FURIEUX
Ce (rle^ scsmàaiise furieusement. — Crit, de VEc. des Fem.y se. 3.
Vous AoïLVLei furieusement dans le marquis. — L'Av., I, h.
Vous m'avez aussi fait faire des souliers qui me blessent yùrtetifemenU — Bourg. getU., II, 5.
Vous rêvez à l'affaire de votre fils? — Je t'avoue que cela me donne un furieux chagrin. — Fourb, de Scap., II, 5.
Voilà mon ladre, mon vilain, dans Ae furieuses angoisses.
/Ka.,m, 3.
Je l^acceptay très-volontiers;. . . mais je le trompay /urieiu^menf. Chapelàiii, Trad, de Guzm, d*Alfar., i63o; III, p. 668.
On me demandoit une furieuse somme. - Id., ibid,; III, p. 676.
J^ay unejurieuee passion de revoir notre Prince (de Gondé).
ScÂBBon , Dem. Œuvr,, Paris, M. David, 1700; I, p. 53.
Uhonncur d*étre admis à notre petite sodétë commence à être grand, et à s'échauffer ^rteusem^nl dans la Cour et dans la Ville. - Id., ibid,; I, p. i5i.
197 Adieu, donc, passement d'argent, Qui rendiez le monde indigent Par les quantitez/urisuzei Qu'en portoient jusques à des gueuses.
Loan, Muze hittùr,, lU décembre i656.
(tSapho, lisant : L'illustre fille dont j'ai à vous entretenir a en toute sa personne je ne sçais quoi de si Jurieutement extraordinaire et de si terriblemetU merveilleux. . . — Miifos. Voilà les adverbes furieuêement et terriblement qui sont, à mon avis , bien placés. . . 7) - Despr. , Dial. des Héros de roman.
Je crains yurtetuem^fil le chagrin où vous met votre maladie.
Râc, VI, p. 378 : Leitr, à l'abbé Le Vassew, 7 septembre 1660.
Il me semble que je les hay à mesure que je vous aime, et cela, en langage précieux, s'appelle ^rt«tt««m«nt.
Le Pats, Nouv, Œuvr,, 1680 ; II, p. io5 {Lettr, du to avril tSS'j),
Il t'a donné un furieux coup? — De toute sa force.
Hautbbochb, Criep, méd,, III, 3.
Mais, à propos d'écus, quelle folie d'en perdre deux cents à ce chien d'hocal Un coupe-gorge qu'on a banni de ce pays-ci, parce qu'on y fait dejurieux voyages.
Siv., II, p. SaE^Sag.
Je soupià furieusement hier soir. - Rbonard, Hom, à b.fort,, I, A.
Il y a bien du relâchement dans la galanterie , et les femmes commencent i se décrier /urT«A«em<>nt dans mon esprit. - Id., ibid,, 1 , 1.
:|t Déjà, en 1578, on lisait dans H. Estienne, à propos de ces mots exagérés : «PhilausoifB. Il vous faudra avoir ordinairement en la bouche ce mot infiniment, ou ce mot extrêmement, et dire : Je vous suis infiniment obligé, je vous suis infiniment serviteur. Pareillement , je suis infiniment joyeux , ou marri. Ou bien extrêmement. Mais j*ouy un jour un sot , passant bien plus outre , en disant à une damoisellc : Vous me plaisex infiniment en toute sorte d'infinité. Mais elle incontinent luy rendit bien son change, le payant de la mesme monnoye : Vous me desplaisez extrêmement en toute sorte d'extrémité. — Gilto- PHiLB. Je sçay bon gré à cette damoiselle, quiconque elle soit.
H. EsTiBNiiB, lang,franç,'ital,, édit. Liseux, I, p. 117; - Cf. tbid,, II, p. 118.
kiO FUSEAUX — GAGE
Somaîze, v° tout à fait, traduit ce mot par ArMiMmienl. Il dit ensuite : «EjpoMMateblement et terrifdement ont aussi la mesme sigoification. — Furieuiemênt , dans la langue pretieuse, combat d'antiquité avec le mot de demiert dont nous avons parié cydeTant (voir ci-dessus, p. 56); mais, sans examiner les raisons que Ton allègue « je miis dire que furieuMemetU se rencontre plus souvent que dernière, et qu*il n'est point de Pretieuse qui ne le dise plus de cent fois par jour, et que ceux qui affectent le langage des Pretieuses Tout toujours à la bouche». - Gr. Diction. de$ mt.
