‹ Lexique de la langue de Molière comparée à celle des écrivains de son temps (volume 2)Chapitre 43 sur 596 · DENTS · texte numérisé non relu

DENTS

ïay les denU bi«n longuet, U est advis à mon ventre qu'on m*a couppé les deux mains. - Fainç. d'Amboisb, Le» Néapolitamee , III, 3.

Dent : avoir une dent de lait contre . • . , locution.

C'est que vous avez, mon frère, une dent de lait contre lui.

Mal. imag.y III, 3.

Seigneur lidias, il faut que je tous embrasse ; j^ay mis en arrière la dent que j*avm contre voue. - Comte db Cramail, Comdd. det Prov., III, 7.

J*ay veu aussi des livres en prose où Ton trouvoit de telles façons de parler que celle-cy : trCela arriva pour Tacbever de peindre : il portoit une dent de lait à »on rival; j*iray là mais que vous y soyez; si cela arrive, je n'en puis mais ; vous mettez le nez dans cette affaire.» - Sorbl, Berg. extrav., édit. 1639 , III, p. 553.

Dame Pallas sceut cette affaire . . .

Et puis en outre cbacun sçait Qu'elle avoit une dent de lait Contre Aglanros, pour d'autres cboses.

RiGHBR, Ovide bouffon, 166a, p. 96/i.

Dents : en d^pit des dents ou malgré les dents.

/i5i N'avons-nous pas assez des autres accidents

Qui nous viennent happer en dépit de nos dénis? - Sgan. , se. 17.

Quoil Vous n'êtes pas effectivement. . . — Non, vous dis-je; ils m'ont fait médecin mdgri mes dénis. — Mid. malgré lui y III, 1 .

Nous Taurons malgré vous. — Comment, coquin? — Nous l'aurons, dis-je, en dépit de vos dents. — SicU., se. 8.

Tenez une femme serrée , gardée et obligée tant que vous voudrez , si fera elle un saut en rue malgré vos dente, s*il luy en prent envie.

N. DU Fâil, Conte» et Di»c. d'Eutrapel, Paris, Jouaust, 1875; I, p. 16&.

Toy qui viens d^entrer là-dedans,

Qui bats les gens nudgré leur» dent» ,

Tu m*as frappé sans du'e gare. - Scarron, Jodelet duelUete, IV, 7.

Ces cheveux bruns qui flottent sur ta joue. . . Maugré me» dent» me tiennent au collet.

Saint- Amant, Œuvr,, bibi. elzév., Il, p. 86.

3o U faut quitter Paris, malgré »e» denté.

LoRBT, Muze hi»tor., 11 février i65i.

37 La Fronde en a la gueule morte.

Mais dât-elle en crever, n'importe.

En dépit d^elle et de »e» dent» , Monsieur de Vendôme est dedans. - Id., ihid., 16 août i653.

a 35 Tay rimé les vers précédents

L'onze du mohs^ malgré me» dent», - lo., ihid., 11 novembre i656.

La paix dura quelques mois ;

Leurs denU, sans faire désordre,

Sans se grincer et sans mordre ,

Demeurâ*ent quelque temps

En repos, nuUgréleun denU. - Baitiur, Lucam ira»., i656, p. 56.

Vous en déplaise ou non, maigre vous et vo$ denU, Je m*en vais fureter et dehors et dedans.

Th. CoiH., D. Berir, de Gg., III, 7; - Cf. 1d., Qmt. d'Org., V, 6; - Geôlier de êoi-méme, I, 5; - Cfuàrme de la Voix, I, à,

n est extraordinaire de mettre les gens sous la presse malgré leurs dente.

Db là Gboix, Guerre corn., 166/1; Éplt. dédie

Sous ombre que vos dents sont belles, Groyez-vous quMl vous soit permis D*enchérir chaque jour sur toutes les crudles?. . . Mais gardez qu*on ne vous méprise , Malgré vous et malgré vos dents, - Montreuil, Œuvr., 1666, p. USS.

n faut que je le dupe encor, malgré ses dents,

QimfAiiLT, L'Amant indiscret, V, 5.

Mais en dépit de lui. Madame, et de ses dents. Je verrois le beau monde et ferois des amants.

Poisson, L'Après-Dùié des Aubergee, se 1 1.

DÉPARTIR (Se) DE. . . , renoncer à. . .

873 Puisque de son dessein je dois me départir. . .

Éc. des Mar,, III, a.

Je me résolus par de^it de me despartir entièrement d'eUe,

DTaré, L'Astrée, 161&, U, p. aSs. - Cf. Id., ibid,, H, p. a3g.

17 J^avois toujours fait cas, aimant chose si haute,

De ne m*en départir jusques à mon trépas. - Malb. , I, 87 ( Var, ).

968 Ne vous départez point d'une si noble audace. - Gobn., Nicom,, I, 3.

53 Rohan a subi Tamnistie, Et son Ame s'est départie De tout commerce, intrigue, employ, Contre le service du Roy. - Lobbt, Muze histor,, a novembre i65fi.

Je me joignis. . . à lui (Mazarin), avec dessein de ne le quitter de ma vie, s^il ne se départait pas de ses véritables devoirs, ou s'il n'essayoil de me faire d^mrtir des miens. - LÀ Rochbt., II, Uktt,

lis (les Calvinistes Polonois) convinrent d'une nouvelle manière d'expliquer Tartide de l'Eucharistie, sans qu'aucun d'eux se departist de ses sentimens.

BossuBT , Hisl, des Var, , a in-4*, 1 688 ; I , Préf. , S xiv ; - Cf. Id. , ibid, , I , s a 8 , 3 1 5 ; - Hist, univ, , in-A", 1 68 1 , p. 5 1 6-5 1 5.

DÉPAYSER : au propre, changer de pays; aufg.j déniaiser.

1620 Peut-être que son âme, étant dépaysée ^

Pourra de cet amant être désabusée. - Ec. des Fem., V, 5.

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