ÉTONNER
Aux ennemis de la Couronne. . .
n fit bien voir en sa personne Qu^un cœur qui jamais ne s'étonne Peut bien les autres donner.
ScÂRBON, Œuvr,, Paris, 1700; I, p. 19.
Le voilà déterminé.
Il descend sur le froid rivage, Voit THellespont remply d*orage, £t n*en est (?) point étonné,
Id., D«m, Œuv., 1700, p. 967: Léandre et Héro; - Cf. Id., Virg, trav., 1706; I, p. 10a.
Au premier bruit des chamades.
Fanfares, tambourinades.
Tout le bourgeois étonné, De crainte d^estre échiné.
Et de mourir en pagnote, Saute du lit dans la crotte.
Br£bbdf, LuetUn trav,, 16 56, p. sic; - Cf. Id., ibid., p. lia.
Fuyons. — Tu fuis, trompeur I ma colère Vétonne; Va, tu n*y perdras rien; je te la garde bonne.
QoiHACLT, Amant indiscret, i65â ; IV, 19.
Cet accident qpi survint ensuite de tant d'autres, leur fut comme un accablement; le courage de ce pauvre amant s'ébranla. . ., en voyant sa maistresse ettonnée.
S16BAIS, Nouv, franc,, i656; k* Nouv., p. laS.
Quelque effort que Montafilant fît pour animer le peu de gens qui estoient en son navire, il les trouva si étonnez de la présence de leurs ennemis. . ., qu'il ne leur put inspirer sa généreuse résolution. - Id., ibid,, ibid,, p. i3o.
Quoy que du haut de ses remparts il se vist environné de plus de trois cens mille hommes de pied et de soixante mille chevaux . . . , son grand cœur n'en (iit point eetonné, - M^^* di ScuDéav, Mathilde, 1 667, p. 386; - Cf. Id. , ibid,, p. &i 9 et kgZ-fi^k,
5o6 Mon génie ^tonn^ tremble devant le sien. - Rac, Britann., II, 9.
t&9 Au seul bruit répandu de sa marche étonnante, , ,
Dbspb., Lutrin, IV; - Cf. V, vers 80, 917.
199 Pour moi qui suis plus simple et que l'Enfer étonne, . . - Id., Sat. I.
99 Des horreurs de l'Enfer vainement étonné, , , ~ Id., ÉpU, XII.
Madame, voyez-vous, le qui-pro-quo vbl étonne; Pour jouer un tel rôle, il y va trop du mien.
MoiiTFLBUBT, Coméd, poète, II, 3.
Cîell — n est englouti; je cours me rendre hermite.
L'exemple est étonnant pour tous les scélérats. - Th. Cobh., D, Juan, V, A.
Mon Dieu, pourquoi vois-je devant moi ce visage dont vous étonnez les réprouvés?
Bossnrr, 1"^ eermon pour le Vendredi Saint.
Tibère meurt. Caligula, son petit-neveu, son fils par adoption , et son successeur, étonne l'Univers par sa folie cruelle et brutale. - Id., Hiet, univ,, in-â% 1681, p. 97.
Le monde étonné des exploits du Roy confesse qu'il n'appartenoit qu'à luy seul de donner des bornes à ses conseils.
Id., ibid,, p. 5i6; - Cf. Id., ibid,, p. 67, 483, etc.
Étouffer, aufguré.
io56 Et mes prétentions hautement étouffées
A vos vœux triomphants sont d'illustres trophées.
D. Gare, 111,11.
167 Mais allez là-dedans étouffer des soupirs. ~ Ibid», IV, U.
583 Et que si quelque chose étouffe mes poursuites. C'est le juste respect que j'ai pour vos mérites.
Éc. des Mar., II, 6.
767 II faut que de ses yeux elle étouffe les coups.
Éc. des Fem.y m, 9 : Max. du Maria^,
903 Et n'est-ce pas sans doute un crime punissable. . . D'avoir dans l'ignorance et la stupidité Voulu de cet esprit étouffer la clarté? - Ibid., El, i.
Et la peur d^étre ingrate étouffe voire deuil. - Coati., Totton d^or, I, 1.
Etouffez un bruit sourd qui commence de naître.
Th. Gobr., Amour à la mode. II, h,
II n*en pouvoit plus, tant sa douleur étouffée le pressoit cruellement.
Sborais, Nouv. franc., i656; i'* iVonv.^p. isS; - Cf. Id., ibid., t6ûf., p. iSa.
Ceux mii Tavoient retiré de Teau Tavoient pris avec tant de violence qu*ils avoient achevé d*e$touffer le peu de force qui restoit en luy.
Id., ibid,; 9* Nouv., p. 601.
1080 Us m'ôtent la parole et m* étouffent la voix. - Ric, Phèdre, IV, 9.
Je vois, pour étouffer mes ardeurs indiscrètes, Et le peu que je suis, et tout ce que vous êtes.
MoiiTFLBDBT, Coméd. poète , IV, 3.
