‹ Lexique de la langue de Molière comparée à celle des écrivains de son temps (volume 2)Chapitre 464 sur 596 · GUIGNER · texte numérisé non relu

GUIGNER

A quelle heure vous levoz-vous? — Presque quand le Soleil qui est la guidé de» Muses. - Dial. de Vivèi, trad. par de la Motte, iii-Sa, 1609, P- ^^*'

Ce grand Dieu, ne voulant point laisser. . . Thommo sans une bonne guide, luy a donné des Juges et des Rois. - D'Urf^, L'Astrée, 161/1; II, p. 910.

La philosophie doit élre \ei guide de Thomme. - Malh., Il, p. Sai.

* Ce mol se trouve ici dans un sommaire qui peut n être pas de Malherbe; ce qui permet te doute, c^est que Malherbe a blâmé Desporles d^avoir fait guide féminin dans ce vers :

Avoir pour \ovLie guide un désir téméraire. - Id., IV, p. 3ia.

irMaupas dit, sans sVxpliqucr (f* 69 r°), que le mot a deux genres comme deux sens. Et, en effet, on le trouve au xti* et au xvii' siècle dans cette acception (du vers de Deaportes, cité ci-dessus). Littré en fait Tobjet d^une remarque. Richelet considère que le mot est masculin quand il désigne un homme qui conduit , féminiu quand il désigne une femme ou une chose qui guide. Fmrctière fait ujie remarque analogue, n

Bbukot, Doctr, de Malherbe, in-8*, p. 358.

Elle lit saint Bernard, la Guide des pécheurs. - Régnier, Sat, XIII.

11 asseuroit aussi qu'il vouloit dresser Titinéraire de Paris, c^est-à-dire la guide des chemins de celte grande ville. - Sorbl, Polyandre, 1, p. 369-353.

Toujours le médecin s^atlache au battement (du pouls). C'est sa guide. - La Font., VI, p. 3 3o : Le Quinquina.

Jusqu'à sa 6' édition (i835), TAcadémie admet ou constate Pemploi du féminin dans les titres d'ouvrages; mais, en 1 835, elle n'admet plus que le maacuhn dans cet emploi du mot guide, tout en rappelant l'usage ancien, qui voulait le féminin.

Guigner.

J'ai guigné ceci tout le jour. - VAv.j IV, 6.

Je guignay et reguignay de tous costez, passay deçà, passay delà, fis du bruit, loussay, crachny, gratlay, mais autant que si je n'eusse rien fait.

Chapelain, Trad. de Guzm, d'Alfar., j63o; III, p. 309.

L'oiseau qui fixement regarde

Le soleil , quelques rais qu'il darde ,

S*il jetoit les regards sur vous.

Guignerait et feruil l'œU doux.

Il faut qu'on guigne , quoi qu'on fasse ,

Quand on regarde vostre face.

ScARRON, Œnvr,, Paris, David, 1700; 1, p. 388; - Cf. Id., ibid., I, p. 110.

Mais pour celui-ci qui vous touche,. . . Que vous ne faites que guigner, Prenez-le-moy sans barguigner.

Id., Virg. trav,, Paris, David, 1703; I, p. 977.

Sous ombre que par un seul trou Vous guignez ce Dieu du Pérou , . . .

Faut-il tant faire Tenlcndu?

Saint-Amant, Œuvr., bibl. elzév., II, p. 397.

518 6UINDER

L^un m^appelle Martin Coquassc,. . .

Mon fils Bacchus on guigne au pol Vénus une franche bagace , Son petit fils un liche-caï^se.

Dassouct, Ovide en belle humeur, i65o, p. 69.

n veut savoir si tout va bien

Sur ia terre, el de Tceil il guigne

Si Tun rit et Tautre rechigne. - Richeb, Ovide bouffon, i66«, p. 177.

Enfin, guignant de haut en bas.

Il voit le temple de Pallas.

Id., ibid,, p. a36; - Cf. îd., ibid,, p. 117, SgÂ, h^S-hZ'].

Ménage dérive ce mot de l'espagnol guinar, hazer dei ojo, guigner, faire signe de Vœà,

Page 1