Dans son Diction. ^* Pretieuteiy Somalie raille la précieuse Bérénice (M** de Beanregard):
«Elle parie beaucoup, et ces mots : tendrement, furieueement, fortement, ierrîMemeiU, accortement et indiciblement, sont ceux qui d'ordinaire ouvrent et ferment tous ses sentiments, et qui se foiurent dans tous ses discours. Si bien qu'on peut dire d'eUe qu'eBe parle ytirMiis«m«fi(, qu'elle écrit tendrement, qu'elle ni fortement, qu'elle est belle terréUment, qu'elle dit des mots nouveaux fréquemment, et qu'elle est précieuse indjeildemmt; au moins c'est une vérité, si point on ne ment.» - T. I de notre édit, bibl. eiiér., p. ho.
crOn l'a pourtant repris de quelques mots qu'il a affectez. . . d'user, des mots de trueux, de prodigieux, de monetrueueement , de prodigieueement , en des occasions où il n'est oit pas besom de telles exagérations. C'est comme le forieueement et le terrUdemeU, qu'on a employez partout en ces derniers siècles. Les personnes de bon jugement ont Hea scju se garder de telles fautes.» - Sobbl, Cbttn. det Livr., 1671, p. 357.
L'expression était tellement passée dans l'usage , que Furetière admet , sans hésiter, qoe mforieiix se dit aussi de ce qui cause de l'admiration: Voilà nnefoarieme baleine, nn/srieux turbot». — Furieueement a le même emploi en Poitou; en Anjou, on dit a un homme gros, d'un gros enfant : tril esiforieux onfourieux.n
Fuseaux : faire bruire ses fuseaux, locution.
Vous voyez, depuis un temps, que le vin émétiqueyaû bruire set fuseaux. - D. Juan, III, 1.
it Nous avons vainement cherché celte locution; aucun dictionnaire spécial ne la donne. Comment rexpliqucr? Les foieaux de la fileuse ne font pas de bruit. Mais on appelait aussi /tMeatfx les Datons de la lanterne d'un moulin. Or (tune lanterne de moulin est un certain picpion à jour fait en forme de lanterne , . . . qui est composé de deux tourtes ou pièces de bois rondes, au bord desquelles sont dîxfoseaux où s'engrènent la roue intérieure du moulin qui fait tourner les meules». - FuRSTikaB, Diction., 1690. — Faxrt bruire $ei foieaux, d'après celte déGnition, ce serait donc mettre le moulin en mouvement, ce qui ne peut se faire sans que ies/uêeaux du moulin fassent un certain bruit
Gage, gage d'amour, enfant.
16G/1 II vous touche de près; et, sans votre suffrage, Paurois tort de vouloir disposer de ce gage.
Ec. des Fem., V, 7.
* Le sens est précisé par les deux vers qui précèdent :
Tâchons de nous résoudre, et de nous contenter Du seul fruit amoureux qui nous est pu rester.
36 La Reine, craignant tout de ces nouveaux orages, En sut mettre à i^abri ses plus précieux gaget, Et pour n^exposer pas Tenfance de ses ms. Me les fit chez son frère envoyer à Memphis. - Gobn., Rodogune, I, i.
&71 Les Dieux ne montrent point que sa vertu les touche; D*aucan ^o^f, Narcisse, ils n'honorent sa couche; L*empire vainement attend un héritier. - Rac. Britann.f II, 9.
Gager, parier.
678 Et j'ai voulu gager que c'étoit faussement. . .
— Mon Dieu, ne gagez pas : vous perdriez vraiment.
Éc, des Fem.y II, 5.
Si tu veux, nous gageons, et verrons qui a raison des deux. — Et que veux-tu gager encore? — Je gage cent pistoles que c'est toi.
Impr. de Vers,, se. 3.
Juge-nous un peu sur une gageure que nous avons faite. — Et quelle? — Nous disputons qui est le Marquis de la Critique de Molière : il gage que c'est moi, et moi je gage que c'est lui. - Ibid,, se. 4.
Sans qu'il m'ait encore rien dit, je gagerais que l'affaire va là.
D, Juan ,1,1.
Je gage que je vais deviner tout à l'heure celle que vous aimez.
Am. magnif.y I, t.
Je gagêroy ma teste è couper, c*est la gageure d*un fol , que j^en viendray à bout. - Comte de Gbamail, Coméd, de» Prov., II, p. 5.
Je veux gager aussi que Philipin cajole
La servante de Flore. - D*Ou?illi, Coiffeuee à la mode, IV, 3.
Je gagerais ma peau I - Th. Coaif. , D. Bertr, de Cig, , IV, 3.
Je gage, quelque entestement qu^elle ait pour Andromaque, qu^elle dira que j*ay raison. - Sdbliort, Folle Querelle ou Crit, d'Androm,, 1668; I, 5.
Je gage que Monsieur touche quelque instrument
HiUTBBocHB, Critp, muiie,. II, 8.
Gage que . . .
1099 Gage qu'W se dédit. — Et moi, gage que non. - UÉU, III, 3.
♦ G*e8t-À-dire y« gage, je parie, comme tuffit pour U euffil.