaison. Au fig. « Je pardonnerois cette démangeaison d'honneur, si vous n'en aviez pas tant d'acquis déjà... )) I, 436. — « Conseil que j'ai donné à son jeune allié touchant sa démangeaison poétique, w II, 99.
démariage... « Pour le satisfaire, il ne sera pas besoin d'en venir au déniariage. » I, 644.
DÉMONTÉ. Au fig. « Cervelle démontée. » II, 50.
\)ÉNiAiSER (se)... « Il importe de savoir les anciennes (les langues) ou les étrangères pour se déniaiser et pour être compté entre les gens de lettres. » II, 294.
déplaisance. Chagrin... « Et par la déplaisance qu'apportent de semblables douleurs, ne nous faites pas craindre... » I, 106.
DÉPLORÉ. Deploratus, perdu sans espoir... (( M'ait mis au nombre des choses déplorées. » I, 531. — ... « En vous redonnant la santé que nous avions tenue déplorée. » I, 592. — II, 230.
DÉPORTER DE (se). S'abstcnir de, renoncer à. « Mais si cela choque vos intérêts. . . je me déporte de vous en solliciter. » I, 435.
déprier. Prier de ne pas faire une chose. « Je ne puis l'en déprier maintenant sans note de peu de constance. » I, 400. — « Touchant cette comédie àe Y Ammalata . . . je vous prie de l'assurer que je l'en déprie. . . » II,
687. — Dans le sens latin deprecari, détourner, conjurer. . . « Vous viendriez déprier ^zxvcà nous les chagrins qui vous ont rongé partout depuis tant d'années. » II,
DÉRACHER. Arrachcr, déraciner. « Il se dérache de sa propre substance, s'il se peut dire. . . » I, 50.
DESCEu. Insu. « Je n'écrivis point à Rome sur les Supposés de l'Arioste, mais M. de St-Nicolas, à mon desceii. »
DESEMPàRER DE . . . (( Je VOUS conscillc de demeurer ferme jusqu'au bout dans la résolution de ne point désemparer de votre poste. » II, 810.
DÉSORIENTER. Déconcertcr. « Cette mort me désorienta... »
DÉSORIENTÉ. <( Je me trouve désorienté. » I, 453.
DEssEiGNER. Avoir le dessein de. « Vous aviserez bien au voyage que vous desseignez vers M"^ le cardinal de La Valette. . . « I, 233.
DÉsuLTOiRE. Desultor, sauteur, inconstant. « Le désultoire Morus... )) II, 217,
DÉTRACTION. Detractw, critique, médisance. . . « Ce qui ne se dit que pour vous et pour moi, et à l'oreille, passeroit pour dètraction envers ceux qui ne vous connoîtroient pas. . . » I, 499.
DEVANT ; avant. « La vanité du parasite romain m'a offensé devant vous. » I, 494. — Auparavant. « Il ira à 'S Gn\%e devant .. . » I, 228.
DEVANT QUE, avcc le subjonctif. « Devant que M"" le comte d'Alais partît pour Provence. . . » I, 412.
DEviNAiLLE. (( Tout son fait n'est qu'ariolation et que
devinai/le. » II, 185.
DiAMANTiNE. Dur commc le diamant... « Je l'ai par élection
toujours préféré à cette (ermeté diamantine... » I, 587.
DIATRIBE. AiaTpi6-^; étude, dissertation. « On verra de ce dernier des diatribes sur les principales matières controversées de la primitive église. » I, 341. — Id., II,
DIE. Troisième personne au singulier du subjonctif présent de dire. « Quoi qu'il vous y die. . . » II, 327. — Id., II, 684; II, 704.
DiFFORMER. Déparer. « Maintenant ma peine n'est pas comment je lui lèverai les taches qui la difforment... » I, 135.
DiGLADATiON, OU pcut-être DiGLADiATioN. Digludlor ; combat, dispute. « M"" Huggens vous a dit vrai de ces digladations entre les philosophes et les mathématiciens de l'Académie monmorienne. . . » II, 17.
DiLATioiv. Dilatio, retard. « Je ne me consolerois pas si facilement de la dilution de votre histoire. . . » II, 17. — « Il ne s'agissoit pas seulement de votre honneur dans une dilation si prolongée. . . » II, 670. — Id., II,
DiLiGENTissiME. « (]e quc j'en sais déjà est qu'il l'a trouvé diligentissime . . . » I, 693.
DIRE. Trouver à dire, blâmer. « Ceux de Paris vous trouvent fort à dire... » II, 242. — « S'il prenoit néanmoins le parti de suivre vos conseils, il ne trniiveroit pas à dire mes petits offices. » II, 347. — « Vous ne le trouverez jamais à dire en aucune occasion où vous aurez besoin de lui. )) II, 301.
DIRES. Dirœ; Furies. « Les gens que vous dévouez si agréablement aux Dires, . . » I, 684.
DISCONTINUATION. Interruption. « Afin que nous puissions avoir votre dernière intention sur mes remarques, et faire imprimer ensuite sans discoiit/nuation. » I, 144.
DisERTF.MENT. Clairement. « Mandez-moi disertement ce que je ferai tic Goulu Phyllarque. . . » I, 257.
DISPARATE. Fém . — Masc. en espagnol : disparate, sottise, écart de conduite. . . « Dans l'opinion que son auteur auroit fait quelque grande disparate dans ce recueil... » I, 468. — ... « Ses transports ne vous passent pas pour disparates . )) I, 625.
DiSQUisiTiON. Disquisitio ; recherche. « Il faut encore que vous soyez bien revenu de cette terrible maladie, pour avoir fait un si long travail et d'une disquisition si fine et si pénible. » II, 591.
DIVERTIR. i)iVer^ere ; détourner. « Je reçus sa proposition avec une manière de civilité qui l'en pourroit bien avoir diverti, car il m'a vu depuis, et il ne m'en a point reparlé. )) I, 148.
DIVERTISSEMENT. Dérangement ; du latin divertere. « Les continuels divertissemens que les offices de la vie civile et les soins domestiques me donnent. » I, 138.
30GIVUTISTE. « Vous m'avcz confondu par ce que vous m'avez dit que je m'érige en ^o^/wafi5^e. » I, 563.
DOMESTIQUE. Domesticus. De la maison, attaché à la maison. « Un de mes particuliers amis (Baluze) qui est présentement domestique de M"" Colbert. . . » II, 692.
ORAPER SUR... Faire des critiques. Vaugelas approuva « sans draper sur les participes ni sur les gérondifs... »
DU. Contracté avec un nom propre. « Vous avez néanmoins reçu le Lucrèce du Fèvre que je croyois qui y fût aussi. » Tanneguy Le Fèvre ; II, 321 .
OUPLIQUE. Réplique. « Et qu'on soit obligé d'en venir aux dupliques et tripliques . . . » II, 481. — « La duplique du Tassone. . . » II, 526. — « Elle ne servira qu'à y faire faire une duplique qui achèvera de le terrasser, w
ÉCHELLE. Tirer l'échelle. « Il n'a pas tellement tiré l'échelle après lui, qu'il vous fût difficile d'y monter encore plus haut que lui. » II, 559.
EcouRGÉE. Fouet composé de lanières de cuir. « Donnezleur du fouet et les écartez de votre route à bonnes escourgées qui portent coup et se fassent sentir. » II,
ECRivAiNE. « En une femme il me semble qu'il n'y a rien de si dégoûtant que de s'ériger en écrwaine... » I, 504.
ECRivEUR. « Un des galans écriueurs de missives. » I, 343.
ECTYPE. "E/.Tjzcv ; moule , empreinte. « Deux lignes arabes inscrites sur cette urne dont il vous avoit envoyé Vectype pour en avoir l'interprétation. » II, 124.
EFFICACE. Efficacité. « Prions Dieu néanmoins qu'il donne efficace à leurs bonnes intentions... » I, 447.
ELUMBE. Elumhis ; au fig. faible, débile. « Pureté languissante et elumhe » de Victorius. I, 390. — « Cicéron lui passe pour elumhe. » I, 403.
EMBRYON. Au fig. En parlant des ouvrages de l'esprit... « Que l'on vît, après moi, ce grand nombre à^ e?nbrions et d'imaginations indigestes... » I, 392.
EMENDATioN. Emenclatto, correction. « Vous me ferez relire Silius Italiens, quand il aura paru avec vos notes et vos émendations... » II, 327.
EMERiLLOTSNÉ. Vif commc l'émerillon... « Mon âme qui n'étoit pas déjà des plus êmerillonnêes... » II, 704.
EMPÊCHER A... (( Et cc qui empêchera à tous nos écrivains du temps de sortir de leurs pointes et de leurs fredons... » I, 381.
ENCHARGER. Charger, prier. « ^Venchargea avec beaucoup d'instance de vous l'olTrir... » I, 277.
ENCHARGER A... Recommander, « L'office que vous aviez enchargè à M. Serizay a été fait ponctuellement... » I, 135. — « J'ai su tlans ma solitude que le Roi considéroit fort Utrecht, et qu'il en avoit enchargè le bon traitement à ses troupes. » II, 799.
encloÎtrer (s). « Il est toujours à l'Oratoire (le comte de Brienne), résolu de s'encloitrer après cet essai de retraite. » II, 355.
ExcoMiASTE. 'Eyy.cij.tâjrrjç ; panégyriste. « L'encomiaste et censeur du parlement... » II, 109.
ENCRE. Au fig. « Depuis je lui en ai écrit de la meilleure encre... » II, 432.
ENDORMISSEMENT. « Vous êtcs enfin réveillé pour moi après six semaines d'endormissement et de silence. )) I, 231. — « Surtout avec M. Heinsius duquel vous avez voulu réveiller le prétendu endormissement... » II, 834.
ENGOLFER (s'). Se mettre en mer, prendre le large. « Je m'en vais déployer tantôt mes voiles et niengolfer à bon escient, w I, 92.
ENIGME. Masc. « Il vous faut expliquer cet énigme, w I,
ENixE. Enixus ; pressant. « A cette heure que vous m'y avez engagé par votre enixe voix... » II, 300.
ENODATioN. Efiodatio ; explication. ... « Une ample matière de corrections, restitutions, illustrations, énodations. » II, 332. — « Surtout ayant vu cet essai à.' énodation du passage de Sabinus... « II, 480.
ENQUÉRIR. Employé activement. « M. Bigot est de retour d'Italie depuis quinze jours, et 77i'a fort enquis de vous. » II, 159.
ENROUiLLER. (( Cependant ne laisscz pas e/iroMz7/e/' vos belles armes... » II, 560.
ENTENDRE A... Ecoulcr. « Il avoit détourné les princes de
Lunebourg 6.^ entendre aux pressantes sollicitations des rois et républiques ligués... » II, 680. ENTHOususTXQUE. Qui donne de l'enthousiasme. « Ils auront pris, potfr aller à la reconquête de leur pays, de ce breuvage enthousiastique qu'on dit que l'on permet aux Turcs même de prendre pour aller au combat... » I,
ENTRE-coMMUNiQUER. « Pour uous pouvoir à l'avcnir entrecommuniquer. )) II, 407.
ENTRE-coNciLiER. (( Défi qu'il faut éviter entre deux aussi vertueuses personnes que vous êtes et que je désire entre-concilier. » I, 209.
