‹ Lexique de la langue de Molière comparée à celle des écrivains de son temps (volume 2)Chapitre 314 sur 596 · FAUX · texte numérisé non relu

FAUX

i6o6. — nFaudetêuil, m. acut. est une espèce de chaire à dossier et à accouidoirs, ayant le siège de sangles contrelassées, couvertes de telle estofle qu*on veut, laquelle se plie poor plus commodément la porter dW lieu à autre, et est chaire de parade, laquelle on tenoit anciennement auprès aun iict de parade. Le mot (nom) luy peut estre donné de ce- \wf<jfaùldê, qui signine gtron, dont le Languedoc use encx)re , . . . parce que telles chaires , qui «Mtoient de bas siège et creux , avoicnt le siège mal aisé et un peu creux en forme de giron.' Au grand Cérémonial de TEçlise, il est latinisé par faldiitorium , et prins pour la chaire de respect et d^honneur où le Cardinal qui celeLre la Messe se repose aux intervalles qui luy permettent de se retirer de Tautel, et est baillé pour accouldou* à TEmpereur estant en T^ise Saint-Pierre pour faire son oraison : mais est sans dossier et sahs accouidoirs et toute rase, et en cela différente du fauldeteuU qui a esté cy dessus descrit. Et selon ladite dérivation defaulde pour gremium peut estre cette chaire sans accouidoirs et sans dossier. . . L'italien ait faldiêtoro.n - Nicot, 1606.

i6o6. — vFaudeteul, ital. Seggio, trono reale; esp. Cadrega, silla real.» - Hibbosmb Vicroi;- Cf. Id., 161 A, 1687, 166A.

1611. — ttFaudeteuil : a low, large and easie soulding chaire, having both a backe and eibowes.» - Coroaiva; - Cf. Id., i639, i65o.

1618. — fnFaudeteul, Koninclijken zit-stoel.T» - Wasbbbg, Diction, franç,-flam.

1690. — ftFaudê, siège creux de chaire, à guise de giron enfoncé. — Fonder une chaire, lui façonner le siège en faude. — FaudeteuU, chaire dossiere, ayant siège de santés entrelassées, couvert de nche cstofe, et k faude enfoncée, aisée à plier et porter partout; chaire de parade, a tenir près d'un Iict de parade. .• L'empereur, oyant la messe, avoit un/audeteuU pour accoudoir.» - Monbt; - Cf. Id., i636.

i63â. — ttFaudeteul, sedia regale.» - C. P. G^ D. M., Diction, fr. -ital,; - Cf. Id. , 16/i/i.

i663. — nFaudeteul, chaire ou siège royal servant à table.» - J. L. D'Abst, Diction, fronç,-flam,

1668. — (r Fauteuil.» - Nouv. Diction, de ritnei,

1669. — vFauteuiLn - Diction, $ervant de bibliotk. wuv. de Paul Botbb. i65o. — tiFautueil Par corruption pour faudestueil,?» - MémoB, Origitiei, i655. — ftFaudetueil ou fauteuil, chaire à bras, siège royal.» - Bobbl, Tréêor, i66o. — «FaudeteuUn et tfauteuU.n - Ant. Oudin, Tréeor dee deux langiteê.

1660. — fxFauteuU, sedia d'appoggio.» - Nath. Dubz, Diction. fr,-ital,; - Cf. Id., 1671.

1661. — Somaiie {Gr. Diction, des Prétieutes) dit : vies fauteuiU, les trônes de la ruelle».

Ni Torthoffraphe ni le sens ne sont bien fixés dans les dictionnaires avant Richelet, 1 680 : fltChaise à dossier et à bras , au bout desquels il y a des rosettes , des muffles ou des têtes de femmes.» — On voit cependant que, depuis 1668, la (orme fauteuil l'emporte sur faudeêteuiL

Voir, sur l'usage et l'importance des fauteuile , le Diction, deê Prétieueeê, bibl. elzév., édiL Ch.-L. Livel, Introd., p. xix-xx.

