IMPIE EN. . . — IMPORTUN
dans Racine, La Rochefoucauld, etc. M*" de Sévigné l'a employé avec un complément, mais au pluriel :
Vous êtes peut-être un peu plus docile, voyant les impéluositéê de ce sang.
Séf., V, p. 3i6.
Impie en ... , incrédule en . . •
Comment, Monsieur, vous êtes aussi impie en médecine?
Z). /liait, III, 1.
^ Gomme le mot précédent, impie s'emploie d'ordinaire sans complément. Le de l'Acad, ne donne aucun exemple de impie avec complément — Th. Gomeilie a fidèlement traduit ce passage :
Ohl jusqu'où vous poussez vostre humeur libertine 1
Je ne vous croyois pas impie en médecine. - Ta. Goaa., D. Juan, III, i.
Importer à . . . , être important pour . . .
33o Parie. — C'est un secret qui rnimporteroil fort, S'il étoit découvert. - UÉt.y 1,7.
Hé bieni oui, puisqu'il veut te choisir pour juge, je n'y recule point; il ne nCimporte qui que ce soit. — VAv,y IV, û.
961 Peut-il voue importer par auelle voie arrive
La gloire dont pour vous ifdione se prive? - Gorh., Atùla, III, &.
69 n TL importe à la République
Que lu fasses ton testament. - La Font., Il, p. âi 1 : FabL, VII, 1.
371 Allez; cet ordre in^orte au salut de Tempire. - Ric, Britarm,, III, 1.
Importun : être incivil plutôt qu'importun, locution.
Je ne me couvrirai point, si vous ne vous couvrez. — Taime mieux être incivil qu'importun, — Bourg. gent,y III, 4.
* Dans un ouvrage dédié à Malherbe, par conséquent antérieur à 1698, dans le Secrétaire de la Cour et à la mode, Rouen, sans date, Puget de la Serre a joint à sc^ modèles de lettres un opuscule intitulé : Lei compliment» de la langue françoiee , par N. N., qui occupe les pages 371 -33a. On y lit, p. 380 :
ïtA. . . Prenez place, Monsieur. — B. . . Ce sera après vous, Monsieur. — A. . . Non, Monsieur; je vous prie de vous mettre là, la place est dédiée. — B. . . G*est donc pour vous obéir, Monsieur. J*aime mieux faire l'incivil que l'importun,n
Dans un autre compliment , B . . . répond à A . . . qui le presse de sortir le premier :
<r Monsieur, puisqu'il vous plaît ainsi, et de peur d'être réputé in^ortun au lieu de citd, je ferai cette incongruité, avec protestations que vous m*y forcei.» - Ibid,, p. 198*
En i63i, Le Bourgeoii poli, livret reproduit par Ed. Foornier dans le tome IX de ses Variétéi (bibl. elzév.), donne un dialogue sur le même sujet :
(tLb Boubgiois : Entrez, je vous prie. — Lb sbgonb Gonvii : Monsieur, nous ne le ferons pas, nous serions plutôt là tout aujourd'hui. — Lb Bourgeois : Messieurs, ce sera donc pour vous obéir; j'aime mieux faire l'incivil que l'importwi.n
Hél allons donc sans tant de cérémonies; j'aime mieux yôtre l'incivil que l'importun, - Le Courtisan parf,, in-3a, 16A0, p. ti6.
En 1 680 , une 6* édition de Touvrage de Puget de la Serre conserve la précieuse formule, ce qui prouve qu'elle était encore en usage. Nous la retrouvons plus tard, en 169.3, dans le traité Du bon et du mauvaii usage dans les manières de s'exprimer, etc. , par de Gallières; on presse M. Thibault, un jeune bourgeois, de prendre un siège; il résiste, mais enfin : tr J'ai ouï dire , Madame , qu'i/ vaut mieux être incivil qu'importunn , dit le jeune Thibault en s'asseyant (p. 17). Et plus loin :
«rll est vrai, dit le Commandeur, qu'il ne suffit pas de savoir les bonnes façons de parier, pour s'en servir; il faut connottre les mauvaises pour les éviter, surtout certains dictons qui font l'ornement des discours de la bourgeoisie, et dont M. Thibault nous a donné un exemple, lorsqu'il a dit à Madame qu't/ vaut mieux être incivil qu'importun, n
La phrase consacrée avait donc survécu à M. Jourdain, et alors il est probable que si elle avait fait sourire à la Cour, elle n'avait pas été remarquée à la ville.