ENTRE-GALANTiSER (S'). « Il scmbloit en se plaignant l'un de l'autre qu'ils s' entre- galantis oient. »
ENTRELAS. Entrclac, entrelacement. « l^entrelas des rimes... » II, 57.
ENTRE-RAMENER. « Vous avcz la mine de vous entre-ramener et de ne vous séparer qu'au faubourg Saint-Jacques. » 1,645.
ENTRETÈNEMENT. Frais d'cntrcticn. Huygens logé dans la Bibliothèque du roi a avec un notable et glorieux entretenement... » II, 469.
EPiGRAMMATiSER. « Il substituc son fils cu Sa place, qui fait rage à^ èpigramniatiser . w I, 294.
EPiTAPHE. Masc. « Un infâme et impertinent epiYa/?/te... » I, 25. — Id., I, 383.
EPiTHÈTE. Masc. « Si l'épitliète de Grand que j'avois donné à Ronsard étoit sérieux ou ironique. )) I, 631.
EPOUVANTE. Saisi d'admiration. « Je suis épouvanté de la lettre de M. Huygens. Il y a tel françois qui s'en feroit honneur... » I, 565.
EQUiPOLLER. /Equlpollens . « Une proposition qui èqui polie à celle-là en dignité. » II, 634.
ERREMENT. Terme de palais ; dernier état d'une affaire. Le comte Tott, « lequel aussi bien n'ai-je point vu depuis nos derniers erremens. w II, 188.
ERRES. Traces, vestiges. « Je loue Dieu de vous avoir mis désormais en état de reprendre vos erres anciennes... » II, 834. — « Je le remettrai adroitement sur les mêmes erres. » II, 140.
ERREURS. Errores, voyages. « Quand ce vertueux homme-là sera en repos dans sa patrie, après de si longues erreurs... » II, 422.
ESSEULÉ. « Je me trouve plus esseulé que si j 'a vois Thonneur d'en être plus proche. -» II, 662. — « Je les plains tous deux et sens avec douleur que la France perde ainsi toutes les lumières Tune après l'autre et que nous demeurions dans ce val de misère presque esseulés. » II, 835.
ESTIMATEUR, j^stùnator ; juge, appréciateur. « Il est assez bon pour me dispenser de compliments, et ne m'en croira pas moins son estimateur... » I, 143.
ESTIMATIVE. Jugement. « Un homme aussi plein de beau savoir que vous et d'une estimative aussi juste que la vôtre. » II, 461.
ESTIMER (l'). Employé pour le substantif. « ... Rien voir de moi qui vaille l'estimer, sinon la sincère affection... » I, 232.
ESTOC. Biens propres. « Vous vous en passerez l)ien, étant aussi riche que vous êtes de votre estoc en l'art des conjectures, et vous n'avez besoin en rien de l'esprit d'autrui. )) II, 119.
ETEUF. Balle à jouer. Au fig. Faire des coups qu'on ne devrait pas faire. « Grâces à Dieu, je ne suis pas obligé de jouer de ces éteufs-Và pour la réputation ni pour la fortune. » II, 88.
ETRANGE. Etranger. «... Que vous prissiez résolution de passer en pays étrange... » 1, 29.
ÊTRE DE... Être lié par... « ... Si je nétois point de serment de vous parler toujours en confession clans les choses qui vous peuvent regarder aussi bien que moi... » I, 430.
ÉVENTER. Fig. Divulguer; soulever une question. «... Ne vous donnant la liberté d'en parler que pour éventer la question... » I, 730.
ÉVOQUER. Evocare ; faire venir quelqu'un d'un lieu dans un autre. Sur ce que Colbert avait le projet de faire venir Huygens à Paris. Si le ministre « ne se presse pas de vous éi^oquer, c'est qu'il attend d'avoir choisi une maison propre pour vous loger avec tout l'attirail nécessaire aux travaux à quoi l'on vous destine. » II, 437.
EXHÉRÉDER. « ... Y,l exliérèdevai celui des miens qui sera cause d'un si grand scandale... » I, 392.
ExoRBiTANCE. Exagération. « Et je me consolerai par votre sagesse de Vexorhitance de notre ami. » II, 720.
EXORCISER. Exhorter fortement. « Tout ceci sub sigillo, car je ne m'en explique que parce que vous m'avez exorcisé. »
EXPECTATiON. Expectutlo, attente. « Je l'attens sinon avec grande impatience, au moins avec grande e.r^ec^a?io/?... »
I, 350. — « Toute l'Europe est dans Yexpectation de cette nouveauté merveilleuse. » II, 47.
EXPECTORER (s'j. Expectorarc ; dire ce qu'on a sur le cœur. « J'ai été bien aise à^^rn expectorer mv^q. fois avec vous... »
EXPLANATEUR. Explcmator ; interprète. « Il n'v a rien qui fasse plus d'honneur à un auteur et à un explanateur. » II, 100.
ExsiBiLÉ. Exsihilatiis ; sifflé. « Il a passé pour plagiaire et a été exsibilé. » I, 686.
EXTEMPORANÉ. Exteni poroneus ; improvisé. « Je me tiens
heureux de ce que vous vous accommodez de mes lettres
extemporanées... » I, 256.
EXTRAVAGAMMENT. (( Le scaudale produit par celle qu'a voulu faire si inhumainement et si extravagamment l'homme que vous savez... » II, 43.
EXULTATION. Exsultcitio ; transports de joie. « Je ferai voir à M. l'abbé de La Victoire votre exultation sur notre naissante amitié. » I, 626.
EYDiLLE, Idylle, et masc. EîoJXXtsv. « Ces ingénieux eydilles... » II, 119.
FAr.oisNiER . « Comme toutefois nos ministres sont façonniers, et qu'ils sont aussi malaisés à faire signer des congés que M. de Bullion h ouvrir la bourse... » I, 359. — « Vous n'avez jamais rien vu de si contraint et de si façonnier... » I, 199.
FAGOT. Au fig. conte, nouvelle. « S'ils ne sont pas aussi grands conteurs de fagots et de splendides balivernes. . . » I, 340.
FATRAS. « ... Que tout ce menu fatras de mes populaires aventures meure avec les sujets qui les ont produites. » I, 392.
FAiBLET. Diminutif de faible. « Mon corps faiblet et usé par Tàge. » II, 372.
FAIRE A... Convenir, être favorable à... « Et voit volontiers ce qui fait à sa gloire. » I, 404.
FALLACES. Fullacia ; tromperie, défaut. « Que notre cher M. Gassendi nous manque bien, pour en faire voir les fallaces... » II, 266.
FAMÉLIQUE. Avcc uu Complément. « Ces faméliques de gloire. » II, 185.
FAQUIN. De l'italien facchino, portefaix ; au ^^. homme de rien. « Que le jésuite est pédant et faquin de vous proposer les sottises qui sont semées dans la lettre que vous m'avez envoyée ! » I, 219.
FARFANTE. De l'italien furfante ; fanfaron, vaurien. « A l'imitation des farfantes, pédans illettrés de ce payslà...)) I, 497.
FAUTEUR. Fautor ; ami, protecteur. « C'est ce que j'ai appris de M. Bigot, grand fauteur de gens de lettres... )) II, 520.
FEINDRE A... Hésitcr à. (c Je ne feindrois point à les mettre immédiatement après ceux du poète de Venouse. )) II, 78.
FEMELLE. Académie femelle. « Dans cette académie femelle, les femmes n'y font que recevoir, et les hommes y donnent toujours. Elles y sont juges des matières. )> I, 222.
FÉROCITÉ. Fer ocitas ; Violence, rudesse de caractère. « Je ne suis pas assez puissant pour le remettre bien avec le sieur de Gomberville et le parer de sa férocité. )) I, 382.
FERS. Au fig. Fers au feu. S'occuper activement d'une affaire. « Nous remettrons encore les fers au feu, et employerons les mêmes personnes qui s'y sont offertes de bon cœur. )) I, b62. — « Nous avions mis les fers au feu pour cela... )) II, 397.
FEU. Succès, vogue. « Que si vous voyez que le feu^y soit, et que le monde y courre, quitte pour en faire une seconde impression. )) II, 417.
FiDENziENNEs. Dc l'italien fidenziano, sorte de jargon.
« Licences fidenziennes... )) II, 682.
FIÈVRE. Prov. « Celte transmigration seroit pour vous
tomber de fiè<>>re en chaud mal. n II, 803. FIL. De droit fl, en droite ligne. « Allant de biais au but
où l'on ne sauroit arriver de droit fil. » I, 540.
FLAGEOLET. Au fig. Modération, mesure. « Je ne connois point d'homme qui ait plus besoin àe flageolet que lui. » I, 295.
FLEGME. Fémin. « ... M. Bigot aussi dont le silence et la flegme me surprennent... » II, 566.
FONCÉ. Enfoncé. « C'est le garçon de France (Bigot) qui a le plus de passion pour les lettres, et un de ceux qui sans fanfare est le plus foncé dans le grec et dans le latin. » II, 16.
FONDER. Sans rég. « Une civilité de celles que l'on dit de bouche et sur lesquelles on ne fonde pas ordinairement... » I, 451.
FORCER A... avec un nom de personne. « Elle n'eût jamais entrepris de vous écrire, si son frère ne lui eût forcé... » I, 453.
forestier: de l'italien, étranger. « Un forestier comme moi... » II, 764.
FORT. Faire fort, insister, appuyer. « J'éviterois le rebattement des pensées, et ne ferais pas fort sur les mêmes figures et les mêmes couleurs. » II, 111.
FORTUNE. Courir fortune; courir le risque. « Ce très élégant flambeau de l'histoire romaine court fortune de périr entre les tignes et les rats. » II, 510, — « Et « couru fortune d'être excommunié par les ministres de la parole... » I, 150.
FOUDRE. Masc. « Ces foudres bruts... » II, 524.
FOURBE. Supercherie. « Je croirai à l'avenir pouvoir faire des fourbes eu conscience... » I, 514.
FREDON. D'où le verbe fredonner ; air prétentieux. « Ce qui empêchera à tous nos écrivains de sortir de leurs pointes et de leurs fredons. » I, 381.
FREIN. Fig. « M. de Thou ronge son frein chez lui... » II,
FRiGER. Frigere ; être gelé. « Les Muses anciennes et celles qui marchent sur leurs pas frigent en cette cour. . . m II, 760.
FRILEUX. Qui est froid. « Climat frileux... » II, 730.
FRissoNEMENT. (( L'état OÙ cc mallicur m'a mis et le péril que court l'homme du monde à qui j'ai le plus d'obligation, ne m'y laissent penser qu'avec /rwson/iewe/iL m 1,476.
FURER. Fwari^ voler, dérober. « Je vous envoie la copie d'une lettre latine... Je l'ai farée de lui pour vous. » I, 687.
FUSÉE, Au fig. Mystère, intrigue. « Et me laissez démêler cette fusée avec lui. j) I, 398.
GALATVT HOMME (De). En galant homme. « Il me répondit de galant homme que non seulement il les rayeroit volontiers... » I, 137.
GALIMATIAS. « Votre Style de dix-sept ans ne peut être en rien égalé au galimatias du premier, . . » I, 287, — Id, I, 537.
GARDER A... En douncr à garder à quelqu'un; lui en faire accroire. « A la vérité, en l'une et en l'autre, il a le tour du vers hardi et l'expression capable d'en donner à garder aux dupes. » I, 429.