Faux, traître, perfide.

91 & Mais le faux animal, sans en prendre d'alarmes.

Est tenu droit à moi, qui ne lui disois mot. - Prirui* d'ELf 1, û*

352 faux bond — faux-fuyant

Faux bond.

:«( Voir t. I, p. 967, Bond : faire faux bond.

Faux-fuyant.

1 587 Et son raisonnement me vint persuader De lui donner plutôt la cassette k garder, A6n que, pour nier, en cas de quelque enquête, J'eusse d'un faux-fuyant la faveur toute prête. — Torf,, V, 1.

392 Ce snhiil faux-fuyant mérite qu'on le loue. - Fem, «a©., I, 6.

39 L'auteur en vos cantons peut soutenir la chose, Et près des tribunaux que la Garonne arrose Se sauver par dfes faux-fuyanU.

Li Font., IX, p. 91/i : Épùrê à M. Ghiiu

Ce luy seroit trop d^aflaire (à M. Jurieu) de chercher desfattxfuyam à tous les mauvais pas où il s^engage.

BossuBT, Avert. aux Protett., in-&% 1689-1691 ; VP, S 3, p- &7*i - Cf. Id., ihid,, I, S 17, p. 3i.

Si j'avois voulu mettre des noms véritables aux peintures moins oUigeantes, je me serois épargné le travail de . . . trouver enfin mille tours et mille faux-fwftMtt pour dépayser ceux qui me lisent. - Li Bbdt., II, p. 65 1 : Prtf. du Dite, k VActÀ*

* Molière a employé le mot dans le sens figuré, La Bruyère dans le sens propre.

Le plus ancien dictionnaire où nous trouvions le mot fauxfuyani est , en 1 653 1 le Diction, des chaueurs, à la fin de la Vénerie royale :

tt Fauxfuyani, c^cst ce que Ton appelle une sente à pied dans le bois.» - SiuioTt, Vénerie royale, in-6% i655.

Le mot reparait, en 1660, dans le Diction, franc. -esp. de César Oudin et le Dtirttofi.

franç.-itaL de Ducz. Oudin traduit /artr-/«j/ane par hurtUlo, et hurUUo par petit larei»

(diminutif de hurto, furtum); Ducz : vfaux-fuyant , viettolo, vietta o strada coperta; rtf(-

toîo, un sentier, détour, une allée de jardin; vietta, petite allée de jardin; ttrada eoperU^

rue couverte.»

En 1676, Pomey donne faux-fuyant, subterfuge; en 1677, le P. Gaudin : trFaitf-

fuiant : ce mot signifie proprement une issue cachée , par laquelle on se retire sans être

apperceu, pour éviter la rencontre de quelque personne qui entre dans une chambre..*

Faux-f niant, dans le figuré, se prend pour un subterfuge, une échappatoire, une dé^

faite, un prétexte. n

En 1677, ^^ Diction, franç,-itaL imprimé en Suisse au château de Duillier; en 16791 le Diction. franç.-angl. de Guy Miege, n'ont pas recueilli le mot; il se retrouve, en 1680, dans Richelct, qui Ta pris, au propre, dans la Vénerie royale de Saluove, au figuré, daos les Femmes savantes: «Tour, adresse pour fuir ou éviter une chose ».

En 1690, Furetière reproduit à peu près le P. Gaudin; en 1694 , TAcadémie ne donne que le sens propre : «un endroit destourné, cscarté, par où on peut s'en aller sans cstre vouîî. L*édition de 1718 ajoute le sens figuré, une défaite, une échappatoire; réditionde 17/10 répète celle de 1718; celle de 1768 répète les doux précédentes, en rappelant qu* faux-fuyant est aussi un terme de vénerie et reprenant la définition de Salnove; celle àe

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