‹ Lexique de la langue de Molière comparée à celle des écrivains de son temps (volume 2)Chapitre 268 sur 596 · EXACT · texte numérisé non relu

EXACT

Exact.

107 Mais Trufaldin pour elle

Fait de nuit et de jour exacte sentinelle. - L'Ét.y I, 9.

1 iSa Je veux, pour espion qui soit d'exacte vue,

Prendre le savetier du coin de notre rue. - Éc. des Fem.^ IV, 5.

1/138 Outre qu'aux yeux du monde il faut cacher sa fuite,

Et qu'on en pourra faire une exacte poursuite. . . - Ibid.,y^ 2.

Le Ciel qui vous a souffert jusques ici, ne pourra souffrir du tout cette dernière horreur. — Va, va, le Ciel n'est pas si exact que tu penses. - D. Juan y V, &.

Prends bien garde

Qu'elle soupçonne rien de celte exacte gsude.

Bois-RoBBBT, FoUê Gageure, II, 1.

Car je te croy fidelle , et mon honneur despend

De cette exacte garde et du soin qu'on en prend. - Id. , ibid, , III , 5.

La Déesse le ramena en sa maison, où dq>uis elle Ta retenu un peu de court, et a veillé plus exactement sur sa conduite. - FuHBTiàaB, Rom, bourg,, p. 18a.

Je le crois fort exact.

Quand on a sa parole , elle vaut un contrat.

BouBSAiiLT, Médecin volant, se. 1 9.

Cest (le style de la satyre) une prose habillée en vers. . . D n*y a point de genre d'écrire où il faille estre plus exact, ny où Ton doive moins se licencier. GoTiif, Crit, désintér.; Nouv. Coll. moliér., p. 6d-6/i.

7 Des registres exacte de mise et de recette.

La Fort., II, p. aai: FabL, XII, 7.

99 En confesseur exact il fit conter Thlstoire. - Id., Y, p. 368 : Contée, IV, U,

La diète très exacte qu'ils observent depuis cinq mois. - Rac, VU, 933 : Lettr.

a Dans une exacte et sainte austérité. - Id. , IV, 1 96 : Poée, div.

J'ai une civilité très exacte parmi les femmes. ~ La Rochbp. , I, 11.

Ces nouveaux amis ne sont pas exacts à tenir leur parole. - Id., III, 87.

Esdras mit en ordre les Livres Saints, dont il fit une exacte revision.

BossuBT, Hiêt. univ., in-/i°, 1681, p. 58; - Cf. Id., ibid,, p. 960, 5o5; - Hitt. des Var,, a in-û% 1688; I, p. 76.

Un auteur exact et scrupuleux. - La Bout., I, 608.

* Exact ne se trouve ni dans Roh. Ësticnne (1 539), ni dans Nicot (1673, 1606); en 1606, cependant, Nicot donne exactement, qu'on retrouve seul aussi, dans les édit. de 1618 et de 16a 5. Il paraît pour la première fois dans le Diction, Jranç,-espagn. de Jean Palet, en 160/1, avec le sens de ponctuel (puntiial) et scrupuleux sur le point d'honneur (pundonoroso), Hiérosme Victor, dans son Trésor des trois langues (1606), lui donne le même sens. En 1611, Cotgrave, dans sa partie française, ne le donne pas; mais, dans sa partie anglaise, il traduit exact par ft exact, exquis, précis v, — Voir Exactitude,

296 exactitude

Exactitude.

Vous faites le poëte, et vous devez* • . marquer. . . cette exacdtuii de prononciation qui appuie sur toutes les syllabes, et ne laisse échapper aucune lettre de la plus sévère orthographe. - Impr, de Vers, y se. i.

Vêxa^itudê qa*on y avoit (en Egypte) à garder les petites choses, maintenoit les grandes.

Bosson, EKêt, univ,, in-&^ 1681, p. 665; - Cf. Id., ibid., p. 907, 678; - HkU dn Var., 9 m-6% 1688; I, p. 606.

:|c ttExa^, exactitude. Plusieurs disent exacte au masculin pour exact, et très mil Exacte ne se dit qu*au féminin.

«Pour exactitude, c^est un mot que j'ay veu naistre comme un monstre, contre qocy tout le monde s'escrioit; mais enfin on s'y est apprivoisé, et dez-lors j^en fis ce jugement qui se peut faire de mesme de beaucoup d'autres mots, qu'à cause qu'on en avoit besoin et qu'il étoit conmiode, il ne manqueroit pas de s'établir. D y en a qui disent exaetÎM, mais il est insupportable pour son équivoque (à cause du sens d'extorsion). . . Quelquesuns ont escrit depuis exacteté, qui est sans doute beaucoup moins mauvais qu'exaction; mais comme il n est point connu, et qu'il vient un peu tard après qjaLexactUude a desji le droit d'une longue possession tout acquis, je ne vois pas, quelque authoritë que luy donne la réputation de son autbeur (Balxac, d'après Conrart),. . . et parce qu'u n'y a

Sue luy encore qui en ait usé, je ne crois pas, dis-je, qu'il puisse jamais prendre la place e l'autre. S'il mst venu le premier, peut-estre qu'on î'auroit mieux receu d'abord qa^exactitude, quoyque tous deux ayent des terminaisons qui ne sont pas nouvelles en nostre langue, puisque nous disons eolitude, habitude, incertitude, ingratitude, etc., et netteté, eainteté, honneeleté, . . Mais l'usage, qui est pour exactitude, l'emporte. Aussi ai-je ouy dire que l'Autheur, qui avoit dit exacteté en ses premiers livres, a dit exactitude dans les derniers et s'est comgé.n - Vauoblas, édit. Chassang, I, p. 377-378.