GARRULiTÉ. Gamilitas ; bavardage. « Ne me faites pas d'excuse de votre prétendue garrulité. » II, 230.
GAUCHIR. Employé activement, détourner. « Gauchir le
coup. . . » II, 93.
GAZETiER. (( Le mauvais éloge dont le gazetier lui a été
chiche. . » I, 278.
GÉNÉRALE. Fém. dégénérai ; commandant d'armée. « L'Emi-
nence générale (le cardinal de La Valette) se repose cette année, à ce qu'on tient, ou ne commandera qu'un petit corps dans le pays Messin. » I, 209.
GÉNIE. Ingenium ; disposition naturelle, genre d'esprit. « Cette matière très grave est fort rapportante à mon génie. » II, 81.
GENOU (Sur le). Probervialement, sans façon. « Répondre sur le genou. )) I, 483.
GESTICULATION. (( ... Et composc des vers en leur présence avec tous les branlemens de tête et les autres grimaces e\ gesticulations qui sont inséparables de la composition des vers. » I, 692.
GouspiLLER. Houspiller, maltraiter. « Si les Suédois continuent a gouspiller la maison d'Autriche... » I, 464. — « Quelques cordons bleus que je ne puis nommer, foulés, gouspillés et repoussés. » I, 201.
GRABUGE. Querelle. « Un grabuge arrivé entre M. Ménage et moi .... me fait vous supplier de le décharger de la peine de me faire tenir vos lettres. » II, 30.
GRANDISSIME. (( Ccttc belle pièce [V Apologie de Balzac) a été lue à l'hôtel de Rambouillet, et par moi à deux fois et a eu grandissime audience et grandissime louange. » I, 413.
GRAVEOLENCE. Graveolentia . . . « Et crus bien qu'il falloit que sa nasinerie et sa graveolence ne vous eussent pas été trop fidèlement rapportées. » I, 264.
GRÉÉ. Agréé. « Et qui m'a semblé assez avantageux pour être approuvé ei gréé par vous. . » II, 279.
GRIFFONNER. Mal écrirc. « Je vous envoyé une autre gazette de ma façon un peu mieux griffonnée que l'autre. » I, 123.
GRiFFONNERiE. Griffonnage, stvle négligé. « Je vous remercie de cette ol^ligeanle inquiétude que vous témoignez pour mes vniséYdihXe?, griffonner ies . . . » I, 397.
GRiMELiN. Diminutif de grimaud; marmot, écolier des basses classes. « Les grimelins et les cuistres. . » I, 310.
GuzMANiQUE. Semblable à Guzman d'AlFarache. Héros d'un roman célèbre traduit par Chapelain, « Ce que je vous puis dire de plus des larcins de M. de la Mesnardière, est qu'ils ne sont point ingénieux, ni gusmaniques, mais grossiers. » I, 614.
HABITUDE. Consiietudo . Amitié, liaison. « Quelque chose que j'avois vu de lui m'empêchoit de vouloir avoir aucune habitude avec un homme de sa sorte. » I, 429. — « Cet autrui est M. Costar qui avoit, il y a quelque temps, grande habitude chez elle. » I, 492.
HABLERIE. De l'cspagnol hablar. « Le mépris que je fais des hâbleries de l'homme. . . » II, 50.
HAPPELOURDE. Pierre fausse. Au fig. Extérieur trompeur.
« Toute cette panglossie est une happelourde pour faire
beaucoup de bruit à peu de frais. . » I, 482. HARDES. Bagages. « M. l'abbé de Retz s'en allant à Rome,
je l'ai prié de le faire mettre (le paquet) parmi ses
hardes. » I, 228.
HEBDOMADiER. Hebdomada ; semaine. « M. Paulet, prêtre hebdomadier de la cathédrale d'Alby. » II, 339.
HÉBRAÏSME. Goût de l'hébrcu. « h'hébraïsme de Madame la princesse de Guémené est très vrai. » I, 717.
HELLUON. Heluo, gourmand, glouton. — « Ces helluons de livres, Montmaur et Véron. » I, 338.
HERBE. Au fig. « Cette prise est une paix en herbe. , . » I, 379.
HÉTÉROCLITE. Etrange. « C'est un procédé bien hétérO' dite, . . » I, 648. — « Visite hétéroclite. . . » II, 478. —
« Philosophe hétéroclite. » II, 331. — Irrégulier, incorrect. « Une conversation un peu hétéroclite . » I, 439.
HEURTADE. Heurt, choc. « Je souffre cette heurtade de la mauvaise fortune. . . » I, 528.
HISTRION. Dans un sens favorable ; lecteur, interprète. « Je veux, s'il est possible, être Vhistrion, et recevoir personnellement toutes les acclamations qu'aura le gros et le détail de l'ouvrage. » I, 408.
HONNÊTEMENT. Elégamment. « Comme c'est un in-4° et qu'il est relié fort honnêtement, M. votre oncle semble n'être pas résolu de vous l'envoyer parla poste... » II, 640.
HORLOGEUR. « ... La diligcncc qu'il avoit apportée à vous conserver la gloire de l'invention du pendule à la confusion de cet horlogeur qui s'efforçoit de vous la ravir. »
HUISSIER de la chaîne. Expression que nous n'avons rencontrée nulle part. « M. le Chancelier, pour ne vous en avoir point accordé de spécial privilège, l'a fait saisir par un huissier de la chaîne. » II, 573.
HUMAIN. Enclin à obliger. « Je suis humain parce que c'est une obligation attachée à la qualité de l'homme. . . » II, 592.
HUMEUR. Masc. « Cet humeur qae vous appelez bizarre. . . » I, 688.
IDYLLE. Masc. « Le poème épique dont on vous a parlé est un idylle que le Gros appelle héroïque. . . » I, 237.
IMAGINATIVE. Imagination. « Mon imaginatiçe est toujours éveillée. . » I, 350.
Immanquablement. « Et me croyez toujours immanquablement, pour parler stylo noço . . . » II, 348.
IMMISÉRICORDIEUX. ImmiscHcors . « L'intendant que Sa Majesté a établi à Utrecht et qui est immiséricordieux . . . » II, 819.
iMPORTANTissiME. «... L'emploi de M. votre fils (M. de Pomponne) vers la couronne de Suède pour des affaires urgentes et importantissimes à l'Etat. » II, 432.
IMPOSER. Absol. Inspirer le respect. « Et vous n'êtes pas le seul à qui ces Messieurs les ignorans de leurs vraies richesses ont imposé là-dessus. » I, 250.
IMPRIMÉ. Impressionné, persuadé. « Je suis très avantageusement imprimé de votre sens et de votre érudition.. . » II, 748. — l'd., I, 250.
INCENDIE. Fémin. «... Guéri d'une petite blessure qu'il se fit dans cette incendie. . . » I, 503.
INCLÉMENCE. Au fig. « Vincléme/ice de la froide saison. » II, 297.
INCOMMODÉ. Pauvre, dans la gène. « ... Et curieux jusqu'à avoir appointé des doctes incommodés, afin qu'ils fissent des lectures et des extraits d'auteurs pour lui. » II, 289.
INÉLÉGANCE. Inelegantia. « Outre la foiblesse et {'inélégance de son style. . . » II, 576.
INFAMEMENT. « Il n'y a point d'exemple dans aucune histoire que jamais gens de cheval ait plus infàmement abandonné son devoir. . . » I, 435.
INFATIGABILITÉ. Chapelain parle de Y infatigabililé de Colbert dans le service du roi. II, 562.
iNFLECTiON. Infligere, inflictio ; acûou cVinûigev. « Pendant Vinjlection du supplice. . . » II, 698.
INFRÉQUENCE. Infrequcntia, rareté. « Je viens au point de Vin fréquence des épisodes dans mon poème. . . » II, 555.
INGAMBE. , . « Quand vos postillons étoient mieux ingambes. )) I, 407.
INSULTE. Masc. En latin insnltus, attaque ; en italien insulto. — «Faites-moi raison, si vous pouvez, de cet insulte. » I, 470. — « Vous me manderez en quelle disposition cet insulte vous a laissé. » II, 209. — Id., II, 811 .
msussiSTANT. Qui ne subsiste pas. « Etablir ses chimères insussistantes . » II, 738.
INTERMISSION. Intei'missio ; interruption, cessation. « Le cœur me dit qu'il y a quelque mauvaise raison à cette intermission de correspondance. » I, 24.
iNTiTULATioN. Titre. « Je serai bien aise de recevoir les premières feuilles de V intitulation et préface qu'il y a mises. » II, 770.
iNVERisiMiLiTUDE. «... Sans Icur laisser voir les inconvéniens qui résultoient de leur inverisimilitude et de leur irrégularité. » Les fictions du Tasse. II, 521.
lURÉcoNciLiABLE. « Vous êtes V irréconciliable ennemie de l'écorcheuse académie. » I, 498. — Id., I, 605.
IRRÉMÉDIABLE. . . « C'est que la nature de cette affaire la rendroit irrémédiable. » I, 421.
JEUDI absolu. Jeudi-Saint. Ce jour-là, dans la primitive église, on absolvait les pénitents publics. « Il en a presque perdu la cène du jeudi absolu. . » I, 150.
JURISPRUDENT. Jurisprudcns ; légiste. « Il lui faut pardonner la versification des Institutes pour ce qu'il est jurisprudent. . » I, 448.
jussiON. Jussio, ordre. « Pour M. Conrart, j'attendrai une seconde jus sion . . . » II, 78.
LANTERNER. « Enfin, après bien lanterner, et reculer, cet été est venu sur la fin de juillet...- » I, 663.
LATiNEMENT. « Il cst Certain qu'il écrit fort latinement les choses,.. » I, 304.
LàTiNEUR. « Il faut avouer qu'il est un bon latineur. »
I, 171. — (( Son enjouement... s'ëloignoit autant de la brutalité de nos braves, que de la pédanterie de nos latineur s. » I, 512.
LAVER. Proverb. « Je m'en lave les mains... » II, 481.
LAXE. Laxus ; lâche, diffus. « Le purger (ce travail) de tout ce que vous y sentirez de foible, de dur, de laxe^ d'impur... » II, 254. — « Il serait seulement à souhaiter qu'il eût le style un peu moins laxe... » II, 710.
LAYETTES. Coffrc, cartou. — « Quant à la lettre où vous avez traité de l'évaluation des monnoies anciennes, elle est toujours dans mes layettes... » II, 278. — « Il y a apparence que vous avez dans vos layettes plusieurs autres pièces de cette force et de cette délicatesse. , . »
LÉGALITÉ. Loyauté, droiture. « Cet emploi... seroit honoré d'une pension du Roi qui seroit exactement payée, à quoi je ne fais pas le moindre doute, vu la connoissance que j'ai de la légalité et du pouvoir de la personne (Colbert) qui me parloit... » II, 278.
LÉGITIMER.. . « Et ont cela de la coutume qu'encore qu'elles soient mauvaises, on s'y laisse aller sans le trouver étrange, comme si l'usage lespouvoit légitimer. » I, 735.
LiBELLisTE. Autcur dc libelles. « Plusieurs se présentant pour remplir cette place, le libelliste entre autres. . . » I, 664.
