‹ Lexique de la langue de Molière comparée à celle des écrivains de son temps (volume 2)Chapitre 171 sur 596 · EMBARRASSÉ — EMBÉGUINER · texte numérisé non relu

EMBARRASSÉ — EMBÉGUINER

SlUicon, $mbarra$Mé de tant de Barbares, les bat, les ménage, s^entend et rompt avec eiUL - Bossubt, HUt. univ,, m-4% 1681, p. 19 3.

L^Empereur, jaloux de leur gloire (de Narsès et de Bélûaire), . . . les embarra$$mt toujours plus qu*il ne leur donnoit d'assistance.

Id., ibid,, p. i3i; - Cf. lo., ihid., p. /I9, 71, 96, i&5, 169, âSs; - HiiL des Var., 9 in-4% 1688; I, p. 66; - Avert. auxProteaU, ivt-h*, 1689-1691; V, S 59, p. kkOy etc.

Ce qu'on appelle un fâcheux est celui qui, sans faire à quclqu*un un fort grand tort, ne laisse pas de Vmibarraner beaucoup. ~ La Bbut., I, 7a.

Embarrassi^, indécis, gêné.

Madame, je suis le plus embarrassé homme du monde, lorsquil m^ « faut dédier un livre. - À Madame y en tête de FEc. des Fem.

Cette tête-là est plus embarrassée que la mienne.

Am.magmf.y\,i.

U parut le moins embarratêé de la compagnie. - La Roghbp. , II , 1 58.

Embarrassa \ « . • , occupé à . . •

U est là, embarrassé à expédier quelques malades. - Pourc^ I, 5.

L^Empereur n^étoit guère en état de faire exécuter ce décret, étant lui-méc^^ assez emharroëêé à se défendre contre le Turc. - Rac, Y, 5o : MédailUt.

EmbÉGUINER, au propre ^ coiffer d'un béguin; au figuré y coiffe i*» engouer.

Vous avez bien opéré, avec ce beau Monsieur le Comte dont vous vous êtes embégutné. - Bourg. gerU., III, 3.

Est-il possible que vous serez toujours embéguiné de vos apothicaires et de vos médecins? - Mal. imag.y III, 3.

L^intention de M. de S** Marthe estant de sçavoir naïvement le succez de ceste cause (des Jésuites) et par quel moyen il (Pasquier) en a voit esté embegmné, po^^ que ce fust M. Béguin qui la luy pratiqua (procura), je pense que ledictS' ae S** Marthe avoil hien peine de tenir le rire à ia lecture des légendes couchées C)' dessus. - Le P. Garassb, Rech. des Rech. de M* Est, Pasquier, i6q9, p. 1 89-19^*

Les petits marmouzets qui sont encore au commencement des barreaux àe^* Chambre dorée du Parlement. . ., sont cocflcz et embeguinez de bonnets à la vieille gauloise, qui semblent plustost un groûin de cochon que le rond dVn bourlet.

Id., ibid., p. ao5.

Avei-vous jamais veu les vieilles fenestrcs de quelques anciens chasteaox »» France, où les vitres portent une trouppe de renards embeguinez de capuchons, *^^ des patenostres dans les pâtes, qui preschent à des poules?

Id., D(/clr. cur., i6aâ, p. ioo3.

EMBELUR 177

Je l*aYois avertie de ne se point iaîdser embéguiner par ces iadai8e84à.

SoBBL, Franeion, H.

«L^alembîc qai couYitût sa teste emb^;uMêe le faisoit parestre un grotesque de peintre. 7) - Id., Poh/andr«, i6â8; II , iSa.

La pauvre Reine, embeguinêe Des rares qualitei à^JEnée . . .

Sur luy, de grabat à grabat , Décoche quantité d^cnllades.

ScARROif, Virg. trav., Paris, David, 1705; I, p. 9*3.

Et pnis d*un voile sur le nei, Etans tous bien emb^iwnez, . . , Nous dîmes quelques oremus.

lD.,t6M2.,p. a/l6;-Gf. t6ûl.;I,p. 998,301, 390-3ai, 354 ;II, aaA.

Qu*on s^arme ! Qu*on s*encuirasse ! . . . On s^arme donc à la hâte, On s^embéguinê, on se bâte. . ., On reprend de vieux épieux.

Bi^BBiTP, Lueain trav,, 1666, p. iio>iii.

Cette grand^mere surannée

Leva sa teste embéguinée

Gomme on fait faire aux godenots

Pour donner naxarde aux magots,

G*est4-dire jusqu^à Tépaule. - Richer, Ovide bouffim, 1669, p. i5i.

De ce rets fut emheguinée

La couchette où nos amoureux

Avoient déjà joué leurs jeux. - Id. , ibid, , p. â 1 3.

Elle avoit de sœurs une paire, Ghacune d^ellc embeguinée Du caprice de leiu* dnée.

Id., ibid,, p. 38o; - Gf. Id., ibid,, p. 65, 996, An.

Les traitant (les religieuses) de folles , d^embéguinéea ... - Rag. , IV, 39 1 : Port-Roy,

D*un crêpe noir Hécube embeguinée

Lamente, pleure et grimace toujours. - Id. , Sonnet sur La Troade de Pradon.

: Le béguin était-il un bonnet qui tirait son nom de la coiffure des béguine», religieuses », fondées par Begga, sœur de sainte Gertnide, ou qui leur avait donné leur nom? Le béguyne, féminin, se trouve dans Palsgrave, et béguin, masculin, dans tous les dictiones depuis Rob. Estienne (i539), avec le sens de «r bonnet d^enfantj). En gascon, begui é employé par Goudouli. Â-t-il emprunté ou donné le mot à la langue française ?

>e béguin, vient embéguiner, qui s^employa d'abord au propre, dans le sens de coiffer i bonnet d^enfant, puis au figuré dans le sens de tr persuader avec cajolierie, qui se dit ^tenant de toute sorte de gens, mais qui, au commencement ne s'entcndoit que des i qui se laissoient porter à prendre le 6«g^m, c*est-à-dire à se faire religieuses». ~ Gaseri. Diction, étym, de Ménage (complété), 9 in-fol., 1750.

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