‹ Lexique de la langue de Molière comparée à celle des écrivains de son temps (volume 2)Chapitre 385 sur 596 · FRÉNÉSIE · texte numérisé non relu

FRÉNÉSIE

On ne trouve pas ce mot dans le Dieiwn, de Godefiroy; le plus ancien lexique où il paraisse est celui de Nicot (i 578), où il est traduit par nugœ. En 169A, dans sa i'* édition, TAcadémie française écrit Jredeine.

Frénésie, folie, humeur noire, fureur.

178/i Quoi? ta bouche se licencie

A te donner encore un nom que je défends?

— Non, ce nest pas moi que j'entends. . . — Prends garde de tomber dans ceiie frénésie, Si tu veux demeurer au nombre des vivants. - Amph.^ III, 6.

Laquelle maladie. . . pourroit bien dégénérer ou en manie,. . . ou même en une frénésie et fureur. - Pourc., 1,8.

^ La définition donnée par Furetière (1690) est le commentaire de ce dernier passage de Molière : nFrénétie, maladie qui cause une perpétuelle rêverie avec fièvre. Elle est différente de la mante et de la mélancholie, parce que celles-cy sont sans fièvre.»

Quelle frénétie est-ce de mettre en dispute le bien que les Dieux donnent aux hommes? - Malh., II, p. 191.

Il y en a d'autres encore de mesme farine qui ayment mieux aller toutes nues que de se priver du contentement dont les firenetieê de nos romans les comblent.

Chapelain, Trad. de Guzm. d'Alfar., i63o; III, p. 36 1.

Quel changement, mon cœur! et qaeUe freruntie Me vient présentement troubler la fantaisie?

D'OuviLLB, Ùnffeuêê à la mode, III, 1.

Ah ! vous vous emportez d'une étrange façon ! Quel sujet avez-vous d'entrer enjrénéiief

Id., ibid,, III, 6; - Cf. Id., ConUi, ifi&A, édit Jouaust; II, p. 919.

Pendant cela, Monsieur Phœbus,

Au lieu de manger choux cahus

Et noyer dans la malvoisie

Sa tristesse et sol frénétie,

A voit toujours la larme à ToeiL - Richbr, Ovide bouffon, 166 a, p. 171.

Le Roy. . . estoit Qiarles sixiesme, Prince malheureusement tombé enfi^enaiele. Sbgrais, Nouv. franc,, i656 ; 5* Nouv., p. 8 ; - Cf. Id., t^, p. 99-98.

780 Ce petit avocat, aussi fou que mutin,

Croyant être attaqué de quelque hydropisie, S'alloit faire saigner, bouffi de frénéeie,

La Font., VII, p. 345 : Bagottn, III, 19.

111 Ces basses jalousies,

Des vulgaires esprits malignes yr^n^t. - Dbspr., ArtpoA,, IV.

La Brinvilliers a reconnu que cette confession étoit de son écriture,. . . mais qu'elle avoit la fièvre chaude quand elle Tavoit écrite; que c*étoit uneyr^n^t^, une extravagance qui ne pouvoit pas être lue sérieusement. - Sév., IV, p. Â93.

Justin, qui ne croyoit que luy-mesme et ses passions, fut toujours batu par les Perses ... Il se troubla de tant de perles , jusqu'à tomber en phreneeie.

BossuBT, Hiit, univ,, in-A**, 1681, p. i33 ; - Cf. Id., ihid,, p. 36 A; - Avert. aux Proie$U, in-6% 1689-1691; V, S 67, p. hd'j-hZS.

428 fréquenter chez. . . — frère

Fréquenter chez . . .

337 Sans doute, et je le vois qui fréquente chez nous.

Fem. sav.y iï, a.

A Garihage, ceux qui avoient accoutumé àejréquentêr chez Annibal. . .

MiLH., Trad. du 33' liv, de Itte-ldvê, ch. ilhii. 16 Et bien des gens de qualité

Fréquentaient chez luy d^ordinére. - Lorit, Muze hietor,, 1 1 août i663.

sa U fréquentait chez le compère Pierre. ~ Li Fort., V, p. US6 : Contêê, IV, lo.

Frère, ami, compagnon.

1 1 83 Allons donc nous masquer avec quelques bons frères.

rfi.,ra, 5.

i5/io S'il vous faisait besoin, mon bras est tout à vous : Vous savez de tout temps que je suis un bon /rire.

Dép. am.y V, 3.

107/i Oui, mon frère, je suis un méchant, un coupable. . .

Tart., m, 6.

1 107 Mon frère y c'en est trop. . .

Ibid. , in, 6 et 7 : vers 1109, ma, 11 54, 1161.

* «Les premiers chrétiens s^appeloient tousyréret et cet usage s^est conservé parmi les religieux d*un même ordre. ;> - FoRSTiiBB, Diction,

Ceux qui ayment sont bien aises de se servir de ces mots de freree et de sœurs.

Le P. Garasse, Doctr. cur.y 16a A, p. 6o3.

Cisneros, fameux comédien,. . . parlant à Mançanos, lequel Testoit aussi (tous deux de la ville de Tolède), luy dit : Frère, tu sçais que le monde nous tient pour les deux plus pointus personnages qui se cognoissent.

Chapelain, Trad, de Guzm, d'Alfar., i63o; in,p. i*^; - Cf. Id., ibid.. Il, p. 17, 110; m, p. 3o8.

Voyez-vous, mon frère, lui dit Raymond. . . — yion frère, luy répondit Francien en Tembrassant. - La vraie Hiet, com, de Francion, liv. XI.

Pour faire court , je suis votre humble serviteur. Et Tay tousjours esté de Monsieur vostre père. Il me faisoit Thonneur de m'appeler son frère,

ScABBON, Jodelet maître et valet, II, 3.

... Ho! hol cher ami, c'est donc vous?

Je viens de préparer une chambre chez nous

Au seigneur Don Diegue; au reste, noire frère,

Nous vous obligerons , par notre bonne cherc ,

A faire plus de cas du pauvre Jodelet. - Id., ibid,, III, a.

Mais, me dira quelqu'un, viens çà, Cormier; je sais que tu es un bon/i*ere; tu as la mine de ne te point coucher sans souper.

L'abbé Le Yayer, Parasite Mormon, i65o; dans Sallkxgrb, Hiit, de P, de Montmaur, a in-8% 1715; II, p. aG5.

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