DÉPOUILLER (SE) — DÉPOURVU (AU
m erJe me suis aussi esbahî souventesfois de ceux qui, pour s'esloigner du commun [Miier, ont esté les premiers auteurs d'user de composez au lieu de simples , et de simples au lieu de composez : comme de déporter au lieu de porter, et de porter au lieu de $upporter. Ex. : vil 8*est bien déporté en cesle aflaire'», au lieu de : «Il s*est hïen portén \ et «Il estoit porté par les plus grands» , au lieu de dire supporté. . . Et quand est aussi du verbal département, il me semble qu'il ha encores plus mauvaise grâce que son verbe déporter. Je confesse bien que le simple portement n'est point ou gucres en usage ; mais aussi quW-il besoin de dire : trSes actions et deportemensv ^ puisque le premier suffit?» - H. EsTiBiTHE, Conjorm. du long, franc, avec le grec, édit. Feugère, p. /ia.
Ni Robert Estienne, ni Nicot ne donnent ce mot; Nicot (i573) a une longue note sur remploi <rès vieux romans» de déport dans le sens de plaisirs, ébats. On le trouve, pour la première fois, dans le Diction, des Rimes d'Odet de la Noue (tSgô), puis dans le Cotgrave de 161 1 ; il se retrouve dans le Monet de i6ao, de i636, puis dans Oudin (lôàa), etc.
DÉPOUILLER (Se), aufguré.
A-t-on jamais rien vu . . . de plus impertinent et de plus ridicule que d^amasser du bien avec de grands travaux, et élever une fille avec beaucoup de soin et de tendresse, pour se dépouiller de Tun et de l'autre entre les mains d'un bomme qui ne nous touche de rien?
Am. méd.y I, 5.
to8 Sus, Magdeleine, il se faut, et pour cause.
Dépouiller nue, et quitter cet habit. - La Fort., V, p. AgS : Contes, IV, 10.
1 384 Mais je veux bien cesser d*étre son ennemi.
J^en dépouille, Madame, et la haine et le titre. - Rac, Alex., Y, a.
Luther s*est expliqué contre les vœux monastiques d^une manière terrible, jusqu^à dire de celuy de la continence (fermez les oreilles, âmes chastes) qu^il estoit aussi peu possible de Taccomplir que de se dépouiller de son sexe.
BossuBT, Jlist. des Var., 9 in-/i% 1688; I, p. 166.
DÉPOURVU (Au), à l'improviste.
1810 Mais je vous avouerai que cett« gayeté
Surprend au dépourvu toute ma fermeté. — D. Gare., V, 6.
990 Sitôt qu*ati dépourvu sa fortune lui montre
Le lieu qui fut témoin d^un si lâche méfait. . . - Malh., I, i5.
Leur éclat a surpris mon cœur au dépourvu.
Th. Cohn., D, Bertr. de Cig., II, A.
* n nous en prend comme aux mauvais messagers qui, pour avoir plus tosl faicl, «njpruTilent de leurs voisins ce qu'ils trouveroyent chez eux, s'ils vouloyent prendre la P^e de le chercher. Et encores faisons>nous souvent bien pis, quand nous laissons, sans sçavoir pourquoy, les mots qui sont de nostre creu et que nous avons en main , pour nous *^ir de ceux que nous avons ramassez d'ailleurs. . . Pourquoy trouvons-nous plus beau à • »«ipforiife que au despourveiiT - H. Estienne, Conjorm. dufr. avec le grec, édit. Fougère,