‹ Lexique de la langue de Molière comparée à celle des écrivains de son temps (volume 2)Chapitre 381 sur 596 · FRAIS — FRAISE · texte numérisé non relu

FRAIS — FRAISE

11/16 Seule dans son balcon, j'ai vu parottre Agnès

Qui des arbres prochains prenoit un peu k frais.

Ec. des Fem., IV, 6.

1626 Pour arriver ici, mon père a pris k frais. - Ibid., V, 6.

Quel grand mal est-ce qu'il y a à prendre le frais de la nuit? — Oui, oui, l'heure est bonne k prendre le frais. - D. Dand., lUI, 6.

8/îi La beauté dont mon traître adore les attraits

Chaque soir au jardin va prendre un peu de frais. - Cobn., La Veuve, III, i.

357 Gomment? — Prenant le frais tous deux devant chez nous.

Là FoKT., VII, p. àab: Le Florentin, se. 8.

Et moi je vais, Monsieur, mettre le vin au frais. ,

Baron, Ee. des Pères, III, 6.

J^ai saisi promptement Toccasion offerte

Tant pour prendre lefr^is que pour flatter Tespoir. • .

RiGRARB, Fol, am., I, 1 ; - Cf. Id., ibid., I, 9.

4t Voir 1. 1, p. /Î9 , Adj. employés comme substantifs.

Frais, subst. : sur nouveaux frais, locution.

66 Sur nouveaux frais mon homme à moi s'est attaché.

Fâch., I, 1.

Il falloit retourner en Grèce . . .

Et revenir sur nouveaux frais De plus belle faire la guerre.

ScARRON, Virg. trav., Paris, David, 1706; I,p. 116.

36 Sur nouveaux frais attrapons notre époux.

La Font., IV, p. 3oo : Contes, U, 7.

Je veux récompenser un peu le temps passé ,

Et folâtrer un peu sur nouveaux frais. - Montflburt, Mari sansfrmme, V, 1.

Je veux vous cajoler un peu sur nouveaux frais. - Id., bc. des Jaloux, U, 6.

Je veux que les enfants que j^aurai dans la suite (car il faut recommencer sur nouveaux frais) soient élevés à ma fantaisie. - Reghard, Descente d'Arleq., se. 10.

Mes voyages sont finis; je reparois sur nouveaux frais. ~ Id., La Sérén., se. i3.

Fraise : fraise a l'antique.

83 Ma foi, je i'envoirois au diable, avec ssl fraise.

Ec. des Mar., I, a.

C'est un homme qui. . . porte une fraise, avec un habit jaune et vert. - Méd. malgi-é lui, I, ti.

Ahl que vous lui plairez! et que yolre fraise à Cantique fera sur son esprit un effet admirable! — UAv., II, 5.

&â2 FRANC

Vous me mettez imefraiie camiomiée, au lieu que, quand Tétois à Saint-Gloa, je n^avois qu^un collet bas. Pensez-vous que les bergers ayent le loisir de s^ammer à faire gaudronner des/rauetf - Sorbl, Bm'g' extrav,, 1627; I, p. 1&7.

Ces beaux-fils, qui ont leuryratte si bien dressée et qui sont si parfumés.

Malb., II, p. &&9'

le On remarmiera ici que Malherbe traduit Sénèque, qui n'a jamais parlé dtfrmm, et dont le texte latin porte simplement : iUe unctus et nàidui.

Telle et plus admirable encor Dans son cotillon de drap d'or Et safraize goderonnée.

Parut Didon à notre i£née.

ScABBOR, Vùrg, trav., Paris, 1706; I, p. 53; - Cf. 1d., ibid,, II, p. 69.

n ne leur faut nyfraite ny collet;

Quoyque tous nuds, ils semblent estre braves.

SAiiïT-AMàHT, Œuvr,, bibl. elzév., I, 386-387; - Cf. Id., tfctrf., II, 463.

t Voir t. I, p. fii3, au mot baragouin, une citation de Le Boulanger de Chalussay.

