FRAIS — FRAISE
11/16 Seule dans son balcon, j'ai vu parottre Agnès
Qui des arbres prochains prenoit un peu k frais.
Ec. des Fem., IV, 6.
1626 Pour arriver ici, mon père a pris k frais. - Ibid., V, 6.
Quel grand mal est-ce qu'il y a à prendre le frais de la nuit? — Oui, oui, l'heure est bonne k prendre le frais. - D. Dand., lUI, 6.
8/îi La beauté dont mon traître adore les attraits
Chaque soir au jardin va prendre un peu de frais. - Cobn., La Veuve, III, i.
357 Gomment? — Prenant le frais tous deux devant chez nous.
Là FoKT., VII, p. àab: Le Florentin, se. 8.
Et moi je vais, Monsieur, mettre le vin au frais. ,
Baron, Ee. des Pères, III, 6.
J^ai saisi promptement Toccasion offerte
Tant pour prendre lefr^is que pour flatter Tespoir. • .
RiGRARB, Fol, am., I, 1 ; - Cf. Id., ibid., I, 9.
4t Voir 1. 1, p. /Î9 , Adj. employés comme substantifs.
Frais, subst. : sur nouveaux frais, locution.
66 Sur nouveaux frais mon homme à moi s'est attaché.
Fâch., I, 1.
Il falloit retourner en Grèce . . .
Et revenir sur nouveaux frais De plus belle faire la guerre.
ScARRON, Virg. trav., Paris, David, 1706; I,p. 116.
36 Sur nouveaux frais attrapons notre époux.
La Font., IV, p. 3oo : Contes, U, 7.
Je veux récompenser un peu le temps passé ,
Et folâtrer un peu sur nouveaux frais. - Montflburt, Mari sansfrmme, V, 1.
Je veux vous cajoler un peu sur nouveaux frais. - Id., bc. des Jaloux, U, 6.
Je veux que les enfants que j^aurai dans la suite (car il faut recommencer sur nouveaux frais) soient élevés à ma fantaisie. - Reghard, Descente d'Arleq., se. 10.
Mes voyages sont finis; je reparois sur nouveaux frais. ~ Id., La Sérén., se. i3.
Fraise : fraise a l'antique.
83 Ma foi, je i'envoirois au diable, avec ssl fraise.
Ec. des Mar., I, a.
C'est un homme qui. . . porte une fraise, avec un habit jaune et vert. - Méd. malgi-é lui, I, ti.
Ahl que vous lui plairez! et que yolre fraise à Cantique fera sur son esprit un effet admirable! — UAv., II, 5.
&â2 FRANC
Vous me mettez imefraiie camiomiée, au lieu que, quand Tétois à Saint-Gloa, je n^avois qu^un collet bas. Pensez-vous que les bergers ayent le loisir de s^ammer à faire gaudronner des/rauetf - Sorbl, Bm'g' extrav,, 1627; I, p. 1&7.
Ces beaux-fils, qui ont leuryratte si bien dressée et qui sont si parfumés.
Malb., II, p. &&9'
le On remarmiera ici que Malherbe traduit Sénèque, qui n'a jamais parlé dtfrmm, et dont le texte latin porte simplement : iUe unctus et nàidui.
Telle et plus admirable encor Dans son cotillon de drap d'or Et safraize goderonnée.
Parut Didon à notre i£née.
ScABBOR, Vùrg, trav., Paris, 1706; I, p. 53; - Cf. 1d., ibid,, II, p. 69.
n ne leur faut nyfraite ny collet;
Quoyque tous nuds, ils semblent estre braves.
SAiiïT-AMàHT, Œuvr,, bibl. elzév., I, 386-387; - Cf. Id., tfctrf., II, 463.
t Voir t. I, p. fii3, au mot baragouin, une citation de Le Boulanger de Chalussay.
