‹ Lexique de la langue de Molière comparée à celle des écrivains de son temps (volume 2)Chapitre 285 sur 596 · FAGOTER SIS · texte numérisé non relu

FAGOTER SIS

mmercc habituel, et qui comprennent la langue de la maison. Or, dam la langue de la lison, on appelait /ig'oto des personnages muets placés au fond de la scène et qui étaient que de simples mannequins vêtus; comme, dans Targot du bagne, un /igot était I (brçat Nous pensons qu'il n*y a pas à chercher, dans la phrase de Molière, autre chose le ce qu^il y a; %anarelle, fagoteux, a dit : tr II y B/agoU eifagoUn^ comme il aurait t, cordonnier : tril y a souliers et souliers».

N*est-ce point abuser du loinr d*une dame de votre qualité, que de vous conter de Usi»fagoUf Car il y BfagoU eifagoU. - Sér., IV, p. 3oo; ao décembre 1675.

(Test dans le sens indiqué par M. Ed. Thierry comme appartenant au jargon du théâtre, e Montfleury, Devisé et Poisson ont dit :

Fagd emmailloté de gucnillons sans nombre.

MoaTTLiuBT, Ée, dn Jaioux, II, 6.

Notre illustre acteur (Molière) cxcelloit dans Tart de bien faire jouer la comédie. Est-il quelqu*un qui n*en demeure dVcord , après avoir veu de quelle manière il faisoit jouer jusques aux enfants 7 On voit par là que ce n^est pas sans raison qu*il disoit qu*i] fcroit jouer jusques à àes/agoU» DesfasmU acteurs 1 àenfagou! Ouy, Messieurs, desfagou, et il en est à la Comédie, qui auroient besoin de luy pour les rendre plus utiles quUls ne sont.

Devise, Or.fun. de Mol; Nouv. Coll. moUér., p. 38.

Et s'il faut six acteurs sur la scène , comment . . .

— Lors il faut habiller des ^got« proprement. . •

— Quoy I desfagou acteurs I — Et des acteurs utiles, Car, comme \esfagoU sont communs dans les villes. S'il fait froid, et s^il gèle, ont-ils joué leur jeu,

Pour vous chauffer d^drard, zeste, un acteur au feo. Les troupes de campagne ont cela d^ordinaire. Sans les BcieixnfagoU que pourroient-elles faire? Joint qvi'vai fagot men mis, aux yeux du spectateur, Piait et touche bien plus qu'un médiocre acteur.

— Deux acteurs joueroient donc toute une comédie

Avecque des fagots f — Oui-dà. — Quelle folie ! - Poisson, Mf« Baique, se. 9.

Ni Richelet, ni Furetière n'ont relevé ce nom de fagot donné, en argot de théâtre, à } mannequins habillés tenant l'emploi des comparses.

\GOTKR.

19 55 Vous soilh fagoté d'une plaisante sorte. - L'£(., IV, 1. Qui vous ^fagoté comme cela? - Bourg, gent.^ V, 1.

Lors, entrant en l'estude, trouvèrent ce vénérable assis en une chaise de bois, cmmaillotté etyà^o/te' dans une grosse robe fourrée.

N. DU FiiL, Contei et dise, d'Eutrapel, édit. Jouaust; I, p. 5.

917 Femme qui se peut taire

A sur moi tel pouvoir et tel droit de me plaire ,

Qu'cût-ellc en vrai magot tout le corps fagoté,

Je lui voudrois donner le prix de la beauté. - Corn., Ment,, I, A.

Sli FAIBLE — FAILLIR À

Accablé de paresse et de melancbotie,

Je resve dans un lit où je mns fagoté

Gomme un lièvre sans os qui gist dans un pastë.

I SiiBT-ÂMAiiT, Œuvr., biU. elzév., I, p. s43.

Fagott^ plaisamment, comme un vray Sîmonnet,

Pieîd chaussé, Tautre nud, main au nez, Tautre en poche,

Parpente un vieux grenier, portant sur ma caboche

Un coffin de HoHande, en guise de bonnet. ~ Id., iffid., I, p. 188.

Je suis un Dieu bien fagoité.

Le beau Phœbus à tresse blonde.

Dassouct, Ovide en belle humeur^ i65o, p. io3.

Eùt-elle en vrai magot tout le corps fagoté,

N*importe, sa laideur serait ma sûreté. - Gipistbor, JàUmx détahuêé, V, 1.

Je viens de Tarmée. — Vous venez de l'armée? Vous voilà plaisamment /agrotte', avec votre habit noir. - RaeRAiD , FUleê en,, I, 10.

♦ Fagoter ne paraît pas dans le Dictionnaire de Rob. Estienne (iSSg, iSâg); maison le trouve dans celui de Nicot, en 1673 : fx Fagoter, c*est mettre et lier par fagots, ^uen fti/scots, fasdculi.» Ce sens propre est le seul cité dans Nicot (1606, 1618). En i6to, Monet donne le sens figuré : fHDxH fagoté, mal ageancé, tncomponticf 9 , qu'on entrevoil dans Gotgrave (1611, i639, i65o), etc.

On employait, au figuré, fagoter dans le sens de (rfiBÔre à la diables».

r&yfaftotté, pour cet effet,

Une ode, quoy que telle quelle. - Scâbboii, Œuvr,, 1700; I, p. aoa.

n sefagottê une gloire. . . - BaéBBUF, Lucam trav,, i6ô6, p. 90.

Vos coups démontent leurs horloges.

Et desconcertent les doges Qu'ils oni fagotiez par Follet , Qui change en absmthe le laict.

Lb p. Gabhbau, La Stimmimachie, 16. 56, p. 91.

Faible, faiblesse.

:(c \ oÎT Foible^fnbleise.

Faillir , manquer, au propre et au Jiguré.

4o2 Le cœur me faut. - Éc. des Fem.^ II, 2.

Mon père, je sçay que }Qfaux de ce costé-là. - Labbivit, Le< Eêprite, IV, 9.

Nous ne serons plus guère ici. Je faux de dire tr guère», parce que toutes le$ heures me seront des années. - Malh., IV, p. 179.

Faillir à . . . , manquer à . . .

n ne manquera pas d'y faillir. — Bourg, gent.y 111, 3.

:tc C'est une de ces phrases proverbiales familières à la bourgooisc M*"* Jourdain. Furetière : «r On dit ironiquement : Je ne manquerai pat d'y faillir, pour dire : Je ne ferai rien de ce que voue détirez.n

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