Selon la forme imposée par la mode , le linge blanc que les hommes portaient autour du cou fut tour à tour un collet, une Jraiie, un rabat, etc. Le passage suivant consUte cette inconstance de la mode : trll n'est rien de si inconstant que le François. . . La de^ cription de cette bigearrerie ayant esté faite par quelqu'un en ce qui est des collets. Ton a oit qu'au lieu qpie nos pères en portoient de petits tous simples, ou de petites ^/hna» semblanles à celles d'un veau, nous avons au commencement porté des rotondes de carte forte, sur lesquelles un collet empesé se tenoit estendu en rond, en manière de théâtre; qu'après , Ton a porté des espèces de peignoirs sans empeser, qui s'estendoient josaa'ao coude; qu'en suite l'on les a rognez petit à petit pour en faire des collets assez raisoonables, et qu'au mesme temps l'on a porté de gros tuyaux godronnez que l'on appeBoit encore des ^raù^s, où il y avoit assez de toille pour les aisles d'un moulin à vent.» - Lu Loix de la Galanterie (dans le Nouveau Recueil de$ piecee lee plut agréable* de ce tetnja, in-8% i644, p. ig-ao).

Franc : tout franc.

1° Franchement.

afii Je vous dirai tout franc que c'est avec justice. - Tart.j I, 5.

io5 Je vous dirai tout franc. . . - Misanih.y I, 1.

De toiU ceci franc et net

Je suis mal satisfait. - Balkl des Nations,

Tout franc, ce procédé crie, et vous avez tort.

La Font., YII, p. 586 : Je voue prends tam verd, sr. \h.

q6 Tout franc, vous vous levez tous les jours trop matin. - Rac, Plaid,, 1, 1.

Le chevalier, tout franc, est bien mieux votre fait. - Rbgnard, Distrait, III, t»

Et ce début , tout franc, ne me satisfait guère.

Id., Ménechmes, III, 8; - Cf. Hom, à b.fnrt.^ III, 5 î - Descente d'Arleq. , se. 9.

FRANCHISE m

* En 1 65 A, dans son DUcour» de l'Acad, franc,, Sorel cite tout franc comme une locuion nouvelle.

Voir t. I, p. h']^ Adjectif» employés comme adverbet,

s^ Adjectif indiquant l'excès dans la qualité bonne ou mauvaise.

&g9 ... \]n franc campagnard, avec longue rapière. . .

Fâch., II, 6.

968 Je puis, comme j'espère, à ce franc animal. . .

Éc. des Fem,, III, 3.

193 De cette complaisance on voit Tinjuste excès

Pour le franc scélérat avec qui j'ai procès. — Misanih,, I, 1.

1098 Et de nos francs marquis essuyer la cervelle. - Ibid., III, 5.

Vous êtes Tune et Tautre (M"* de Fiesque et M"* de Frontenac) deux franche$ amazones.

ScARBoif, Dem, Œuvr,, Paris, David, 1700; I, a : Lettr. à iH"' de Fieeque.

Que je suis un. franc sot de m^bazarder ainsi !

Id., Jodelet duelliste, V, 1; - Cf. Œuvr,, Paris, David, 1700; I, p. 75 et 170; - Dern, Œuvr,, I, p. 83; - Virg, trav,, II, p. i85, 937, â3i.

D dit à certain loup,^afic novice : «Accourez.)»

La Foht., m, p. ag/î : Fahl,, XII, 18.

19 Ma foi, j^étois un franc portier de comédie. - Rac, Plaid,, I, 1.

Ce franc maraut. Monsieur, vous a rompu la tête.

La Thuillesie, Crisp, philos., se. ih.

Vous êtes dans votre art (de cuisinier) tous de francs assassins, Produits par les enfers, payés des médecins. - Rrghard, Démocr,, III, 7.

Si j*en faisois autant , je passerois chez vous

Pour un franc étourdi. - Id., Distrait, IV, 9 ; - Cf. Id. , Ep, à du Vaulx.

3** AflFranchi de ... , exempt de . . .

1755 Je crois votre maison yrawcA^ de tout ombrage. - UÉt., V, 3. Voilà le vrai chemin, ^anc de crainte et d^envie. - Rboribr, Sat, XVI.

Franchise, liberté.

Que craignez- vous? — Quelque vol de mon cœur, quelque assassinat de mei franchise. — Préc. rid., se. 9.

Ma franchise va danser la courante aussi bien que mes pieds.

Ibid., se. 19.

Franchise heureuse! — Bourg, gent., I, 2 : Dùil. en mus.

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