Sur ce passage de Vaugelas, Patni remarque qu'Amyot, au commencement de la Yii de Théeée dans sa traduction de Plutarque, a dit certaineté au lieu de certitude; Tb. Corneille n'admet ni exaction, qui existe, mais avec le sens d'extorsion, ni exacteté, dont Chapelain a cependant trouvé un exemple dans le livre de la Fréquente communion, d'Arnauld : l'usage veut exactitude, — L'Académie française se rallie à Tb. Corneille.

crAujourd'buy, l'on met en crédit exactitude, gratitude et qiMude.i» - Sobbl, Disc, $ur VAcad, franc,, i656.

«Les mots âî! exactitude et de gratitude sont fort en usage. n - Id., Connoie, dee Uvr,, 1671, p. 386.

«Vous savez qp! exactitude, emportement, habileté, plaieanterie. . . sont des termes assez nouveaux.» - La P. BonHonas, Ariste et Eugène, a* édit., 1671, p. 116.

cril (le public) accepte volontiers les mots dont les auteurs ne paroissent point; et il a ainsi accepté exactitude, gratitude, hahUeté, emportement, connoitseur, intrépide, et tant d'autres dont l'origine est obscure. n - Id., Doutée, 1676, p. Sa.

Le plus ancien dictionnaire où figure exactitude Qsi ic Diction. de$ Rimee de 1668, avec eoUicitude, béatitude, certitude, et même décrépitude imprimé en italiques comme tous les mots «rbouriesques, bas ou vieuxn. — On ne le retrouve plus ensmte, jusqu'à Richcict (1680), que dans le Diction, franç.-ital, de Nath. Ducz (1671), dans le Diction, franc.lat, de Pomey, en 1676, et de Gaudin (1677), ^^'^ ^^^^ ^^ Diction, franc. -ital. imprimé en Suisse, au château de Duiliier, en 1677.

Furetière (1690) donne comme exemple de l'emploi du mot : trOn a appelé l'Académie françoise V Académie de l'exactitude, n

EXAGÉRATEUR — EXCITER À... 297

EXAGÉRATEUR.

Cest un homme • . . point du tout exagérateur incommode.

Am. magnif.y II, 9.

Je ne suis point exagérateur,

BàLXAG, in-fol., ]665; II, p. 177 : Arûtippe, ou de la Cour,

* Bichelet (1680) donne exagération; Furetière (1690), exaggératif, exaggération , exaggérer; mais exaggéraUur parait, pour la première fois, dans la première édition de TAcsdémie française (1 696) et, dès la seconde (1718), devient exagérateur.

Excellent : le plus excellent, au superlatif.

Paurois voulu faire voir. . . que les plus excellentes choses sont sujettes à être copiées par de mauvais singes. - Préc, rid. , Préf.

97 D n*e8t dans tous les arts secret plue excellent

Que d*y voir sa portée et choisir son tdent. - Goiur., X, p. 177 : Poée, div,

CTest mentir à la face du soleil que de parler de cette sorte, à moins de vouloir compter parmi leê plue excellene hommes de TE^lise les Ariens et les demi- Ariens, qui seub se sont opposex au consuhstantiel.

BossDJBT, Avert, aux Protett,, m-à\ 1689-1691; VP, S 108, p. 781.

Qui peut, avec. . . le plue excellent mérite , n'être pas convaincu de son inutilité? -La Bbdt., I, i5i.

N*y épai^mex rien, grande Reine; employex-y Tor et tout Tart dêe plue exceUente oavriers. -1©., 1, p. 371.

^ Nos anciens grammairiens ne considéraient pas excellent comme étant, par luimême, un superiatif et n admettant aucun degré de comparaison. Uabbé Régnier des Marais, secrétaire perpétuel de T Académie française, qui punlia, par ordre de T Académie, une Grammaire française, dit, par exemple : «Lorsque pour louer Texcellence d'un vin, on dit que : c'est le vin des vms, c'est comme si on disoit : c'est le plue excellent des vin8.11 - Rbohub Dbsmabais, Gram, franc., 1706, p. 187.

L'Académie française, au mot excellent, ne donne aucun exemple ni du comparatif, ni du superiatif; mais sa définition, dans la dernière édition de son Diction, (1878), exclut toute idée de comparaison : 9 excellent, qui excelle; qui a le plus haut degré ou un très haat degré de bonté, de perfection n.

Exciter à . . . , exciter dans . . .

1679 Et dans cette douleur que Tamitié irCexcitey

Je m'accuse pour vous de mon peu de mérite. - D. Garc.^S^ A.

t Corneille a employé exciter à, mais dans le sens ^l exciter contre :

989 Que ce jeune Monarque, immolé de ta main. Te rende abominable à tout le genre humain ; Qu'il t'excite partout des haines immortelles. - Gobn. , Perth, , lll , 3.

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