ENNUI
Simple, ne vois-tu pas que c'est ton avantage Qu'à sa perfection je daigne rendre hommage , Et que ma passion ennobUt ton amour. . .
— Je me passerois bien de VennoblUêemerU, - Th. Gorr. , Amour à la mode , 111 , i .
Vous pourriez bien alors, Monsieur, être pendu.
— MarautI — Je vous entends; il seroit plus honnête,
Pour vous mieux ennoblir, qu'on vous coupât la tête. - Id., D. Juan, m, 7.
L'Egypte n'oublioit rien pour polir l'esprit, ennohlir le cœur, et fortifier le corps.
B088DIT, Hitt, unw., in-4% 1681, p. AGi.
3^ On a toujours dit anoblir ou ennoblir indifféremment, qu'il s'agit de conférer la noblesse ou de rendre illustre; les deux formes avaient la même prononciation : «L'e se prononce comme un a, et la première n ne se prononce point dans ces mots : ennoblir, hmmir, car on dit anoblir, hanirit (Billbcocq, Riglei de la prênonc, Jranç, , 1711, p. 76). Quant à la puérile différence du sens, elle remonte à Tannée 1673.
Cette année, l'Académie française ayant eu l'intention de publier des Obtervationt iouduint l'orthographe, les cahiers rédige par Mézeray furent soumis à plusieurs académiciens, qui y joignirent leurs remarques. M. Marty-Laveaux a publié ces textes curieux (Paris, Gay, i863); nous en détachons le passage suivant :
trEn marge d'un passage où l'on examine quelles sont les consonnes qu'il faut doubler, Bossuet écrit : «r . . . Annoblir ou anobUr, ou bien est-ce ennoblir, comme quelques-uns l'écrivent, mal à mon avis, et contre l'analogie?»
Au-dessous, Pellisson ajoute : «Bon pour toute la remarque». . .
On trouve im peu plus loin, dans le texte de Mézeray, la règle suivante : «Généralement parlant, quand iiycraunaouune devant Vn, elle est simple; exceptez. . . ennuy, ennobUr (illustrer).}»
Voici les notes que la dernière partie de cette remarque a provoquées :
9 Ennoblir, j'en doute» (Tallimatt). — «Je doute d'ennoWir» (Sigrais). — «On escrit amtobUr. U a esté décidé dans la Compagnie qu'ano6/tr est rendre noble , et ennoblir rendre illustre» (Doujat). — «Je doute un peu d* ennoblir, mais je me rends à l'autorité de la Compaignie si elle le décide» (Bossuit). — «J'appelle ad majut coneiUum sur la distinction prétendue d'anoblir et ennoblir. Je croy le dermer mauvais» (Pillisson ).
«Par malheur, ajoute M. Marty-Laveaux, Pellisson ne donna pas suite à cet appel, ou bien il ne fut pas accueilli favorablement, car la dernière édition des Remarques maintient cette distinction, à coup sûr fort arbitraire et très peu fondée.»
Enndi, chagrin violent.
567 Adieu, je sens mon cœur qui se gonfle d'ennui,
Et m'en vais tout mon soûl pleurer avecque lui. -- UEt., II, 3.
1 i3o De quelque grand ennui qu'il puisse être agite,
Il en aura toujours moins qu'il n'a mérité. - D. Gare. , IV, 1 .
171/1 Quels maux peuvent, 6 Ciell égaler mes ennuis!
Ec, des Fem,, V, 8.
i5i6 II se met au-dessus de ces sortes d'aflaires,
Et n'a garde de prendre aucune ombre d'ennui
De tout ce qui n'est pas pour dépendre de lui. — Fem, sav,, V, 1.
1709 Achevons notre alïaire, et quittez votre ennui. - Ibid., V, 4.