LIBERTIN, E. Qui va cn toute liberté, à l'aventure. « Vous avez des expériences de son humeur libertine... » I, 483.
LiDERiE. De l'espagnol lidiar., disputer ; dispute, combat. — « Il avoit déjà arésolu de laisser toute cette liderie... »
LIÈVRE. Proverbialement. « C'est lui qui a levé ce lièvre... n II, 340.
LIMINAIRE. « Epître liminaire. » I, 307. — « Votre épître liminaire m'a plu. » II, 580.
LiviEN. Liuianus ; de Tite-Live. « La narration en est de l'air Llçien... » II, 716.
LONGUE. Faire tirer de longue; faire traîner une affaire en longueur. I, 527. — « Si la question tire de longue... » II, 481. — « Mais je serois d'avis que vous tirassiez toujours de longue. » II, 789.
LOQUACITÉ. « Vous faisant porter la peine de ma loquacité. » I, 352.
LOTS ET VENTES. Lods. « Vous avcz à vous assurer des lods et ventes, si votre principal paiement est en argent. » I, 9.
LUCuBRATioNS. «... Vos lucuhrations si fines sur cet auteur classique... » I, 806.
MACARiTE. Ma/,ap{TY);, feu, défunt; et Maxxp'.oç, bienheureux. — « Dans la pensée que notre défunt Macarite en pût tirer quelque gloire. » II, 339. — « Ecrivez-moi l'état où la mort de votre macarïte Auguste a laissé votre fortune. » Auguste, duc de Brunswick. II, 495.
MACÉRÉ. Au fig. brisé, fatigué. « Qui me laissent bien plus rompu et macéré, quand le jour vient, que si je n'avois pas clos les paupières. » I, 350.
MACHINISTE. Habile en mécanique. « On me l'a débité pour un grand mathématicien et pour un machiniste d'importance, » II, 531.
MAGNE. Magnus. « Certaine mer magne qui n'a ni fonds, ni rives. . . » I, 263.
MAGNIFIER, (c L'engagement volontaire que vous y prenez
de célébrer ses louanges et magnifier ses vertus. . . » II,
MAL, MALE. Aclj . Mauvais. « Je suis marri de la maie nuit que vous avez eue. » I, 94.
MAL, modifiant un mot. « Qui rend mal {>olontiers office à son parasite de frère. )) I, 490. — « Ces mal officieux parens. . . I, 392. » — « Des effets assez mal plaisafis. » I, 433.
MARCHÉ. Proverbialement. « Pour ne pas courir sur le marché du bon Epestein. . . » I, 666. — « M"* Paulet seroit bien marrie que j'eusse couru sur son marché. » I, 642.
MAROTK. Fig. « La prétention du cardinal Bentivoglio au souverain pontificat est sa marote... » I, 529.
MARRANiSME. De l'espagnol marrano, porc. Marrane, mahométan ; d'où marranisme, loi de Mahomet. « Vos moines qui sont déjà accoutumés au marranisme . . . »
MARRUCiNiTÉ. Grossièrcté ; de Marrucini, peuple grossier du Latium. « Son impertinence et sa ?narrucinité. » I,
MARTEL. Au fig. Tourment, souci. « Pour moi qui ne suis que son ami, je l'aime sans martel et sans inquiétude... »
MASQUER. Sans rég. « Vous les v trouverez tous en bonne santé et prêts à masquer et à monter sur le tliéàtre. »
MASTiN. Mâtin, au fig. « C'est un mastin qui a été battu, et qui aboyé encore en fuyant, w I, 98.
MAU-TAiLLK OU MO-TAiLLÉ. Mal taillé. « Cc u'cst pas un procès à en faire une cotte mau-taillce. » II, 161. — « Et par une cotte maiilaillée, comme dit le peuple, faire un raccommodement de pair à pair. » II, 478.
MÉCONNAISSANCE. Ingratitude. « Dans un siècle de méconnoissance auquel sa vertu singulière ne lui a pas moins produit d'ingrats que d'envieux. . . » I, 136.
MÉCONNAISSANT, E. Ingrat. « Vous verrez par le billet de M'^" Scudéry que je me suis fidèlement acquitté de l'ordre que vous m'aviez donné, et qu'elle n'est pas plus méconnoissante que moi. » II, 27.
MÉDALisTE. Médaillistc. « Je ferai mes diligences pour essayer d'y contribuer par les lumières de mes amis antiquaires et médalistes. » II, 653.
MÉDALLiQUE. Conccmant les médailles. « 11 reviendra rempli de l'admiration que le trésor niédalliq ne de S. A. S. de Toscane excite en tous ceux qui l'ont vu. . . » II, 494. — « Vous avez bien justifié le choix que M"" Spanheim a fait de vous pour autoriser son bel ouvrage/«e'(5^a//i^?<e de votre nom .. . » II, 506.
MÉMOiuES. Matière, matériaux, a Ce sont là de rares mémoires pour un scazon de votre façon. » II, 233.
MENUDENCES. Mcnus détails. « Quant aux dédicaces, préfaces, notules et autres menudences . . . » II, 280. — I, 8.
MÉsARRivER DE . . . « L'appréhcnsion que j'ai eue qu'il ne mésarrwât de la pièce que vous m'avez envoyée. )> I, 408.
MÉSESTIMER. Avoir mauvaisc opinion. « Cela me fait connoître que vous ne le mésestimez pas. » I, 140.
MÉTOPOscopiE. Me"(i)~6(7/,07Ciç ; physionomiste. D'où l'art de connaître le caractère d'après la physionomie. Chapelain écrit à Ferrari en lui envoyant son portrait : « Il est de très bonne main, et vous pouvez juger par lui de mes qualités et inclinations à l'aide de la métoposcopie. » II, 827.
MEzzAiR. De l'italien mezzo, milieu. « Dans un certain mezzair entre Horace et Ovide. . . » I, 237.
MICROCOSME. MixpôxoffiJLOç ; l'homme, considéré comme un
monde en abrégé. « Le travail échauffe le sang et met le microcosme en désordre. . . » I, 291.
MiÈvnE. « Mièvre est un mot du menu peuple et signifie jeujie fripon, hargneux, volontaire, faiseur de niches et de désordre importun. » II, 286.
MIGNARDISE. « Elle a (M^ de Sablé) la plus nette mignardise dans ses lettres aussi bien que dans sa conversation. . . » I, 596.
MiLLUCE. « J'en reviendrai chargé d'une milliace de bonnes paroles pour vous. » I, 289.
MiNisTÉRiAT. « Lcs avantages du ministériat ne me satisferoient pas tant que la douceur de mon genre de vie d'à présent. » I, 9.
MITONNER. Au fig. carcsscr, flatter. « Pour bizarre que soit M'"'^ votre belle-mère, il ne faut laisser de la mitonner. » II, 554.
MODESTEMENT. Modcstè ; avcc modération. « Ce sera une conduite digne de vous de reprendre modestement celui des nôtres. . . » II, 827.
MOLLET. Diminutif de mou. « Il m'a paru seulement mollet aux endroits où il s'agissoit de repousser les insolences du calomniateur. . . » II, 538.
MOMMON. Proverbialement. Accepter un défi. « Nous verrons comment il couvrira ce mommoîi. » I, 647.
MONASTiQUEMENT. « Le jcunc M, de Brienne vivoit retiré depuis ses malheurs avec intention de se reclure manastiquement parmi les plus silencieux de nos solitaires. » II, 347.
MONTER. Proverb. « Vous m'avez ravi d'être monté sur vos grands chevaux. » I, 622.
MORDACiTÉ. Mordacitas. « Je voudrois seulement qu'il eût l'urbanité dont nous vous louons, sans avoir la morda-
cité dont il semble qu'il veuille tirer louange, w I, 665.
MOUCHE. Jouer à la mouche, perdre son temps. « Souvent on joue à la mouche dans le conseil, . . » I, 487.
MOULÉ. Imprimé. « Je ne repasse point ces endroits moulés sans me tàter et examiner si je puis soutenir le personnage que vous me donnez. » I, 111.
MULTILINGUE. (( Je pcusc de M. Huygens le père ce que vous en pensez. C'est un multilingue, cupide de gloire. . , )) II, 372.
MULTIPLICITÉ... « La multiplicité des généraux fera de meilleurs effets. . . w I, 421.
MUNiFiQUE. Munificus , . . « Pour la gloire d'un roi si muîiificjue. . . » II, 305.
MUSCADIN. Pastille où il entre du musc. « Je vous prie de me mander si vous dites muscardins ou muscadi?is... w I, 189.
NARRÉ. Subst. Récit. « Je vous ai une particulière obligation du narré fimple et exact que vous m'avez voulu faire des prises d'Eperlec et Ruminghem. . . » I, 476.
NASAUDE. Chiquenaude. « Je continuerai h le mépriser;
s'il reçoit quelque nasarde, ce sera par d'autres que
par moi. » II, 337.
NASiNERiE. Nasus. Odcur du nez. « Sa nasinerie et sa gra-
véolence. » I, 264.
NATURALiTÉ. Naturalisation. « M' Esprit, de chez M"" le Chancelier, à ma prière, a obtenu de lui des lettres de naturalité pour le S*" Eperstein. . . » I, 559.
NAVEAUx. Navets... « Généralement tous les soldats ne subsistoient que de naveaux et de racines. . . )> I, 546.
NAviGER. Naviguer, « Ces cabarets et ces tavernes sont des
mers où je n'ai guères navigé. . . » I, 483. — « ... En une saison où il n'y a pas un ruisseau guéable et où bien souvent les campagnes mêmes ont besoin d'être navigées. » I, 546.
NÉNiE. De nœnia, lamentation. « J'ai peur qu'il ne vous en fasse une longue nénie. . . » I, 385.
NEOPHYTE. « Le néophyte Heinsius en ses langues orientales. . . » I, 424.
NETTOYER (se). Au fig. Corriger ses défauts, son style. .. « A qui j'ai donné commission de l'exhortera travailler et à se nettoyer, s'il veut que son ouvrage vive. » I, 333.
NEZ. Mener par le nez. « Toute son affaire n'est que fiction, pour attraper de l'argent aux dépens des sots, je veux dire du peuple, qui est toujours prêt à se laisser mener par le nez. » fl, 454. — Proverb. Rester sur les bras. « Il doit fort déplaire au jeune roi et à son Conseil qu'elle leur demeure ainsi .sa/' le nez, et hors de prise. » La reine de Suède, Christine, retirée à Hambourg. II, 228. — Autre expression. Donner du nez en terre. Echouer. « Cette conduite l'a empêché jusqu'ici de donner du nez en terre. . . » I, 294.
NOTÉ. iVbfrt^ws; noté d'infamie, décrié. « Il n'est peut-être pas impossible que de cet homme si noté on ne pût tirer de belles vues sur ces questions. » II, 538.
Nounni. Elevé, instruit. « Il est homme de bonne condition et fils d'un ambassadeur de France en Hollande, bien né, bien nourri. . . » I, 618.
NOunniTURE. Disciple ; celui qui est h l'école d'un autre. « Je vous aurois pu informer de lui en moins de paroles, vous apprenant que c'est la nourriture de M"" de Saint Chamond, et le second deM'"d'Avaux, dans leurs grandes négociations d'Allemagne. « II, 486. — « Le paquet de Reinesius égaré, comme je le viens d'ap-
prendre d'un gentilhomme allemand, son ami et sa nourriture... » II, 491.