Le respect lui fait étouffer ses soupirs. - Bàbon , Coquette, III, â.
Elle étouffe sans doute son ressentiment. - Id., Hom. à b.fort., III, 1.
En faisant le philosophe, il (l'homme) est sourd à la voix de la Nature, et il étouffe sa conscience.
BossuBT, Avert. aux Protest., in-A% 1689-1691 ; II, S 9, p. 118; - Cf. Id., Conf, avec M. Qaude, in-ia, 1689, p. 985-986: Réflex.; - Hiet. des Var., 9 in-A% 1688; I, p. 983.
Je vous prie. Monsieur Pierrot, d^ étouffer un peu vos hoquets de tendresse.
Rbgrard, CoquetJte, I, is.
Datks le sens propre :
Je vous étoufferois, pensant vous embrasser. - Chevbbau, Avocat dupé, III. 3. 890 Ils s^étouffent, Attale, en voulant s^embrasser. - Rac, Théb., III, 1. t3i/^ J'embrasse mon rival, mais c'est pour V étouffer. - Id., Britann., IV, 3.
Etre (L'), substantif.
198& La source de mon sang et Tauteur de mon être, - VÉt», V, 9.
Si la fin nous peut émouvoir par son être réel, ou par son être intentionnel. - Mar, forcé j se. 4.
Après ravoir enquis de son ettre et de sa qualité , il luy demande Toccasion de sa tmlesse.
D'UaFé, L'Attréê, 1616; I, p. 383'; - Cf. Id., ibid.; I, p. 4oo^ et 4oi'.
Les choses que nous voyons et . . . touchons ne sont pas au nombre de celles qui ont être, parce qu^elles finissent à chaque moment. - Mâlh., Il, p. A 7 3.
On m'a dit de quel sang vous avez reçu Yétre,
Poisson, Coméd, iam titré, V, 9.
Dieu est-il en nous? — U est en nous, et c'est luy qui continuellement nous donne fettre et la vie. - Bossckt, Catéch. de Meaux, in-ia, 1687, p. 78 (78 bia).
Dieu. . • fait miséricorde aux damnez en leur donnant l'ntre, qui leur est plus utile et plus désirable que le non-€ttre,
Id., HUt, det Var,, 9 in-4% 1688; II, p. 980.
Triomphez en particulier, t Sociniens, qui osez dire qu'il arrive k Vutre de Dieu quelque chose de nouveau.
Id. , Avert, aux Protett. , in-/i^ 1 689-1 69 1 ; I , S 1 1 , p. 9 ; - Cf. Id. , Hiit, univ. , in-A*, 1681, p. 160, 169, 190, 980; - Conjér, avec M. Claude, in-19, 1689; p. 19 de V Avert,; - Catéch, de Meaux, in-19, 1687, P* ^^^« ^^^ « -Avert. aux Proteet, , inrh*, 1689-1691; I,S 9, p. i5-i6; VP, S i3,p. 486-
IItBE : SYNONYME OU EQUIVOQUE \ L EGARD DE L ÊTRE.
* Voir Synonyme ou équivoque à l'égard de l'être.
Ître, verbe; divers sens, i"* Rester, demeurer.
Combien fàmes-nous ensemble à Rome? — Huit ans.
Mar. forci, se. 1.
1089 Soyez avec Madame. . . - Misanth,, III, 4.
Je/iM tousjours avec cette femme aussi pernicieuse que moy, et j^y^tif autant de temps qu'Û m'en falioit pour te tourmenter.
Seobais, Nouv, franc,, i656; 5* Nouv., p. 19&.
Je ne euis qu'un moment et reviens sur mes pas. - Babon, Le Jaloux, III, 7.
Ennuyé d^étre sans rien faire. - Ràg. , Notei hietor,
2** Etre a . . . , être occupé à . . . 918 Nous sommes à piquer de chiennes de mazettes. - Sgan,, se. 7.
Tu ne veux jamais biaiser Pour un procez élemiier,
ScABBON, CEttor.^ Paris, David, 1700, I, 109.
Ces deux Messieurs de qui je parle . . .
Se vantent partout hautement. . .
D^étemiier si bien Taffaire. . . - Id. , ibid. , I, p. 166.
id3 Quoy qu*ii en soit, Pastrologie N'ayant pas assez d'énergie Pour éterniser notre sort.
Le susdit sieur Morin est mort. - Lobbt, Muze hUtor,, 11 nov. 1606.
3o (Belione) se flattoit d*étermier les guerres. - Rac, IV, 86 : Pùét, div.
Ne pouvant éterniser leur vie, il n'y avoit rien qu'ils ne fissent pour éterniser leur réputation. - Là Rochif., I, 919.
3|e Eterniser, qui ne figure pas dans les dictionnaires de Palsgrave (i53i) ou de Bob. Estienne (iBBg et iSAg), figure dans le Nicot de 1673, etc.
Etoffe, matière.
Nous taillons, comme il nous plalt, sur Yétoffe où nous travaillons.
Méd. maigri lui, III, 1.
