‹ Lexique de la langue de Molière comparée à celle des écrivains de son temps (volume 2)Chapitre 255 sur 596 · ÉTONNER S · texte numérisé non relu

ÉTONNER S

Aux ennftinîft de la Couronne. . .

Il fit bien voir en sa personne Qu^un cœur qui jamais ne s'étonne Peut bien les autres étonner.

Sgàbbon, CEuvr., Paris, 1700; I, p. 19.

Le voilà déterminé.

Il descend sur le froid rivage, Voit THellespont remply d'orage, Et n^en est (?) point étonné,

Id., Dem, Œuv,, 1700, p. 967: Léandre et Héro; - Cf. Id., Vhrg, trav,, 1706; I, p. loa.

Au premier bruit des chamades, Famares, tambourinades, Tout le bourgeois étonné.

De crainte d'estre échiné, Et de mourir en pagnote, Saute du lit dans la crotte.

Bai^BBcr, Lueain trav., i656, p. 110; - Cf. Id., ibid., p. 11a.

Fuyons. — Tu fuis, trompeur I ma colère Vétonnê; Va, tu n'y perdras rien; je te la garde bonne.

QoiRÀULT, Amant inditcret, i65& ; lY, 19.

Cet accident qui survint ensuite de tant d'autres, leur fut comme un accablement; le courage de ce pauvre amant s'ébranla. . ., en voyant sa maistresse ettonnée,

Sbobais, Nouv, franc,, i656; h* Nouv., p. ia5.

Quelque effort que Montafilant fit pour animer le peu de gens qui estoient en son navire, il les trouva si étonnez de la présence de leurs ennemis. . ., qu'il ne leur put inspirer sa généreuse résolution. - Id., ibid., ibid,, p. i3o.

Quoy que du haut de ses remparts il se vist environné de plus de trois cens mille hommes de pied et de soixante mille chevaux. . ., son grand cœur n'en liit point ettonné, - M'** db Scud^bt, Mathilde, 1 667, p. 386 ; - Cf. Id. , ibid,, p. 6 1 9 et k^'^-ki^h,

5o6 Mon génie ^tonn^ tremble devant le sien. - Rac, Britann,, II, s.

t&9 Au seul bruit répandu de sa marche étonnante . . .

Dbspb., Lutrin, IV; - Cf. V, vers 80, 317.

199 Pour moi qui suis plus simple et que l'Enfer étonne. . . - Id., Sat, I.

99 Des horreurs de l'Enfer vainement étonné, . . - Id., ÉpU. XII.

Madame, voyez-vous, le qui-pro-quo tel étonne; Pour jouer un tel rôle, il y va trop du mien.

MoifTFLBUBT, Coméd, poète, II, 3.

Ciel! — n est englouti; je cours me rendre hermite.

L'exemple est étonnant pour tous les scélérats. - Th. Cobr., D. Juan, V, 6.

Mon Dieu, pourquoi vois-je devant moi ce visage dont vous étonnez les réprouvés 7

BosscBT, i"" sermon pour le Vendredi Saint.

Hbere meurt. Caligula , son petit-neveu , son fils par adoption , et son successeur, étonne l'Univers par sa folie cruelle et brutale. - Id., Hiet, univ,, in-â% 1681, p. 97.

Le monde étonné des exploits du Roy confesse qu'il n'appartenoit qu'à luy seul de donner des homes à ses conseils.

Id., ibid,, p. 5i6; - Cf. Id., ibid,, p. 67, /i83, etc.

Étouffer, au figuré.

io56 Et mes prétentions hautement ^toti^%s

A vos vœux triomphants sont d'illustres trophées.

D. Gare, in,i.

167 Mais allez là-dedans étouffer des soupirs. - Ihii.y IV, &,

583 Et que si quelque chose ilùuffe mes poursuites, C'est le juste respect que j'ai pour vos mérites.

Èc. des Mar,, II, 6.

767 n faut que de ses yeux elle étouffe les coups.

Éc, des Fem.y III, 9 : Max. du Mariage,

969 Et n'est-ce pas sans doute un crime punissable. . • D'avoir dans l'ignorance et la stupidité Voulu de cet esprit étouffer la clarté? - Ibid., III, U.

Et la pear d^étre ingrate étouffe votre deuil. - Corn., ToUon d*or, I, 1.

Etouffez un bruit sourd qui commence de naître.

Th. GoBif., Amour à la mode, IT, h,

n n*en pouvoit plus, tant sa douleur étouffée le pressoit cruellement.

