FRAUDE — FREDAINE
grave, Tidée d^une méchanceté qui ne se retrouve plus en 1660 dans Nathan. Duei, où reparaît la trad. d*Oudin. Un tout autre sens, qui rappelle Gofgrave, est donné, en 1676, dans Pomey : crinjuria, firaus, rixa, tumultusT). Suit un exemple tiré de M éieray : sll perdit la bataille par sa négligence et par lesjrasquês des Suisses, culpâ suâ victus est, nec non Helvetorum turbulentis motibus et querelis.;» Ni le P. Gandin en 1677, ni Gnj Mi^ en 1679, n^admettent /ra«^. Richelet le donne en 1680, avec la démiîtion de Ménage; en 1690, Furetière lui attribue pour sens : «r malice ou infidélité qu^on fui à
Suelqu^un pour le tromper ou le trahir». A ce sens, encore conservé, il ûint joindre cefan efAieê : fxfra»quêt de jeunesse, folies de jeunesse». UAcadémie consacre définitivement le mot en 169 A avec le sens de «mauvais tour qu^on fait à quelquW».
Fraude : en fraude de . . .
Ils (les avocats). . . s'imaginent que c'est un grand crime que de disposer en fraude de la loi. - Mal. mag., I, 7.
Fredaine.
Je Youdrois bien savoir si vous-même n'avez pas été jeune, et n'avei pas, dans votre temps, fait des fredaines comme les autres.
Fourb. de Scap,, I, 4.
3/18 Et tout le monde là parloit de nos fredaines, — Fem. sav.^ II, 9.
Je ne suis pas payé pour souffrir lewrs fredaines.
Gilet de la Tessobnbrib, Le Demiaùé, IV, 5.
Vents, de vos myisi^ fredaines, Je seray donc toujours le but?
ScABRON, Virg. trav.y Paris, 1706; II, p. à.
61 On entend toutes les semaines Telles et semblables fredaines De ces discoureurs indiscrets. - Loret, Mute histor., 10 juillet i655.
139 Oyez un peu qaeHefredàne
On a faite au sieur Caracène. - Id., ibid,, 94 juillet i655.
Allez, levez-vous, je ne lui dirai rien de toutes yo& fredaines.
Baron, Les Enlèvement» , se. 7.
Qu'on ne fasse quW plat, et que Ton nous apporte
La table toute prête, et verre et vin dessus;
Qu'on ressorte aussitôt, et qu'on ne rentre plus,
Afin que nous puissions, librement et sans peines.
Si le cœur nous en dit, parler de nos fi'edatnes, - Poisson, Fem. eoq,^ V, h.
Les Dieux sont devenus d'assez honnêtes gens , Et vous n'entendez plus parler de ienrs fredaines.
Regnard, Prol. des Fol. am,, se. 5 ; - Cf. Id., Démocr., II, 1: - Hom. à b. fort. , II , 1 .
* n semble que ce mot, très ancien dans la langue, tendit à disparaître, et que Molière l'eût retrouvé dans ses voyages en Languedoc. — Borel, en effet, dit (i655) : ffCe mot est encore en usagé en Languedoc», comme s'il n'était plus employé ailleurs.