‹ Lexique de la langue de Molière comparée à celle des écrivains de son temps (volume 2)Chapitre 462 sur 596 · GUEUX · texte numérisé non relu

GUEUX

Crois-moi , ne f obstine pas dans une condition où il n y a que gueuterie à espérer et gibet à gagner. - Do Verdibb, Le Flatteur, 1696; V, k.

Doucement, Monsieur, voilà encore trois louis dW. — Une belle gueuterie, vraiment! - Rbgnard et DuFBépir, Foire Saint- Germain, II, 5.

Gueux.

709 Non de ces gueux d'avis, dont les prétentions

Ne parlent que de vingt ou trente millions. - FâcL, III, 3.

iSqo 0 Ciel! Vit-on jamais une telle insolence?

La peut-on concevoir d'un serviteur, d'un gueux!

Amph., III, ù.

il ne faut pas trouver étrange que des personnes conduites par le désespoir ou par le dépit s'entre-baltent comme gueux.

Le P. Gabasse, Rech. de% Rech. de M' Ett, Pa»quier, i6aa, p. 85i.

Icy me revient une conception que j'eus de ce temps-ià . . . Bien qu'elle parte d'un gueux, pense qu'un gueux, pour estre gueux, n'est pas moins homme pourtant, et peut n'eslre pas sans espnt, si l'habit ne fait pas le moine.

Chapelain, Trad. de Guzm, d'Alfar., i63o ; I, p. 171 ; - (]f. ibid,, II, p. 458.

* La traduction de Chapelain porte pour titre : trl^ Gueux , ou la Vie de Guzman d'Aïfarache, image de la vie humaine. 7)

Il n'y a que trois jours que tu es sorty de l'hôpital , et tu veux faire des comparaisons avec les gueux! - Comte de Cramail, Coméd. de$ Pi'ov., I, 7.

Depuis que les auteurs font les gueux en vers et en prose , TÉpitre liminaire ne passe que pour une estocade. - Scarron, (JEuvr,, Paris, David, 1700; I, p. 968.

Tout gueux qu'ils sont (ses vers), ils ont un cœur de Roy.

Saint-Amant, OEurr,, bibl. elzév., I, p. 887.

Quel peut être ce vicef — Il est gueux comme un rat.

Th. Cobn., D. Rertr. de Cig., I, a.

Cadet, prétendez-vous avoir beaucoup d'enfants?

— Peut-on?, . . — Point de peut-on, car je vous le défens.

La cause est qu'il n'est point de famille nombreuse

Qui presque en moins de rien ne dégénère en gueu$e.

Id., Comteue d'Orgueil, I, 3.

Etre gueux en amour est un malheur extrême.

Id. , 1, 1 ; - Cf. D. Bertr, de Cig, , V, la.

Immobile, le pauvre fat Demeura fixe en cet état , . . .

En action de suppliant.

Tendant la main en gueux malade Qui va demandant la passade.

RicHER, Ovide bouffon, 1669, p. Sâo-SAi.

A 1)9 Le coquin parle en Prince, et n'est qu'un gueux parfait.

La Fort., Vil, p. 89 : VEun., 11 , 3.

Page 1