NOUVELLANT. NouvelHste. (( Il est vrai que celui qui me Ta dit n'est pas un nouvellant des plus siu's de ce monde. » I, 557.
NOuvELLiER. Nouvelliste. «... Quand même M"" le duc de Longueville ne m'obligeroit pas à être nouvellier pour lui, » I, 255. — « ... ^M'ont rendu un nouvellier et un faiseur d'affaires à vous faire pitié. » I, 299.
NUMÉROSiTÉ. Numerositas . «... Réparer ce qui vous y plairoit le moins pour la pureté, l'élégance et la numérosité de la diction. » II, 790.
OBLATio>f. Oblatio. « Il n'y a nulle difficulté de parler de l'oblation que le Roi a faite de son royaume à la Vierge. » I, 370.
occuPATissniE. « Pour M"" Silhon, il est toujours in otio ne^otioso, écrivain dans l'expectative, et occupatissinie pour le service de ses amis présens etabsens. » 1, 275.
OFFiciAL, Officieux. « J'attens cette assistance officiale de vous. » I, 34.
OFFiciALiTÉ. Obligeance. « Son correspondant n'est pas si sûr que le notre en matière de soin et à'officialité. » II, 291.
OFFiciosiTÉ. Obligeance, désir d'obliger. « Le tout assaisonné d'une franchise, dune civilité, d'une officiosité... )) II, 191.
OFFRE. Masc. « J'y ai vu avec plaisir que mes offres et ceux de M. Perrault vous yavoient trouvé sensible... » II, 438.
ORATRICES. « Les éloqucntcs oratrices. » II, 479.
ORBE. Orbis ; cercle. « Maître universel de Vorbe des sciences. . . « I, 735.
ORIGINAL DE. . . Ofigo ; première source, origine. « Celui que j'iniaginois qui fût original de cette nouvelle me l'a fort désavouée. » I, 736.
PALLIATIF. Adj. (( Plaies sans remède, pour lesquelles il n'y a point de cure non pas même, s'il faut ainsi parler, palliative. » II, 9.
PAMER. Activ. Causer un grand plaisir à quelqu'un. « Je vous puis dire que je \^ pâmai. . . » I, 463.
PA>ÉGVRiQUER. « Lc dcssciu dc \o\xeY elpanégyriquer l'Académie ne me revient pas. . . » I, 407.
PA>NE. Etoffe. « Les hommes y ont repris la panne. . . » I, 262.
PANTOMIME. Acteur ne s'exprimant que par gestes. « Le seigneur Panglolisle (Bouchard), à vous dire le vrai, est un courtisan romain qui fait le pantomi/ne... » I, 469.
PAPEGER. « Vous savez qu'il est sujet papable (le cardinal Bentivoglio), et qn il papège avec apparence dc succès. » I, 517. —I, 529.
PARANYMPHE. Panégyrique et auteur d'un panégyrique. « Vous-même, Monsieur, êtes votre parainjniphe, et, sans vous louer, vous vous louez assez. » 1, 9i.
PARAPHRASTE. « Lc nouvcau paraphraste du Laudate. » Godeau. I, 199. — Id., I, 429.
PARAPHRASTiQLE. En formc de paraphrase. « Elles sont Ionien paraphrastiqiies. n II, 790.
PAHASITERIE. (( Le dégoût qu'elle vous donnera de sa parasiterie sera tempéré par l'air dont il la traitera. . . » I, 304.
PARENTAGE. «... Scs parties n'ayant échappé qu'à la condamnation aux dépens h cause du parentage. I, 428.
PARER de. . . Protéger, défendre contre. . . « Je ne suis pas assez puissant pour le remettre bien avec le sieur de Gomberville et le parer de sa férocité. » I, 382.
PARERGUE. nâpepyov ; hors-d'œuvre, digression. « J'attendois du blànie et non pas des louanges du parergue dernier sur les bons ou mauvais mots du cavalier Marin. .. » II, 220.
PARTEMENT. Départ. « Dcpuis votre/^(7/7ewe/«^ de Paris... » I, 33. — « VlG parlement du roi qui s'approche... »
I, 601. — « ... De ne vous avoir point écrit depuis \o\.ve parteme?itàe Paris. » I, 642. — « Je vous suis très obligé de l'avis de solve parlement de ballot de livres... »
PARTICULARISER. « Si toutcfois iM"" Godcfrov désire particulariser la vie du grand comte de Dunois... » II, 53.
PARTIES. Qualités. « Les plus ignorans des excellentes parties de notre ami pensent que ce soit une route nouvelle pour parvenir aux prélatures... » I, 193.
PARTISANE. « Elle est votre admiratrice et votre yja/'^/5rt«e. »
PASQUixADE. « C'est même une espèce de louange que ces pasquinades pour ceux qu'ils attaquent. . . » II, 524.
PASSIONNER. Act. Désircr ardemment. « Qui y donne le plus cher de mon temps et qui en passionne l'accomplissement. . . )) I, 461. — « Pardonnez cette tirade à un homme c^wi passionne la gloire de votre langue... »
PATAViNiTÉ. L'ensemble des admirateurs de Tite-Live. « Nous mettrons M*" de Thou au lieu de M"" Tite-Live, quand toute Va patavinité s en devroit plaindre... » I, 224.
PEAU. Prov. Ne pas tenir dans sa peau. « Hier et aujour-
d'Iiui, 11 a vu (Vaugelas) Son Eminence qui Va caressé et accueilli en telle sorte qu'il ne tient pas dans sa peau. » I, 377.
PÉCUMEUX. Pecuniosus ; riche. « Des deux partis. . . celui qui aura le dernier quart d'écu sera le victorieux, et la France et la Hollande ont la mine d'être les plus pécu- /lieuses. » II, 459.
PÉDAIRE ou Pédanée; Judejc pedaneus, juge de village, qui n'a pas de siège et juge debout. « Vous jugez de votre grotesque juge (l'abbé de Marolles) bien plus sainement qu'il ne fait de vous. C'est un juge de vdlage et audessous de?< jjedaires ou pedanées qui n'opinoient pas seulement du bonnet. » II, 211.
PÉDESTRE. Pedestris ; au fig., familier, sans façon. « Style pédestre et vulgaire avec lequel j'ai toujours traité avec vous. . . j) I, G90.
PEIGNÉ. Au fig. « Je ne vous le ferai pourtant pas peigné ni ambitieux (son remercîment), comme il le faudroit faire à ces pauvres et faméliques de gloire. » II, 185.
PELALDEiî. Battre, étriller, a M. le marquis de Rambouillet a été un peu pelaiidé sur son succès (le succès du duc de Weimar), qu'il a peine à croire... » I, 347.
PERGRÉCATiON. Pergrœcavi ; vivre à la grecque, mener joyeuse vie. « Des compotations et des pergrévations qui nuiroient à votre santé, w II, 304.
PHILOSOPHANT, subst. « Dcs maximcs que posent les philosophans, je n'admets que celles qui s'ajustent à ma conception. . . » I, 697.
PHILOSOPHE. Qui s'applique à l'étude des sciences naturelles. « M'' de -Ncuré, philosophe de la première classe, et en qui les expériences des choses naturelles trouvent un juge équitable et éclairé. » II, 4i8,
PHILOSOPHER. S'appliquer à l'étude des sciences naturelles. M M"" Thévenot s'est opiniâtre, depuis dix-huit mois, à
ne prendre point de maison h Paris pour philosopher ei spéculer, dit-il, avec plus de liberté à la campagne. » II, 514.
PHILOSOPHER. Méditer. « Cela me fait espérer que, dans nos vieux jours, nous phi/osopherons bien exquisement, et que nous nous élèverons bien au-dessus des choses mortelles. » I, 406.
PHILOSOPHIE. Etude des sciences naturelles, « M'en remettant aux juges naturels et à ceux qui sont plus exercés dans celle philosophie là que moi. » II, 481.
PIED. Prov. « Prendre an pied de la lettre. . . » II, 164.
PION. Damer le pion. « Il ne faut pas se précipiter dans une impression nouvelle, que Ton n'ait de quoi leur damer le pion . . . « II, 132.
PIPER. Exceller, a La dernière des cinq tables est une belle perspective, à réjouir même la vue de ceux qui ne pipent pas en ce métier. » I, 517. — Chapelain se moque des écrivains espagnols et ajoute : « Je ne parle point de la politique où ils pipent, ni de la théologie où ils sont des aigles. . . » II, 205.
PLAGiAiREMENT. (f La dernière page fut d'abord imprimée comme elle est ècvile pi agiairement par Heiiisius. . . )> I, 276.
PLAIDER. Contredire, attaquer. « Je l'ai averti de votre concurience sur le même sujet, mais je l'ai aussi assuré que vous ne \e plaiderez pas, encore que son sens soit différent du vôtre. » II, 407.
PLATREUSE. Celle qui garde les apparences, qui replâtre les affaires. « Ce n'est pas nne plâtreuse, et il faut prendre au pied de la lettre ce qu'elle dit à ses amis. . . » II,
PLEiGER. Donner caution. « Faites-moi, s'il vous plaît, l'office. . . de me pleiger ma gratitude. . . « II, 149.
PLÉNiPOTENTiAiRERiE. (( Je suis tout troublé d'une fantaisie
qui a pris à M"" Mazarin de me vouloir avoir pour secrétaire de sa plènipotenliairerie . . . » I, 622.
PLEUVOIR. Act. « Et qu'ils vous pJeuvent la peste dans les villes... » I, 394.
PLIER. Au fig. Laisser faire. « Je plierais les épaules et leur en laisserois la liberté. » II, 339.
PLOMBÉ. Au fig. (( ... Qu'il n'y eut jamais de cervelle plus plombée ni de jugement plus solide. . . » I, 475.
pocHETÉ. Qui a longtemps traîné dans la poche. « Je n'ai reçu votre paquet du 29 novembre qu'hier 21 de ce mois, fort sale et fort pocheté. » II, 282.
poETASTRE. Mécliaut poète. « La vilaine envie des poétaslres affamés. » II, 388. — II, 602.
PoiTjTE. Au fig. Trait subtil, recherché. « Dneàes pointes. » I, 487. — « henvs pointes eX. leurs fredons, » I, 481.
poiNTiLLRR. Au fig. « Ni lui ni moi ne chicanons point avec nos amis, et ne poinlillons point sur ce que nous croyons qu'ils nous doivent. » II, 65.
POIRES. Prov. « Ces armées qui remplissent l'empire et qui ne nous menacent pas de poires molles, comme dit notre peuple. » II, 800. — Se garder « une poire pour la soif. » I, 70 i.
POLYGLOTTE. « C'cst à UH polijglotle commc vous à qui l'on doit demander avis sur ces matières. » II, 358.
PORT-RÉAL. Port-Royal. « Le seul M. d'Andilly et le Portreal appellent cette action héroïque. » I, 195. — « Je veux espérer que le voyage qu'il fera demain au Portreal calmera sti douleur. . . » I, 451 .
possini.E. Avec ellipse du verbe. « Il eût été à désirer que le Suétone lui eût pu être présenté (à Montausicr) en même temps, et que ceux cpie vous en aviez chargé se lussent plus fidèlement acquittés de leur commission, quoique possible ces troubles et la difficulté du transport les en rend excusables. » II, 802.
