GUINDER
Il est bien plus aisé de se guinder sur de grands sentiments, de braver en vers la Fortune, accuser les Destins, et dire des injures aux Dieux, que d'entrer comme il faut dans le ridicule des hommes.
Crit de VÉc. dei Fem. y se. 6.
635 II est guindé sans cesse, et dans tous ses propos.
On voit qu il se travaille à dire de bons mots. - Misanth.^ II, &.
81 Je le tiendrois fort misérable
S'il ne quittoit jamais sa mine redoutable.
Et qu'au fatte des cieux il fût tousjours guindé, — Amph, , ProL
Aufguré :
ff(iOmme les vers (V Horace ont quelque chose de plus net et de moins guindé poarki ppnsées (|ue ceux du Cid, on peut dire que ceux de cette pièce ont quelque cho«e de plof achevé que ceux d^ Horace, d - Cobn. , Examen de Cinna.
Si j'osois donc , sur Parnasse guindé, Faire un poème intitidé Condé, Que je ferois faire aux races futures Signes de croix dessus vos aventures I
ScARBOif, Œuvr,, Paris, David, 1700; I, p. aàa-sU; - (]f. Id., I, p. 96.
U (Horace) parle en vers comme nous parlerions en prose,. . . bien éloigné sm» doute des métaphores guindées d^un poète qui moute sur des échasses pour se (aire voir. - GoTiN, Critiq, désintér,, 1666; Nouv. Coll. moliér., p. hà-àb.
Vous me dépeignez fort bien ce bel esprit guindé; je ne Taimerois pas mieui que vous. - Sév., Ijettr. à A/""" de Grignan, 6 avril 1679.
Et laissez à l'écart les discours trop guindés . . .
MoifTPLBDRY, Dupe de soi-même, I, 1 ; - Cf. Ambigu corn,, 1" interm., se f.
Il fait Tamant d'extase, et, cachant son esprit. Se sert de mots guindez en tout ce qu'il luy dit.
Hadterochb, Bourg, de quai, I, s.
GUIPUPE — HABILE 519
Elle n'aime point du tout Monsieur Jean Guindé, qu'on lui destine pour époux. . . — Il est beaucoup plus guindé d*efifet que de nom.
GaiMPHESLé, Rue Saint'-D«ny$, se. 9.
Je veux bien croire que les Docteurs ne preschoient pas au peuple trieurs spéculations vaines et guindéetn, comme les appelle le Ministre (Jurieu).
BossuBT, AverL aux Protett., m-4% 1689-1691 ; VP, S 1 la, p. 618.
* Voir ci-dessus, p. /îi3 , au mot Foudre, un extrait où le neur de Rochemont (7 Barbier d'Aucour) fait allusion au passage cité ici de la Crû, de VEc, dêi Femmes,
Au propre :
11 employa toutes ses forces à se guinder en haut.
SoBiL, Berg. extrav,, 1697, p. 3i9; ~ Cf. Id., Polyandre, 16Â8; I, p. 3o.
Elle se guinda dans Tair perse Gomme un feu qui- du crystal perce.
ScABRON, Virg, trav., Paris, 1706; II, p. 55; - Cf. Id., ibid,, I, p. i83; - II, p. ia3 et 955.
De là, ces ribaux se guindans, Prirent la lune avec les dents.
RicBBR , Ovide bouffon, 1 669 , p. 1 8 ; - Cf. Id. , ibid, , p. 59 , 453 , 6 1 4.
Perseus, tout furieux,
Guinda son vol jusques aux cieux. - Id., ibid,, p. 493.
Il se laissa conduire et guinder à la potence fort gaiement.
La Fort., IX, p. 991 : Lettre à $a femme,
« «Guinder, dit Nicot (i573), eureum tollere, tirer en hault comme on faict des grosses pierres avec engins à cela propres, et les cbevaulx et fardeaulx dans les navires et les voiles d'iceulx navires , qu'on dit aussi yiser, Guinder aussi est par efforts d'agilité se lancer en hault, comme il se guinda sur le rempart.»
Guinder, au propre, figure dans tous les dictionnaires français de marine.
Guipure.
539 Je Youdrois bien qu'on fît de la coquetterie
Comme de la guipure et de la broderie. - Éc. des Mar., 11, 6.
* 9 Guiper, terme de rubanier; c'est passer un brin de soie sur ce qui est déjà tors. — Guipure, ouvrage guipé, manière de dentelle de soie où il y a des figures de roses ou d'autres fleurs, et qui sert â parer les jupes des dames.» - Ricbblbt.
Cotgrave (1611) parle déjà de guipure de soie et d'or.
Voir ci-dessous, p. 59 1, au mot Habit, une citation à^Aratpe et Simandre,
Habile.
1 356 Que font-iis pour TÉtat vos habiles héros? - Fem. tm. , IV, 3.