‹ Lexique de la langue de Molière comparée à celle des écrivains de son temps (volume 2)Chapitre 507 sur 596 · IMPIE EN. . . — IMPORTUN · texte numérisé non relu

IMPIE EN. . . — IMPORTUN

dans Racine, La Rochefoucanld, etc. M** de Sévignë Ta employé avec un complément, mais au pluriel :

Vous êtes peut-être un peu plus docile , voyant les impétuositéê de ce sang.

Sév. , V, p. 3i6.

Impie en ... , incrédule en . . .

Comment, Monsieur, vous êtes aussi impie en médecine?

z). /liait, m, 1.

^ Gomme le mot précédent, impie s'emploie d'ordinaire sans complément. Le de VAcad, ne donne aucun exemple de impie avec complément. — Th. Gomeilie a fidèlement traduit ce passage :

Ohl jusqu'où vous poussez vostre humeur libertine I

Je ne vous croyois pas impie en médecine. - Ta. Gom., D. Juan^ IH, i.

Importer à . . . , être important pour . . .

33o Parie. — C'est un secret qui m'inporteroil fort, S'il étoit découvert. - UÉu, 1,7.

Hé bieni oui, puisqu'il veut te choisir pour juge, je n'y recule point; il ne nCimporte qui que ce soit. — UAv.y IV, û.

961 Peut-il vous importer par auelle voie arrive

La gloire dont pour vous itdione se prive? - Goaii., Attila, UI, &.

69 n n importe à la République

Que tu fasses ton testament. - La FoifT., II, p. an : FabL, VII, 1.

371 Allez; cet ordre importe au salut de Tempire. - Ric, Britaim,, III, 1.

Importun : être incivil plutôt qu'importun, locution.

Je ne me couvrirai point, si vous ne vous couvrez. — Taime mieux être inciml qu'importun. — Bourg, gent.y III, û.

* Dans un ouvrage dédié à Malherbe, par conséquent antérieur à i6a8, dans le Secrétaire de la Cour et à la mode, Rouen, sans date, Puget de la Serre a joint à s« modèles de lettres un opuscule intitulé : Lei compliments de la langue Jrançoise , par N. N., qui occupe les pages 371 -33a. On y lit, p. a8o :

«tA. . . Prenez place, Monâeur. — B. . . Ge sera après vous. Monsieur. — A Non»

Monsieur; je vous prie de vous mettre là, la place est dédiée. — B. . . G^est donc pour vous obéir, Monsieur. J'aime mieux faire l'incivil que l'importun,n

Dans un autre compliment, B. . . répond à A. . . qui le presse de sortir le premier :

<r Monsieur, puisqu'il vous plaît ainsi, et de peur d*étre réputé importun au lieu de cieil, je ferai cette incongruité, avec protestations que vous m*y forcei.9 - Ibid., p. 198.

En i63i. Le Bourgeois poli, livret reproduit par Ed. Foomier dans le tome IX de ses Variétés (bibl. elzév.), donne un dialogue sur le même sujet :

(tLe Bourgeois : Entrez, je vous prie. — Li second Gomrii : Monsieur, nous ne le ferons pas, nous serions plutôt là tout aujourd'hui. — Le Bourgeois : Messieurs, ce sera donc pour vous obéir \ j'aime mieux faire l'incivil que l'importun, n

Hé I allons donc sans tant de cérémonies ; j*aime mieux faire l'incivil que l'importun, -> Le Courtisan patf,, in-3a, 16A0, p. 66.

En 1 680 , une 6* édition de Touvrage de Puget de la Serre conserve la précieuse formule, ce qui prouve qu'elle était encore en usage. Nous la retrouvons plus tiffd, en 169.3, dans le traité Du bon et du mauvais usage dans les manières de s'exprimer, etc., par de Gallières; on presse M. Thibault, un jeune bourgeois, de prendre un siège; il résiste, mais enfin : tr J'ai oui dire , Madame , qu'il vaut mieux être incivil qu'importunn , dit le jeune Thibault en s'asseyant (p. 17). Et plus loin :

ffll est vrai, dit le Commandeur, qu'il ne suffit pas de savoir les bonnes façons de parier, pour s'en servir; il faut connottre les mauvaises pour les éviter, surtout certains dictons qui font l'ornement des discours de la bourgeoisie, et dont M. Thibault nous a donné un exemple, lorsqu'il a dit à Madame qu'il vaut mieux être indvU qu'importun, 9

La phrase consacrée avait donc survécu à M. Jourdain , et alors il est probable que si elle avait fait sourire à la Cour, elle n'avait pas été remarquée à la ville.

M. Ed. Foumier a relevé, dans Les Joyeuses Commères de Windsor, de Shakespeare, un assaut de politesse entre MM. Page et Stander; à la fin, celui-ci dit : Fil rather oe unmannerly than troublesome, — C'est la phrase même de M. Jourdain.

Imposer, v. act.; faire croire une chose fausse.

297 Faites-moi pis encor, tuez-moi, si ]impo$e

En tout ce que j'ai dit ici la moindre chose. - Dép. am,, I, &.

&86 Ne démens pas leur voix; mais aussi garde bien Que, pour les croire trop, ils ne imposent rien.

D, Garc.^ II, A.

971 Mais quoi qu'à ces mutins elle puisse imposer.

Demain ils la verront mourir ou t'épouser. - Com., HéracL, I, 3.

Imposer , attribuer, affecter à . . .

1093 On ne peut imposer de tache à cette fille. — UÉUy III, 3.

111 Ils ont force pareils en ce bas univers, Gens à qui j'impose pour peine Votre censure et votre haine. - La Font., III, p. igS : FabL, XII, 1.

Imposer, v. n.; imposer un mensonge, mentir, tromper; ÉToti, probablement y imposteur; en imposer.

991 Qui ne s'y fût trompé? Jamais l'air d'un visage,

Si ce qu'il dit est vrai, n'imposa davantage. - UÉUf III, 9.

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