Selon la forme imposée par la mode , le linge blanc que les hommes portaient autour du cou fut tour à tour un collet, une Jraiie, un rabat, etc. Le passage suivant consUte cette inconstance de la mode : trll n'est rien de si inconstant que le François. . . La de^ cription de cette bigearrerie ayant esté faite par quelqu'un en ce qui est des collets. Ton a oit qu'au lieu qpie nos pères en portoient de petits tous simples, ou de petites ^/hna» semblanles à celles d'un veau, nous avons au commencement porté des rotondes de carte forte, sur lesquelles un collet empesé se tenoit estendu en rond, en manière de théâtre; qu'après , Ton a porté des espèces de peignoirs sans empeser, qui s'estendoient josaa'ao coude; qu'en suite l'on les a rognez petit à petit pour en faire des collets assez raisoonables, et qu'au mesme temps l'on a porté de gros tuyaux godronnez que l'on appeBoit encore des ^raù^s, où il y avoit assez de toille pour les aisles d'un moulin à vent.» - Lu Loix de la Galanterie (dans le Nouveau Recueil de$ piecee lee plut agréable* de ce tetnja, in-8% i644, p. ig-ao).
Franc : tout franc.
1° Franchement.
afii Je vous dirai tout franc que c'est avec justice. - Tart.j I, 5.
io5 Je vous dirai tout franc. . . - Misanih.y I, 1.
De toiU ceci franc et net
Je suis mal satisfait. - Balkl des Nations,
Tout franc, ce procédé crie, et vous avez tort.
La Font., YII, p. 586 : Je voue prends tam verd, sr. \h.
q6 Tout franc, vous vous levez tous les jours trop matin. - Rac, Plaid,, 1, 1.
Le chevalier, tout franc, est bien mieux votre fait. - Rbgnard, Distrait, III, t»
Et ce début , tout franc, ne me satisfait guère.
Id., Ménechmes, III, 8; - Cf. Hom, à b.fnrt.^ III, 5 î - Descente d'Arleq. , se. 9.
FRANCHISE m
* En 1 65 A, dans son DUcour» de l'Acad, franc,, Sorel cite tout franc comme une locuion nouvelle.
Voir t. I, p. h']^ Adjectif» employés comme adverbet,
s^ Adjectif indiquant l'excès dans la qualité bonne ou mauvaise.
&g9 ... \]n franc campagnard, avec longue rapière. . .
Fâch., II, 6.
968 Je puis, comme j'espère, à ce franc animal. . .
Éc. des Fem,, III, 3.
193 De cette complaisance on voit Tinjuste excès
Pour le franc scélérat avec qui j'ai procès. — Misanih,, I, 1.
1098 Et de nos francs marquis essuyer la cervelle. - Ibid., III, 5.
Vous êtes Tune et Tautre (M"* de Fiesque et M"* de Frontenac) deux franche$ amazones.
ScARBoif, Dem, Œuvr,, Paris, David, 1700; I, a : Lettr. à iH"' de Fieeque.
Que je suis un. franc sot de m^bazarder ainsi !
Id., Jodelet duelliste, V, 1; - Cf. Œuvr,, Paris, David, 1700; I, p. 75 et 170; - Dern, Œuvr,, I, p. 83; - Virg, trav,, II, p. i85, 937, â3i.
D dit à certain loup,^afic novice : «Accourez.)»
La Foht., m, p. ag/î : Fahl,, XII, 18.
19 Ma foi, j^étois un franc portier de comédie. - Rac, Plaid,, I, 1.
Ce franc maraut. Monsieur, vous a rompu la tête.
La Thuillesie, Crisp, philos., se. ih.
Vous êtes dans votre art (de cuisinier) tous de francs assassins, Produits par les enfers, payés des médecins. - Rrghard, Démocr,, III, 7.
Si j*en faisois autant , je passerois chez vous
Pour un franc étourdi. - Id., Distrait, IV, 9 ; - Cf. Id. , Ep, à du Vaulx.
3** AflFranchi de ... , exempt de . . .
1755 Je crois votre maison yrawcA^ de tout ombrage. - UÉt., V, 3. Voilà le vrai chemin, ^anc de crainte et d^envie. - Rboribr, Sat, XVI.
Franchise, liberté.
Que craignez- vous? — Quelque vol de mon cœur, quelque assassinat de mei franchise. — Préc. rid., se. 9.
Ma franchise va danser la courante aussi bien que mes pieds.
Ibid., se. 19.
Franchise heureuse! — Bourg, gent., I, 2 : Dùil. en mus.