Sborais , Nouv, franc. , 1 656 ; 1 '* Noue, ^ p. 1 s3 ; - Cf. Id., tbid,, ibid,, p. ]3fi.

Ceux qui Tavoient retiré de Teau Tavoient pris avec tant de violence qu'ils avoient achevé à^eitouffer le peu de force qui restoit en luy.

Id., ibid,; a* Nouv,, p. àoi.

1080 Us mutent la parole et m^ étouffent la voix. - Rac, Phèdre, IV, 9.

Je vois, pour étouffer mes ardeurs indiscrètes. Et le peu que je suis, et tout ce que vous êtes.

MoNTFLBDRT, Coméd. poète , IV, 3.

Le respect lui fait étouffer ses soupirs. - Bàbor, Coquette, III, h.

Elle étouffe sans doute son ressentiment. - Id. , Hom, à b, fort, , III , 1 .

En faisant le philosophe, il (rhomme) est sourd à la voix de la Nature, et iL étouffe sa conscience.

Bosafjwt^ Avert, auxProteet., in-&**, 1689-1691; II, S 9, p. 118; - Cf. Id., Conf, avec M, Qaude, in-ia, 1689, p. 985*986: Réfiex,; - HUt, des Var,, 9 in-A*, 1688 ; I, p. 988.

Je vous prie, Monsieur Pierrot, d^ étouffer un peu vos hoquets de tendresse.

Rbgrâbd, Coquette, I, 19.

Dans h sens propre :

Je vous étoufferoie, pensant vous embrasser. - Ghevbbac, Avocat dupé, III, 3. 890 lis s^étouffent, Attale, en voulant s*embrasser. - Rac, Théb,, III, i. t3i& J'embrasse mon rival, mais c'est pour Vétouffer. - Id., Britann., IV, 3.

Être (U), substantif.

1984 La source de mon sang et l'auteur de mon être. - VEt.y V, 9.

Si la fin nous peut émouvoir par son être réel, ou par son être intentionnel. - Mar. forcé, se. 4.

Après I^avoir enquis de son e$trê et de sa qualité, il iuy demande Toccasion de sa tristesse.

DTaFé, L'Astrée, i6i4; I, p. 383'; - Cf. Id., Und.; I, p. Aoo* et 4oi*.

Les choses que nous voyons et. . . touchons ne sont pas au nombre de celles qui ont être, parce qu'elles finissent à chaque moment. - Malb., II, p. 673.

On m'a dit de quel sang vous avez reçu Yétre,

Poisson, Coméd, ian$ titr$, V, 9.

Dieu est-il en nous? — U est en nous, et c'est Iuy qui continuellement nous donne Vestre et la vie. - Bossdbt, Catéeh, de Mêaux, in-ia, 1687, p. 78 (78 6tf),

Dieu. . . fait miséricorde aux damnez en leur donnant Vêttre, qui leur est plus utile et plus désirable que le non-ettre.

Id., HUl des Var., 9 in-4% 1688; II, p. 980.

Triomphez en particulier, à Sociniens, qui osez dire qu'il arrive à l*e$lrê de Dieu quelque chose de nouveau.

Id. , Avert, aux Protett. , in-6% 1 689-1 69 1 ; I , S 1 1 , p. 9 ; - Cf. Id. , Hiti, univ, , in-6*, 1681, p. 160, 109, 190, 980; ~ Conjér, avec M, Claude, in-19, 1689; p. 19 de VAveri,; - Catéeh, de Meaux, in-19, 1687, p. 196, 161 ; -Avert, aiior iVofett. , in-&", 1689-1691; I,S 9, p. i5-i6; W, S i3,p. 486- /187.

Etre : synonyme ou équivoque X l'égard de l'être.

* Voir Synonyme ou équivoque à l'égard de l'être,

Etre, verbe; divers sens.

1° Rester, demeurer.

Combien fûmes-nous ensemble à Rome? — Huit ans.

Mar. forcé, se. 1.

1089 Soyez avec Madame. . . - Mtsanth., III, 4.

Je/iM tousjours avec cette femme aussi pernicieuse que moy, et ]^y Juê autant de temps qu'il m'en falloit pour te tourmenter.

ScGBAis, Nouv. franc,, i656; 5' Nouv,, p. 196.

Je ne iuit qu'im moment et reviens sur mes pas. - Babon, Le Jaloux, III, 7.

Ennuyé d^étre sans rien faire. ~ Rac. , Notet hittor,

2** Etre a . . . , être occupé à . • .

918 Nous sommes à piquer de chiennes de mazettes. - Sgan,, se. 7.

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