POSTÈRES. « Le titre de Balzac l'orateur mériteroit trente coups de discipline bien appliqués sur les postères du fallot jésuite qui vous a si badinement pensé tenter. » I, 221.
POSTURE. Au fig. Situation. « Je m'enquèterai au premier jour de la posture où est rarchevèque de Bordeaux à la cour. » I, 207.
POUDRE. Prov. Jeter sa poudre aux moineaux. « Un bon ména£2^er n'eût pas jeté toute &^ poudre aux moineaux. » I, 704.
POULET. Billet doux, ou simplement billet. « J'attens cet nuire poulet dont vous me menacez. » I, 446. — « Et qu'elle ne pourroit tirer vanité des mauvais poulets que ' je lui écrirois. » I, 484.
PRATIQUE. Commerce, relation. « Il montre de vouloir renouer pratique. » I, 6.
pRÉCEPTORiAT. Charge de précepteur. « La pensée du préceptoriat de notrejeune prince étant venue à M° la marquise de Montausier pour moi. . . » II, 271.
PRÊCHER. Prœdicare ; louer, vanter. « J'irai chez IVP de Clermont y prêcher vos lettres. . . » I, 119.
PRÉDiCAMENT, Privdicamentum ; catégorie; au fig. estime. « V. A. m'a témoigné de savoir en quel prédicament étoit cet ouvrage. » II, 253.
PRÉSENTATEUR. « M*" l'abbé de Boisiobert, qui en a été le présentateur . . . w I, 465.
PRESSAMME>T. xVvcc instancc. « ... M'écrit familièrement et pressamment lettres sur lettres. . . » II, 571.
PRESSEMENT. Serrement. « Ce qui me tient dans un travail d'esprit et un pressement de cœur. . . » II, 572.
PRÊTER. Subst. « S'abstenir du jeu el du prêter. » I, 487. PRiNciPiANT. ItaVien, principiante, débutant, apprenti. « Un
principiant comme moi. . . « I, 244. — « Il y a foule de principiants . . . » I, 222.
PROCRASTiNER. Procrastincive ; différer, retarder. « Et crut qu'il la î?\\\o\i procrastiner el la faire tirer de longue. »
PRODROME. Ilpôspiixcç, cc qui précède; préface. « L'essai que vous venez d'offrir là-dessus aux curieux dans le prodrome de votre grand traité. . . » II, 398.
PROGÉMTEUR. ProgeiiUor. « Ce jeune prince chasse de race et suivra à grand pas les traces de son progéniteur. » I, 821.
PROLUSiON. En latin prolusio; en italien prolusione, essai, préambule. « Votre dernière profusion de la constance vénitienne. . . » II, 720.
PROMENOIR. « Je ne sais si l'illustre Julie (M"° de Rambouillet) habite encore vos forêts, et si elle occupe encore aussi bien vos promenoirs que vos pensées. » I, 80.
PROMOUVOIR. Promoi>ere; encourager, exciter. « L'obligation que tout homme de bien a de faire honneur à la vertu, et de la prornoui'oir de toute sa force où elle est par ses applaudissemens et par ses éloges. » II, 204.
PRONE. Au fig. « Je vous ai fait un long prône, mais je ne savois de quoi remplir mon papier. » I, GIG.
PRONER. Au fig. Faire des observations. « Je prône toujours sans nécessité, et ennuyeusement. . . » I, 338.
PRONOSTIQUE. Proiiostic. « Et leur remplit l'esprit de fâcheux pronostiques. » I, 520.
PROPiN.\TioN. Propinafio, invitation à boire; action de boire à la santé de quelqu'un. « ... Souvenir si obligeant de M*" notre ambassadeur qu'il lui a plu de marquer plus d'une lois par des propinations volontaires, en souhaitant bonne vie et longue à son très humble serviteur. »
PROPOSTE. Comme réplique et duplique. « A ce volume je
joins deux sonnets, l'un du comte d'Etlan en proposte^
et l'autre de moi en riposte sur le poème de la Pucelle
que vous témoignez d'aimer. » I, 109.
PROTOTYPE. Modèle. « Quant à l'homme que vous appelez
mon prototype, il a valu beaucoup en son temps. » I,
pROvixciALiTÉ. Air provincial. Chapelain remercie Medon
de ses compliments, « nonobstant la proi'incia/ité dont
vous les accusez. « II, 234.
PROXÉNÈTE. IlpcrevrjTïjç; en bonne part, introducteur. « Et M"" de La Thibaudière, qui en devoit être le proxénète. . . )) \je proxénète de Costar auprès de Balzac. I, 499. — « Comme j'ai été le proxénète de leurs excellentes qualités en cette cour. . . » II, 488. — « M"" Oldenbourg vous servira auprès d'eux de proxénète et vous les conciliera avantageusement. » II, 641.
puBLicATEUR. PubUcare ; cclui qui rend une chose publique. Chapelain déclare à Balzac qu'il ne veut pas qu'on publie sa correspondance; et il ajoute: « Ceux-mèmes qui le liront (le livre; pesteront plus contre les puhlicateurs pour moi que pour eux-mêmes. » I, 393. — « Un homme qui se rend le puhlicateur des poésies de Magdelenet. » II, 292.
PUÉRILE. Masc. pour puéril. Sur deux épitaphes « mauvais tous deux ». « L'un est affecté et puérile et n'est point de style de tomlieau. . . » I, 399.
PUGNALADE. En espagnol punalada, coup de poignard. «... L'ambassadeur fulminant et ne le menaçant pas de moins c^ne i\e anc^nTinle pugnalades. )> I, 223.
PURGER (se). Sans régime; se justifier. « Peut-être que Y dtccxxsé se puriiera et confondra ceux qui l'accusent. » I, 556.
puRissiME. « La prose de Montemavor est purissinie. » II,
PUTiDE. Pnlidus, en parlant du style, affecté, prétentieux. « Pour l'autre, en forme d'inscription tumulaire, c'est un tricotis des ^\\xs piUides que j'aie point encore vu. » I, 383.
QUALIFIER (se). Sans régime; se donner pour un homme qualifié; s'en faire accroire. « Ne croyez pas que je la prenne pour argent comptant, ni que j'aie jamais la témérité de me cpialifier . •» I. 240.
QUÉRiMONiE. Querimonia ; plainte. « Il m'en fait quèvimonie. » I, 52G.
QtiXTAiNE. Au fig., but, objet de l'attention. « Vous me faites plaisir de me plaindre de l'honneur que ma qualité de poète me fait recevoir ici, et de ce que je suis devenu la quiiitaine de tous les initiés aux mystères des Muses. » I, 290. — « Se pique tellement de quintaine de lettres polies. . . » I, 50 i.
QuiSTRE. Cuistre. « Il ne s'est fait stamper que pour être lu dans les limites du royaume de Clermont par les grimelins et les qiiistres. » I, 310.
QUITTER DE. . . Tenir quitte. « Je quitte M*" votre frère de la manica qu'il me veut donner. . . w I, 336.
RABixAGE. Passion pour l'hébreu. « Ce qu'on vous a dit de l'hébraïsme de M" la princesse de Guémené est très vrai... Mais ce rahinaij^e ne lui empêche pas de dire ses heures. . . » I, 717.
RADOTER. « Un seul mot m'a arrêté que je voudrois que vous eussiez pris la peine de changer, qui est celui de radoter. . . » II, 102.
RANGEMENT. Arrangement. « Son déménagement qui Toecupe tout entier dans le rajigement àe sa bibliothèque. » I, 611.
RAPPORTANT. Adj . « Cette matière très grave est fort rapportante à mon génie. . , » II, 81. — Id., II, 188.
RARE. Remarquable, précieux. « Ce sont là de rares mémoires pour un scazon de votre façon. » II, 233.
REALISTE. Royaliste; en espagnol realista. « Il est réaliste contre la Fronde. » II, 638.
REBATTEMEXT. Répétition, redite. « J'éviterois le rehattetnent des pensées. . . )) II, 111.
RECHARGE. Action de revenir à la charge. « Il est malaisé de vous dire h quel point il ressentit cette rec/m/'^e... » 1,537.
RECHARGER. Revenir à la charge. « Vous ne pourriez rechamer sans embarrasser ma modestie. » I, 536.
RECoiGNÉ. jMis dans un coin. « Si la fortune ne Tavoit recoii^né en Angoumois... » I, 331.
RECONQUÊTE. « Aller à la reconquête de leur pays... )) I,
RÉCOMPENSER (se). Se dédommager, a Si j'eusse cru vous trouver chez vous, je /«'en lusse allé récompenser... » I, 176.
RECLURE (se). Recludere ; se renfermer. « Avec intention de ^e rec///re monastiquement... » II, 347.
RÉDiMER. Act. En latin redimere. « ... \ réduit ce dernier, pour rédiiner la dévastation de tout son pays, à lui donner 3,600 richedales... w I, 568.
RÉDUIT. Assemblée, personnes réunies ensemble dans un réduit. « J'y en dois faire une seconde lecture, pour ce que la moitié du réduit y manquoil... » I, 448.
RÉGALE. Régal. « Une dame de réputation l'ayant envoyée par régale à Madame la marquise de Rambouillet... »
I, 312. — « Voici trois semaines que je vous donne des régales, dont je prétens que vous me demeuriez lort obligé... » I, 360. — Id., H, 113 ; II, 584. — « Régal ne vaut rien, et il faut toujours dire régale sans craindre d'équivoque. » II, 152.
RÉJOUIR (se;. Se moquer, plaisanter. « Pour ce qui regarde mon portrait, M. le marquis de Montausier s'est réjoui lorsqu'il vous a dit qu'il en avoit vu rébauche... )) I,
RELATEUR. Faiseur de relation. « ... Plutôt dicté par un liistorien ou relateiir que prononcé par un orateur... »
RELIEF. Au fig. Considération. « Une charge de relief ^u parlement. )) I, 151.
REMORE. Rémora; retard, obstacle. « Je vous plains de vos travaux domestiques lesquels servent de rernore à la course ardente qui vous porte à l'immortalité... » II, 724.
REMPAQUETER. « Je lie manquerai pas de reinpaqueter l'ouvrage. )) I, 421.
RENCHEUTE. Picciiute. c< De peur qu'il ne retombe encore dans son accès et que la reticheute ne soit pire que la maladie. » I, 224.
REXFROQUER (se) . « Sou autcur se défroqua par débauche, et s'est renfro(jué par ambition. » I, 738.
RENGREGÉ. Augmenté. « Sa maladie s' éidini rejwreisée... »
RENOMMER (se). Invoqucr la recommandation de quelqu'un. « Peut-être qu'en i>ous renommafit de moi dans vos premières conférences... » II, 486.
RENViER. Renchérir sur... « On avoit fait une grande confabulation sur voire mérite et sur votre vertu ; chacun le renc/'ant su/' son compagnon. » I, 414. — Cet ouvrage de M. Retbaldus, qui sans doute l'aura /•ewj'/e s///- Lipseetsur Naudé. » II, 81. — Id., II, 227; II, 508.
REPASSADE. Rcvision. « Ce rare personnage (Gronovius) a donné une repassade à Sénèque le Tragique... » II, 99.
RESPECT. Respectas; regard, à l'égard de... « Au respect du public. » I, 9. — Id. II, 15.
