‹ Lexique de la langue de Molière comparée à celle des écrivains de son temps (volume 2)Chapitre 393 sur 596 · FRUIT · texte numérisé non relu

FRUIT

Il y a un art de former les coips aussi bien que les esprits. Cet art que notre nonchalance nous a fait perdre esfoit bien connu des anciens, et TEd^ptc Tavoit trouvé. Elle employoit principalement à ce beau dessein h frugalité et les exercices.

BossuET, HûL univ,, in-6% 1881, p. 659-/160.

iEmilius Paulus. . . vivoit selon les règles de Tancienne^/ruga/tt^.

Id., ibid,, p. SoA.

^ Le mot fimgalité devait être d^un usage assez rare; car si on le trouve dans le Diction, dn rimeê de 1696, dans le Diction. fr,-flam, de 1618, i6/î3, dans le Diction, dêt rimei de 169 A, dans le Diction, fr.-ital. de Duez, il ne figure ni dans le Monet (1690, i636), ni dans le Cotgrave (1611, iGSa, i65o). — En6n, ni Robert Estienne, en i53i, dans son Thc9auru9 ling. ht., pour traduire ^ii^a/ifat, ou dans son Diction, /r.-ku. (1539 et 1569), ni Nicot (1573), ne Tout admis; cependant M. Littré en cite des exemples du xiv* et du xv* siècle, le dernier tiré de Montaigne. — Le Diction, de Trévoux (173a) en donne deux exemples, Tun de Dacier, l'autre de Saint-Évremont :

Va finalité est un ménagement de plaisir. - Dacibr.

La frugalité tant vantée des Romains n'étoit point un retranchement ou une abstinence volontaire des choses superflues, mais un usage nécessaire et grossier de ce qu'ils avoient. - Saint-Évremort.

Fruit, résultat, conséquence, profit.

io3 Et je ne sais quel yrut't peut prétendre un amour Qui fuit tous les moyens de se produire au jour.

Princ. iÉl.y I, 1.

J'ai peur. . . que son voyage en celte ville produise peu de fruit.

J9. Juan, I, 1.

1780 Si d'entrer là-dedans tu prends encor Taudace,

Mille coups en seront le fruit. - Amph., III, 6.

Il n est pas juste que j'aie passé sans/ruit auprès de vous mes plus belles années. - Mal. imag., III, 19.

Phidias a fait une statue. Ce n'est pas tout un que le frwt de Tart et le^rutl de la besogne. Le fruit de Tart est d'avoir fait ce qu'il a voulu faire; le fimit de la besogne est de l'avoir fait avec/rutt. - Mâlh., II, p. 47.

11 meritoit un plus heureux destin que celuy qu'il a rencontré en passant inutilement sa jeunesse à m'aymer sans fruit.

Sbgrais, Nouv. franc., i656; i** Nouv., p. 107.

6 Quel fruit de ce labeur pouvez-vous recueillir?

La Fort., III, p. i55 : Fabl.,Xl, 8.

3i Quel^tt me reviendra d*un aveu téméraire? - Rac, Bérénice, I, a.

Tant de milliers d'hommes qu'une guerre. . . a. . . immolés avec moins de fruit que de nécessité. - La Bochbp., II, p. hhi.

La menace est terrible et sera d'un grand ^ruiV.

MoniFLEURT, Critp. gentUh., II, 3.

Comment n'ouvroient-ils pas les yeux au grand frniit que faisoit des lors parmi les Gentils la prédication de i'Ëvan^e? - Bossoir, HiiL univ,, in•â^ 1681, p. 3&6.

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