55 Et tout esprit n'est pas composé d'une étoffe
Qui se trouve taillée à faire un philosophe. - Fem. sav. , 1 , 1 .
L'estre joyeux et rieur est fort bon pour un plaisant et pour une personne de telle estoffe. - D'IJaré, UAslrée, 161 /i ; I, p. 938*.
Je me ressouviens d'une invention de pareille estoffe.
Le P. Garasse, Rech. des Rech, de hP Est. Pasquier, 1699, p. Sh*j.
Dieu soit beny, que nous ayons descouvert de quelle estoffe est basty Maistre Pasquier, car, à son dire, il faut qu'il soit composé d'ambre, puisqu'il lève la paille. - Id., ibid,, p. 968.
Tout cela n'est rien en parangon (en comparaison) de Maistre Pasquier, qui se vante d'estre d'une estoffe plus excellente que ces Messieurs qui sont bastis de fer et de vapeur. - Id., ibid,, p. 968; ~ Cf. Id. , ibid,, p. i65.
Le brave orateur Mamertin, louant publiquement Julian, l'Empereur apostat, quoy qu'il fust mal-heureux en son estoffe, rencontra fort heureusement en la forme.
Id., Doctr, cur., 163/i, p. ^99; - Cf. Id., ibid., p. 70.
Elle luy présenta une petite image de paste musquée, avec un chapellet de pareille estoffe, merveilleusement ouvré.
Ghapblain, Trad. de Guzm. d'Aîfar., i63o; III, p. 978.
Je songe qu'il y a une maison destinée pour ceux de nostre étoffe.
Comte DE Cramail, Coméd. de la Coméd,, III, 1.
Les saltimbanques d'Italie, les faiseurs de saults périlleux, les Zanis, les Pantalons, et autres gens de cette étoffe, sont des acteurs proportionnez à la capacité du peuple.
La Misrardiâbb, Poétique, in-/i% i6ko : Disc, prélim. , signât. R, î, ij.
Un certain Comte de légère étoffe envoya un gentilhomme de sa part chés une Comtesse de haute extraction.
D'OuYiLLB, Conte», 16/16, édit. Jouaust, i883; II, p. 3i3.
S^il nous donnoit à composer en prose, nous nous aidions tout de mesme de quelques livres de pareille e»toffe, dont nous tirions toutes sortes de pièces pour en ndre une capilotade à la pedantesque. - Sorel, Francion, liv. IV.
Les paysans, et autres personnes de basse ettoffe, . . - Id., Polyandre, I, p. 673.
J*ay este. . . assez longtemps en suspens si je devois. . . offrir à V. A. une chose de si basse atoffe que cette mienne traduction.
Nàth. Dubz, DSdic. du Janua linguar., elxév. 1666.
Dis-en la vérité. — Respecte un philosophe. — Pourquoi le respecter, s^il est de ton étoffe?
Gilet db là TissoiiintRiB, Deeniaué, IV, 5.
Ahl ma chère, à quoy avez-vous passé le jour? Ahl ma chère, Bastonneau tout pur. C^est un terme de Précieuse, pour dire acheter des étoffée,
ScARRoif, Dem, Œuvr,, 1700; I, p. 56.
169 Tous les mots en étoient.chàrmans.
Et, certes, jamais complimens De si belle et si rare étoffe ' N^avoicnt loué de philosophe. - Lorbt, Muze hittor., 93 novembre i659.
107 Mais ce que, dans le temps présent, J'ay trouvé tout à fait plaizant, C^est qu'on m*a dit qu un philozofe (Ou soy-disant de cette étofe) Qui se pique d'être latin.
Et d'avoir lu Cardan et Lipse, Y vend de Tonguent pour Tédipse. - Id., ibid,, 8 août 166&.
Assez d'autres docteurs, d'une étoffe assez mince. Se seroient contentés du rapport de leurs yeui^.'
' BooBBAULT, 'Méêecink volant, se. 9.
Mais, dis-je donc, Alcithoé, Nonobstant ce pauvre échoué Et sa funeste catastrophe , Ayant l'humeur de mesme étoffe, Ou pour trancher de l'esprit fort.
Dit : nai^gue du Dieu , tout d'abord.
RiCHiR, Ovide bouffon, 166a, p. 38o.
Autour du château (de Richelieu) sont force bustes et force statues, la plupart antiques, comme vous pourriez dire des Jupiters et des Apollons, des Bacchus, des Mercures, et autres gens de pareille étoffe,
La Font., IX, p. 969 : Lettre à eafimme.
Un sot n'a pas assez d'étoffe pour être bon. - La Roghif., I, 178.
La méchante besogne, dit Molière, ne retombe jamais sur le dos des médecins; ils taillent comme il leur plaist sur Yétoffe où ils travaillent.
BczARÇoif, Médec, à la ceneure, 1677, p. 999.
D y a des gens d'une certaine étoffe ou d'un certain caractère avec qui il ne faut jamais se commettre. - La Brut., I, 996.