M. Ed. Foumier a relevé, dans Les Joyeuses Commères de Windsor, de Shakespeare, un assaut de politesse entre MM. Page et Stander; à la fin, celui-ci dit : FU rather be unmannerly than troublesome. — C'est la phrase même de M. Jourdain.
Imposer, v. act.; faire croire une chose fausse.
297 Faites-moi pis encor, tuez-moi, si j'impose
En tout ce que j'ai dit ici la moindre chose. - Dép, am., I, &.
&86 Ne démens pas leur voix; mais aussi garde bien Que, pour les croire trop, ils ne (imposent rien.
D. Garc,^ II, A.
971 Mais quoi qu'à ces mutins elle puisse imposer,
Demam ils la verront mourir ou t'épouser. - Cobr., HéracL, I, 3.
Imposer , attribuer, affecter à . . .
1093 On ne peut imposer de tache à cette fille. — UÉUy III, 3.
111 Us ont force pareils en ce bas univers. Gens à qui j'impose pour peine Votre censure et votre haine. - La Font., III, p. igS : Fabl., XII, 1.
Imposer, v. n.; imposer un mensonge, mentir, tromper; éTotl, prohahlemmi y imposteur; en imposer.
991 Qui ne s'y fût trompé? Jamais Tair d'un visage,
Si ce quil dit est vrai, n'imposa davantage. - UÉu^ III, 9.
1077 C'est bien assez pour moi qu'il m'a désabusé,
De voir par quels motifs tu m'avois imposé, - L'fiit., III, &.
977 Suivez-moi seulement
Vous verrez si ^impose, et si leur foi donnée
N'avoit pas joint leurs cœurs depuis plus d'une année.
Éc. des Mar.y m, 5.
1713 Je ne sais pas s'il impose; Mais il parle sur la chose Comme s'il avoit raison. — Amph., III, 5.
Hélas! à vos paroles je puis ici répondre, moi, que vous n*i$nposez point. - UAv., V, 5.
Je n^abuseral point de votre absence de la Cour pour vous impa$er touchant celte tragédie. - Cob5. , V, 8 : Épitr, prélim, de Théod.
Il y a une autre hypocrisie, qui n'est pas si innocente, parce qu^efle impom i tout le monde. - La Roghkp., I, p. la/î.
J'appelle icy les maistrcs de Tart à témoin, et si yifnpose au Lecteur, je les conjure ae me reprendre. - Gotin, Crit, détintér., 1666; Nouv. Coll. moliér., p. A3.
Par ma foi , cher Baron , il faut voir tout cela. Viens-y tantôt, mon fils, tu verras si jimpoie,
BouBSAULT, Purtr. du Pinnlre, se. 9.
Il peut s'inscrire en faux contre ce que je dis, Si i impote. - Motupleurt, Trigaudin, V, 8.
Je n'impute jamais de la moindre syllahe. - Poisson, Coméd, tanM titre, V, 6.
Ils imputèrent par ces artifices au Pape Honorîus IL
BossuKT, Hitt univ., in-à°, 1681, p. 137.
Leurs paroles, aussi peu solides qu'elles estoient magniGques, impotoient an monde. - Id., ibid,, p. 889.
Dans une matière de cette importance, je ne veux ni impoter ni exagérer.
Id., Conjér, avec M. Claude y in-ia, 168a : Réflex., p. 378; - Cf. Id., ibid,y p. 966-357.
Il est maintenant aisé de voir combien il (le Ministre Jurieu) impote au monde par sa belle distinction de théologie et de foy.
Id., Avert. atix ProtetU, in-/i', 1689-1691; VI, S 6à, p. SSa; - Cf. Id., ihid.y VP, S 67, p. 718-71/1.
■^ Bossuet a employé aussi , dans le même sens , en impoter :
Je ne m'cxposerois pas à mentir à la face du soleil sur une chose où il y aurait cinq cens témoins contre moy si j'en impotois au public.
BossuBT, Avert, aux Protett,, VI*, p. 836.
L'on demande s'il ne lui seroii pas plus aisé d'imposer à celle dont il est aimé qu'à celle qui ne l'aime point. - La Brut. , I , p. 1 9 1 .
Pour impoter aux sots, je traduisis Longin. - Regxard, Tomheau de Despr.
♦ Aucun dictionnaire antérieur au P. Pomey ne donne ce sens, ni Nicot, ni Monel. ni Cotgravc, ni Oudin, ni Duez. — Pomey (1676) donne cet exemple : erVous luy vin impoté, vous l'avez trompé, iUum fefdlitti , decepitti.n