RESSENTIMENT. Reconuaissance. « M. Desmarets a vu voire bonté extrême pour lui et pour son commis, à quoi il ne répond que par le respect et le silence, n'y avant point de paroles suffisantes pour exprimer ses ressenlimens. )> I, 265. — Id. I, 35; I, 410.
RÉTRIBUTION. Réciprocité. « Quand je publierai ce que je barbouille présentement, si toutefois je le publie, j'userai de rétribution et le soumettrai à sa censure et à la vôtre. )) I, 79.
RÉTRACTION. Rctrahere, retractio ; rétractation. « J'apprens que la rétraction qu'il a faite de la doctrine censurée n'a pas contenté nos supérieurs... » I, 267.
RÉrssiBLE. c( Les movens les plus conformes à leur goût et qui soient les plus réussibles. » II, 73. — ■ « Le biais le plus réussible... » II, 709. »
RÉUSSIR. De l'italien riuscire, sortir de..., devenir. « Tous les jours il nous réussit de plus en plus honnête homme... » I, 198. — « Ce long voyage l'aura aciievé de polir, et il est assez jeune pour réussir un personnage d'importance. » II, 247. — « L'ouvrage réussit un peu long... » I, 460.
RÉUSSITE. De l'italien riuscita. « Elle aura fait la réussite que nous pouvons désirer. » I, 465.
REVANCHER (se). (( Je me vois contraint de recevoir ce second présent, sans que jevoye encore de quelle sorte '^e m'en revajiclierai... n II, 553.
RÉvÉREMMENT. « La naturc, aussi bien que la fortune, agit avec vous trop peu ré<>>éremment... » I, 22. — « La visite hétéroclite qui vous fut faite en face de votre
église, et si peu révéremment pour l'assemblée et pour le lieu. » II, 478.
RÉVERSION. Reversio ; retour. « Vous n'auriez pas manqué de me donner avis d'une réi'ersion si souhaitée de nous... )) II, 708.
REViRADE. Changement, (f Qui sert le public est sujet à ces revira des. » II, 742.
RÉVOQUÉ. jRei'ocatus ' rappelé. « ... Le jeune M. Gronovius, mais qui n'a pas passé les monts, révoqué en Hollande par la mort de son docte père. » II, 772.
RHABILLER. Au fig. « M. de Gombcrvillc rhabille son roman pour la vingtième fois, w I, 290.
RHAPSODE. Auteur d'un amas de choses sans valeur. « Ceux de delà les monts qui ont vu cet ouvrage en écrivent dans ces termes, non sans raillerie de la vanité et témérité de son rhapsode si mal ambitieux... n II, 712.
RHEUME, RHEUMATiSME, ç,zj'^.3.-\z\}.zz. « Le rhcume que mon médecin "à^^^Wç. rlieumatisme... » I, 531,
RiCHEDALE. Monnaie allemande qui valait trois livres. Dictionnaire de Trévoux, risdale ou rizdale. « 3,600 richedales . w I, 568.
ROMPRE LA GLACE. Au fig. « L'obligation que vous en aurez sera principalement à ^I. Du Pin, qui a rompu la glace... » II, 315.
RO.MPRE (se) la tète. « Je me serai sans doute bien rompu la tète [)0ur me faire siffler par le peuple. » I, 174.
RÔDER. Act. « Depuis le temps (ju'ils rôdent vos côtes... » I, 285.
RoiER. Tourner, rouler. «Je n'ai plus, pour vous répondre à tout, qu'à vous rendre à ma mode ce demi-vers de Virgile, Sanguineam volvens aciem, sans v employer ces mots de rouer la prunelle que vous aimez tant et que je ne puis approuver. » I, 19.
RUSTICITÉ. Au fig. Chapelain parle de ses lettres : « A vous dire vrai, j'en connois la rusticité.., » I, 256.
RUSTIQUE. Au fig. « Je ne suis pas si rustique qu'au moins par quelques paroles je ne vous témoignasse que je ne suis pas insensible aux louanges.. . » II, 560.
RUSTiQUEMENT. Avec franchise. « Je lui avois écrit un peu vigoureusement, et, si vous voulez, rustiquement pour le ramener a^ meliorem frugem... » I, 525.
SAC. Prov. « Afin que vous voviez toutes les pièces du
sac. )) I, 402.
SACADE. Secousse violente. « Cette sacade en fera venir
l'envie aux Castillans malgré eux. » I, 379.
SALACE. Sala.v' qui a du sel; et par ext. lascif. «... Avec ses épigrammes salaces que je serai bien aise de considérer un peu plus à loisir. » I, 266.
SALOMOMQUEMEXT. D uiie manière digne de Salomon. « J'approuve ibrt vos méditations qui vous font finir si chrétiennement et si salonioniquenient votre lettre. . . » I, 236.
SALTiMBANQUER. Italien saltimhanco. « C'est saltimhanquer et jouer des gobelets que de prendre ces voies extraordinaires pour faire parler de soi et aller à ses fins, » I, 483.
SARBATANE. Sarbacauc ; en italien cerbottana. Tube dont on se sert pour lancer des pois. Au fig. intermédiaire. « M. Ménage est la sarbatane par laquelle j'ai fait tenir vos beaux vers au Chevalier. » I, 724.
SAS. Au fig. Faire tourner le sas, prétendu mode de divination. « Dussé-je aller au devin et faire tourner le sas pour savoir qui m'a dérobé ce trésor. . . I, 723.
SASSER. Au fig. Examiner avec soin. « J'eusse voulu laisser ces vers là à snsser au commentateur dont vous me parlez. . . » II, 97.
SAUT. Prov. Francllir le saut. « M. Pellisson a franchi le saut de même pour M. Conrart. . . w II, 72.
sAUTEiî. Prov. « Reculer pour mieux sauter. » II, 554.
SALTER au col/et. Chapelain ne veut pas qu'on mette l'article /e devant les noms propres, sauf pour les noms propres italiens que l'usage autorise: Le Tasse, L'Arioste. Il ajoute : « Si un homme avoit dit en ma présence le Du Perron, ou le Coëffeteau ou le Balzac, je ne crois qu'avec toute ma retenue, je ne lui sautasse au collet et ne lui fisse rentrer les paroles dans la bouche. )) I, 408,
SAVANTAZZE. Saçaiitas. « Il étoit lettré, mais de ces savantazzes à qui l'acquis élouffe le naturel, m I, 258. — « La nés^lis^ence du savantazze Hulon. . . » I. 490.
scANDAL et SCANDALE. (( C'cst un scauclal public. . . »
SCRUTIN. Scrutiniuni ; examen, revue. « Je ferai, dans cette semaine, le scrutin de mes livres. . . » I, 231.
scuRRiLiTÉ. Scurra, bouffon ; scurrilitas, bouffonnerie. « Scurrilité ingénieuse. . . » I, 304.
SECTATEUR DE, avcc uu uom dc chose. « J'aurai été un moius Yi^xàe sectateur de la belle vertu. » I, 528.
SEMI-CAPRE. Semicaper. « A présent la fortune l'a réduit à la correction de l'imprimerie du semi-capre (Camusat), qui est toujours malade. » I, 431.
SEMONCE. Avis, proposition. « Jusqu'à avoir regret de ne pouvoir répondre à une si agréajjle semonce . . . » II, 271. — « Tout ce qu'a produit en moi la semonce que vous m'en avez faite. . . » II, 323. — « Je l'ai même fait par avance, et sans en attendre votre semonce, dans l'occasion que m'en donna M"" Colbert, il v a un mois...»
SEMONDRE. Submonerc ; avertir, prier avec instance. « Il
m'a encore prie de vous scuiondre, comme un des plus cliers disciples du feu Père Mamhrun, de donner quelques vers latins à sa mémoire. . . » II, ?01.
SÉPULTURE. Tombeau. « Je crus en lui jetant quelques fleurs sur sa sépitltiire . . . » I, 479. — « Mes malheurs ne m'ont pas ouvert la sépulture. . . » II, 157.
SERMON. Senno ; causerie familière. « Si nous avions un volume de ces sernions marqués à votre coin... » II, 73.
siFFLADE. Concert de sifflets. « Et, pour salaire, remporta quelques sifflades qui l'ont fait cacher pour trois ans... m I, 200.
siLLER. Remuer les paupières. « Ceux qui n'en peuvent soufî'rir la lumière sans .siller les veux. » II, 135. — (( Regarder sans siller le soleil de justice. » II, 123.
SOLAIRE. Ami du soleil. « Ce bel astre que vous aimez tant, et qui vous a fait dire que vous êtes solaire. » I, 575. — « Je m'imagine aisément qu'une plante ^o/fl'/re comme vous. . . » I, G43.
soLDATE. Adj. « ... Tant sa mine hagarde et soldate jomie à ses discours vasques et mal concertés, me donnoient d'aversion de cette nouvelle connoissance. » I, 429.
SOLDATE. Loc. adv. A la soldate. « Toutes les occupations que me donne ma Bergère (Jeanne d'Arc) pour l'ajuster à la soldate ne m'excusent point assez bien de ce manquement. )) I, 154.
SONGE-CREUX. « Je crois qu'on ne peut nier que les Rabins ne soient des songe-creux. . . » I, 419.
SONORITÉ. « ... Dans la pureté de son langage et dans la sonorité, s'il m'est permis d'user de ce terme, de ses conclusions et de ses chutes. » II, 78G.
soPORATiF. « Il est vrai que ce médecin n'est guère plus sain que ses malades, et qu'il auroit besoin d'un soporatif encore plus puissant que celui que vous désirez pour reposer. » I, 350.
sopHisTERiE. « Il donne trop à son sens el bien souvent sa logique pourroit passer pour sopjiisterie. » I, 505.
soPHiSTiQUERiE. (( Toutes les artificieuses sophistiqueries de son scélérat défenseur. >■> II, 103.
SORTIR soti effet. Terme de droit. « Si ce qu'il nous a communiqué de vos résolutions sortit, comme on dit, son elFet... )) II, 323.
soTERiEs. SwTi^p'.a ; en latin soteria. Action de grâces ou félicitation en vers. « M'" de Grasse fera pour son ami et patron des soteries où il se surmontera lui-même. » I, 503.
spiRiTUALisÉ. Tourné à la dévotion. « M"" Gniet vous a débité pour béat et pour spiritualisé. w I, 338.
SPIRITUEL. Détaché des choses terrestres. « Il est tout spirituel à présent, même par le corps et les habits. » I,
SQUiNAXciE. Esquinancie. « Le R. P. Josepli pensa mourir, il y a huit jours, à Compiègne, d'une violente aquinancie qui le laissa un jour entier sans connoissance. » I, 239.
STAMPER. Italien, stampare, imprimer. « Il ne s'est fait stamper que pour être lu dans les limites du royaume de Clermont. . . » I, 310.
STAPANER. Italien, stainpaiiare, déchirer, mettre en pièces. « Pour n'avoir pas de mon vivant le dégoût de voir stapaner un ouvrage innocent. . . » II, 75 i.
STATISTE. Statisticien. « Vous avez été un grand statiste... » I, 39G.
STRAPASSER. Italien, sirappazzare, maltraiter. « Desquels poètes le premier a été si strapassé d'elle. . . » II, 082.
