‹ Lexique de la langue de Molière comparée à celle des écrivains de son temps (volume 2)Chapitre 438 sur 596 · GRACE — GRAIS · texte numérisé non relu

GRACE — GRAIS

Je cumineiiçai ma letlre par vous rendre mille grâceë de vos soins.

La Rochkf., m, p. 97.

3tc Dans une Chanson qui fait partie de ses Bergeries et Mascarade» , Desportes avait dit : Je vous rende grâce, 6 Déitez sacrées.

Malherbe le reprend, dans ses annotations : trli faut dire je vous rend* grâcee. Grâce, au singulier, ne signifie pas grate»; je ne m^enquiers pas si le latin dit gratiam.v - Malh. , IV, p. 4/19. — Voir Bhunot, Doctr, de Malh,, m-8", p. 353.

Le P. Bouhours est moins aflirmatif : «rSoit qu'on dise rendre grâceê ou rendre dee actione de grâcee, grâcee est toujours au pluriel pour le moins en prose; car, comme la poésie a des droits que n'a pas la prose , on pourroit dire en vers : rendons grâce au Seigneur. Nos meilleurs poètes disent 1 un et l'autre suivant le besoin qu'ils en ont :

. Rendez grâce au seul nœud qui retient ma colère!»

BouROUBS, Rem, nouv, $ur la long, franc., 1689, p. 3â3.

Je vous rende grâce, leur dit-elle,

De tant de marques d'amitié. - La Fort., YIII, p. 100 : Psyché, iiv. I.

GhAGE : DIEU GRÂCE.

* Voir ci-dessus, p. 8a, Dieu grâce.

Grain : poulet de grain.

* Voir Poulet de grain.

Grain de sel.

a|c Voir Sel : grain de sel.

GrAIS, grec. [Langage populaire.)

1669 Et ne voulant savoir le grais ni le latin,

Elle n'a pas besoin de Monsieur Trissotin. - Fem, sav,, V, 3.

Est-ce là du latin, dit Vollichon? Je ne l'entends point, mais du grais, je vous en casse. - FuRETiftHs, Rom, bourg,, bibl. elzév. , p. laS-iaS.

^ Ce quiproquo était une plaisanterie courante :

Du latin, j'en sais peu; mais pour du grès, j'en casse.

Gilet de la Tessonnerib , Le Desniaisé, IV, 5.

30 3 Parlcra-t-il à cette fois

Ou bon Lorrain ou bon François?

Pour du grez, souvent il en casse. - Lorbt, Muze histor,, 95 août 1669.

La prononciation de grec comme gré ou grais est attestée par le nom de la me des Grès, autrefois rue Saint-Etienne des Grecs. En général « le c se prononçait à la fin des

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