‹ Lexique de la langue de Molière comparée à celle des écrivains de son temps (volume 2)Chapitre 397 sur 596 · FUSEAUX — GAGE · texte numérisé non relu

FUSEAUX — GAGE

Somaize, v° tout à fait, traduit ce mot pw furieutement. Il dit ensuite : vEpotufonta" blernsnt et terrifdement ont aussi la mesme sigoification. — Furietuement , dans la langue pretieuse , combat d'antiquité avec le mot de dernière dont nous avons parié cy- devant (voir ci-dessus, p. 56); mais, sans examiner les raisons (pie Ton allègue, je puis dire que/iirtinis«m0fil se rencontre plus souvent que dernière, et qu*il n*est point de Pretieuse qui ne le dise plus de cent fois par jour, et que ceux qui aÎTectent le langage des Pretieuses Tout toujours à la bouche». - Gr, Diction, deg Prêt.

Dans son Diction. 4^ê PretieuseSy Somaize raille la précieuse Bérénice (M"** de Beanre> gard):

«Elle parie beaucoup, et ces mots : tendrement, furieutement, fortement, terribUment, accortement et indiciblement, sont ceux qui d'ordinaire ouvrent et ferment tous ses sentiments, et qui se fourrent dans tous ses discours. Si bien qu'on peut dire d'elle qu'elle parle furiêUienierU, qu'elle écrit tendrement, qu'elle ni fortement, qu'elle est belle terriblement, qu'elle dit des mots nouveaux fréquemment, et qu'elle est précieuse indicibUment; au moins c'est une vérité, si point on ne ment.» - T. I de notre édit., bibl. clzév., p. 60.

ff On l'a pourtant repris de quelques mots qu'il a affectez. . . d'user, des mots de moMtrueux, de prodigieux, de monstrueusement, de prodigieusement, en des occasions où il n'esloit pas besom de telles exagérations. C'est comme le furieusement et le terribUtnetU, qu'on a employez partout en ces derniers siècles. Les personnes de bon jugement ont bien tic^u se garder de telles fautes.» - Sobel, Conn. des Livr., 1671, p. 357.

L'expression était tellement passée dans l'usage , que Furetière admet , sans hésiter, que •furieiix se dit aussi de ce qui cause de l'admiration: Voilà une furieuse baleine, unjurieux turbot». — Furieusement a le même emploi en Poitou; en Anjou, on dit d'un homme gros, d'un gros enfant : trll esiferieux oufeurieux.n

Fuseaux : faire bruire ses fuseaux, locution.

Vous voyez, depuis un temps, que le vin émétique yâi< bruire ses fuseaux. - D. Juan^ III, 1.

it Nous avons vainement cherché celle locution; aucun diclionnairc spécial ne la donne, (iomment l'expliquer? Les fuseaux de la fileuse ne font pas de bruit. Mais on appelait aussi /iMeatfx les Datons de la lanterne d'un moulin. Or (tune lanterne de moulin est un certain pignon à jour fait en forme de lanterne,. . . qui est composé de deux tourtes ou pièces de bois rondes, au bord desquelles sont âix fuseaux où s'engrènent la roue intérieure du moulin qui fait tourner les meules». - Furbtière, Diction., 1690. — Fairt bruire ses fuseaux, d'après cette déGnition, ce serait donc mettre le moulin en mouvement, ce qui ne peut se faire sans que \e& fuseaux du moulin fassent un certain bruit

Gage, gage d'amour, enfant.

16G/1 II vous touche de près; et, sans votre suffrage, Paurois tort de vouloir disposer de ce gage.

Ec. des Fem.^ V, 7

4c Le sens est précisé par les deux vers qui pi-écèdent :

Tâchons de nous résoudre, et de nous eonteiler Du seul Jrwt amoureux qui nous est pu rester.

36 La Reine, craignant tout de ces nouveaux orages. En sut mettre à i*abri ses plus précieux gagn. Et pour n*cxposer pas renfance de ses n», Me les fit chez son frère envoyer à Memphis. - Gon..

&71 Les Dieux ne montrent point que sa vertu les tooche; D^aucun ^o^f, Narcisse, ils n^nonorent si( coudie; L^empire vainement attend un héritier. - Rag.

Gager, parier.

/173 Et j'ai voulu gager que cétoit raussemcil... — Mon Dieu, ne gagez pas : vous perdais

Si tu veux, nous gageons ^ et verrons qui « que veux-tu gager encore? — Je gage cent

Juge-nous un peu sur une gageure que

quelle? — Nous disputons qui est le Marqmkét^ il gage que c'est moi , et moi je gage que e* ^ ■ '

Sans qu il m'ait encore rien dit, je

Je gage que je vais deviner tout à llieaf^

Je gageroy ma teste à couper, c^csi It bout. - Comte de Cbamail, Coméd, dê§ fVof.7lf«fi!2 Je veux gager aussi que Philipin cajok La servante de Flore. - D^Ounui, Caj/mueé

Je gageroii ma peau! - Th. Conu«

Je gog9, quelque entestement qu^elle ait mt^ raison. - Sdbligrt, FolU Querdle ou Crii, fHd

Je gage que Monsieur touche quelque i 6\GB QUE. . .

1099 Gage qu'il se dédit. — Et moi, aml^^ ;o; V, 3.

♦ G'es^-à-dire ;« gage, je parie, comme fiflb

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