STYLÉ. Dressé à. . ., habile dans. . . u Stylé dans l'imprimerie et la correction des livres. . . » I, 455.
suBMissiox. Suhmissio; soumission, respect. « Il ne se peut dire avec (\\\Q\\es submissions il m'a parlé... » I, 403.
suBTiLisEim. « Les Sorl)onistes sont des argoteurs et des siibtiliseurs . . . » I, 419.
SUBURBICAIRE OU SUBURBAIN. Suliirbanus, habitant d'un faubourg. « Vous avez eu des méditations et des souvenirs du philosophe suburbain qui m'ont épanoui la rate. . . » La Mothe-le-Vayer qui habitait le faubourg Saint-Michel. I, 14 4.
SUCCÈS. Résultat d'une affaire ; événement heureux ou malheureux, a Les mauvais succès de Verceil et de Saint-Omer. . . » I, 269. — « Je m'assure que le succès de Verceil vous aura été bien sensible. » I, 274. — « Je me consolerai par vos bons succès du mauvais qu'a eu la grossesse de Madame de Longueville. . . « I, Cl.
suPERixDuiT. Superindutus, ajouté, . . « C'est de cette seigneurie qu'd a pris ce nom superinduit par grandeur à celui de Bouchard. . . » ï, 496.
supiNiTÉ. Supinitas ; au fig. inertie, paresse. « Nous éprouvons la même supinité en nos libraires de deçà pour les grandes et solides entreprises. » II, 376. — Stupidité, ignorance. « Et c'est selon moi une grande supinité d'esprit à ceux des nôtres qui ont avalé cette pillule sans la rejeter. » I, 484. — « J'admire la supinité du duc Charles de poursuivre une couronne de cette importance avec des incivilités que l'Empereur ne commettroit pas même en cas pareil. » II, 635.
suRÉROGATOiRE. Subst. « C'étoït tout cc que vous pouviez attendre de moi sans m'obliger à des surérogatoires. » I, 347.
SURSAUT. Au fig. « Il n'y a rien qui se doive moins faire
que de donner des sursauts à ceux que l'on aime sur
des simples ouï-dire. . . » II, 173.
SYLVE. Syha; recueil composé de pièces diverses. « Je l'en
aimerai davantage puisqu'il a rendu témoignage dans
ses syWes à votre vertu. )) I, 333,
SYNDÉRÈSE. ^■x/-T,pr,7'.q ', cxameii de conscience, remords. « Et qui veut rendre rentcndement complice des crimes sans syndérèse et sans remords. » II, 255.
TABLE. Tableau, plan. Chapelain parle de Huygens qui avait envoyé « un rouleau de cinq estampes d'architecture » représentant sa maison. « La dernière des cinq tables est une belle perspective, à réjouir même la vue de ceux qui ne pipent pas en ce métier. » I, 517.
TACiTunxiTÉ. Paresse à écrire, silence. Sur J. Sirmond qui n'écrit plus ni prose ni vers. « On le réveille bien quelquefois sur cette laciliirnilé . . . » I, 294.
TANT QUE, Jusqu'à cc quc. « Je me tiendrai ingrat envers lui tant que je vous aie bien dit le ressentiment extrême que j'ai de ses grâces... » I, 90.
TARDivETÉ. Au pi'op. Retard, en parlant d'une lettre. « Ce que je vous dis, afin que vous ne m'imputiez pas la tardivetê de celle-ci à ma négligence. » II, 832. — Au fig. Lenteur. « A cause de la lavdweté de mon esprit. )> I,
TEL QUEL. Simple; exempt de recherche. « La consolation que vous me témoignez avoir des telles quelles expressions naïves de mes pensées... » I, 428.
TELLEMENT QUELLEMENT. Tant bien quc mal. « L'hiver ne passera pas néanmoins que je n'en aie achevé tellement quellement le 4*^ livre. » I, 300.
TENDRE le cou. Prov. sc résigucr. « Mais si cela est inévitable, il faut prendre patience et ft'«r//-e le cou. » I, 406.
TENDRE DE. Plein de tendresse pour. . . « Mais il m'a paru tendre de ce livre par son discours... » I, 225. — « Je ne serois pas tendre h la vérité d'nn moineau ni d'ww chien. . . » I, 549. — Id., I, 580.
TENTATiF. Capable de tenter. « En promettant bonne chère et grand feu, régales nécessaires et tentatifs, pour ces lieux-là qui ont gelé et fait mourir M"" Descartes. » II,
TÉNUITÉ. Tetiiiitas ; dans le sens de faiblesse, manque. « La ténuité de son jugement l'emporte dans l'action... » I, 295.
TERRIEN. Possesseur de terres. « Un grand terrien, sans des habitans qui labourent ses grandes terres, est un pauvre déguisé sous l'apparence d'un opulent. » II,
TÉTRiciTÉ. Tetricitas. Sévérité, mauvaise humeur. « Castelvetro, la tétricité (kiquel est insupportable même h ceux qui l'adorent. » I, 505.
TÉTRiQUR. Tetricus ; austère, refrogné. « Elle a (l'histoire) une certaine gravité austère, et je dirois presque tétrique. . . )) I, 32G.
TiGNE. Teigne. Latin tinea ; italien ti^na. « Ce très élégant flambeau de l'histoire romaine court fortune de périr entre les lignes et les vers. » II, 510.
TiRACLEVR. Autrement thriacleur, thériacleur, et thériaqueur, marchand de thériaque, charlatan. « L'impertinent tiracleur Morin . . . » II, 2"2G, — a Le tiroclenr prélat duquel M. Bochart, vous et M"" Heinsius avez tant d'occasion de vous plaindre. » II, 232.
TOUCHE. Coup, a II se souviendra longtemps (Voiture) de la touche. . . » I, 605.
TRABiLE. Atrabilaire. « Quoiqu'il soit strapassé par le brutal et trablle Meibomius. . . » II, 795.
TRAJETER. De trajet. Traverser, transporter. « Les plus grands bateaux qui ont servi à trajeler son armée. . . » i, 564.
TRANSLATEUR. Trcuislaior ; traducteur. « Mais ils ne se-
roient pas auteurs, ils seroient seulement tourneurs et
translaleurs . . . » I, 344.
TRANSMIGRATION. Cette transmigration seroit pour vous, etc... » II, 803.
TRAXsMoxTix. Ij 1 tramonla in . « Il n'est encore bénéficier ni cismontin ni transmontin. . . » I, 622.
TRAVAIL. Peine, souci. « Ma mauvaise étoile qui me trouve insensible aux f/Y/f^rti^o: qui regardent ma personne... »
I, 557. — « Je souffre de vous voir dans un si ijrand travail , . . » I, 412.
TRAVAILLER. Tourmcutcr, fatiguer. « INIon procès me travaille plus que jamais. » I, 644. — I, 125.
TRAVAILLER (se). Se fatigucr. « Cependant je plains M"° Paulet qui se travaille furieusement là-dedans... » I, 249.
TREMEUR. Treinor ; tremblement, fraveur. « Votre mandement ponr les prières dans la trèmeur où est la France. . . » II, 412.
TRICHE. Tricherie. « La prosopopée d'Astrée par la triche de laquelle vous donnez poids à vos louanges... »
TRicoTKRiE. Trigaudcric ; détours, phrases entortillées. « L'amour de la tricoterie et de la pointe lui a fait prendre des laçons des'exprimer louches et obscures... » II, 338.
TRicoTis. Peut-être comme tricoterie. « Pour l'autre, en forme d'inscription tumulaire, c'est un tricotis des plus putides. . . » I, 383 .
TRiPLiQUE. « Qu'on soit obligé d'en venir aux dupli(|ucs et tripliques... » II, 482.
TRisMÉGisTE. Tp'.7[jLÉY'.7T:ç ; ti'ois fois grand, illustre. « Notre tris/nc^isfe duc de Welmar. » I, '£89.
TUANT. Au fig. « El n'avons pas seulement de mauvais
complimens de sa part, mais encore de tuantes visites. » I, 199.
TUMULTUAiRE. Désordonné. « ... Les louanges que vous méritez qui ne sont pas la matière d'une lettre aussi tuinultuaire que celle-là, » I, 730.
TUMVLTUAiRKMENT. En désonlrc, avec précipitation. « Je vous écrivis mercredi dernier, iumuUuairement, à mon ordinaire.. . » I, 160.
TURC A MORE (de). Prov. c( Il en a fait un éclat comme de Turc à More. » I, 592.
URBAIN. Lrbamis ; poli, « Mais, grâces aux Muses, il en est bien désabusé, et le trouve le plus galant et le plus urbain de la moderne Italie. >-> I, 250.
URBANITÉ. « Je lui trouve ce don d'urbanité que Cicéron
alTectoit... » I, 512.
USTENSILE. Fém. « Des cbeveux, des lettres, un portrait et
autres pareilles ustanci/les cVamouv... » I, 503.
VANTEUR. Vantard. « Et qui, en ce cas, meferoient passer pour une cervelle légère ou pour un çanteur impertinent. » II, 299.
VEINE. Fig. « Et de ne pas laisser tarir une t'ei/ie qui coule si doucement... » I, 673.
VELLicATiON. VelUcatio ; action de pincer; au lig. taquinerie. « Après ces vellications réciprotjues... » II, 81.
VENDEUR de mithridate. Charlatan. « Qui sait s'il ne vous préviendra pas dans le dessein de berner le vendeur de mithridate? » II, 233.
VENDEUR de fumée. Charlatan. « Je serois un vendeur de
fumée si je vous en laissois imaginer quelque chose de plus. » II, 315 .
vEXDiQURR. Revendiquer, réclamer. « Le fils dé Casaubon en vendique les plus raisonnables, comme volées à son père sans l'avoir allégué. . . » II, 373.
VENTEUX. « Tant l'air est nuageux, pluvieux et venteux. »
vÉxusTÉ. f^enustas. « ... L'emportent autant sur lui en la vénustê ou, pour mieux dire, en l'agrément, que nos délicats courtisans l'emportent sur les savans de l'université. » I, 365. — « L'agrément et la vénuslé, pardonnez-moi ce mot, paroissent en ces productions. . . »
II, 1 i8. — « J'y trouve cette vcnust'' que notre ami Balzac a introduit (.sir) en notre langue. . . » II, 704.
VIANDE. Prov. « Je ne crois pas les Origines italiennes de
M*" Ménage viande prête. » II, 147.
VIF AiîGENT. Au fig. « C'cst uu liommc quc jc caresse et que
je fuis, suivant ma méthode d'agir avec ces tètes de vif
argent. » I, 431.
viiiEii. « Enfin j'ai tant tourné et viré que j'ai trouvé moven
d'envover votre paquet à Rome. . . » I, 383.
voiTURiN. Italien, vetturi/io, voiture etvoiturier. « Quelque façon ([ue fasse le Rhône pour servir de voitarin jusqu'en Provence. . . » I, 723.
VOLÉE. Au fig. Mérite, talent. « Les éloquens de sa volée sont ceux qui mènent les autres et non pas qui se laissent mener. « I, 230.
YEUX. Prov. « Carde vous en charger pour .s'e.y beau.r yeu.r, c'est ce que je ne crois pas que vous deviez. » II, 365. — Au (ig. « JNous sommes dans les embarras jusqu'du.v i/cu.v par la mort du duc de Weimar. » I, 475.