‹ Lexique de la langue de Molière comparée à celle des écrivains de son temps (volume 2)Chapitre 514 sur 596 · INCIVIL — INCLÉMENCES (LES · texte numérisé non relu

INCIVIL — INCLÉMENCES (LES

Écoutet quatre mois, sans aucune tncartade.

Poisson, Coméd. mm titre ^ LU, A.

Ta pudeur a souffert d*une telle incartade, - Rbgrabd, Légal, unio., III, 9.

3t( Le premier dictionnaire qui ait admis le mot incartade est le Diction, des tUwtm de i6â8. Il ne reparaît dans aucun autre avant celui de Pomey (1676) : tt Incartade, insulte, outrage, affront.» — On le retrouve en 1677 dans le Diction, Jr.-ital, imprimé en Suisse au château de Duillier; mais ni le P. Gandin (1 677 ), ni Guy Miège (1 67g) ne TaccueillenL Enfin voici Richelet (1680) : t( Incartade, brusquerie impertinente, sorte d'insulte;» comme exemple, les deux vers des Fâcheux, Le mot est précédé du signe t qui «veut dire que le mot n'a proprement son usage que dans le style simple, dans le comique, ie burlesque ou le satiriques.

Incartade parait venir du verbe espagnol encartar, qui signifie proscrire, bannir. Une incartade serait un acte de proscription, de brutalité. Du verbe espagnol, Richer a tiré le verbe incarter :

Dame Astrée évitant les coups.

Voyant que tout étoit en guerre.

Fait gille au Ciel et fuit la Terre.

Mais sans son hôte elle conta,

Car jusqu^au Ciel on Vincarta, - Ricbbb, (hnde bouffon, 1669, p. 17.

Incivil : être plutôt incivil qu'importdn , locution.

t Voir ci-dessus, p. 670, Importun.

Inclémences (Les).

Voudricz-vous, faquins, que j'exposasse l'embonpoint de mes plumes aux inclémences de la saison pluvieuse? - Préc, rid.y se. 7.

Quel amas d'arbres toujours verts

Triomphe ici de Vinclémence

Des aquilons et des hivers. - La Fokt., Vlll, p. ag : Peyché, liv. I.

♦ ff Molière, dit le Diction, de Trévoux (1783), employé ce mot d*une manière précieuse dans une de ses comédies;?) suit la phrase citée. Si le mot inclémence a été noté comme précieux, c'est parce que Mascarille Temploie au pluriel, car, au singulier, on le trouve dans les plus anciens dictionnaires et dans de nombreux auteurs. Bouhours voit dans inclémence un mol poétique : tr Inclémence. M. de Balzac Ta employé dans le propre : Vinclétnencc de Tair, Vinclémence des temps.» On commence à s'en servir dans le ûguré, cl M. Racine fait dire à Ulysse :

Tandis que pour fléchir Vinclémence des Dieux Il faut du sang peut-être, et du plus précieux.

ffll auroil pu mettre la colère des Dieux; mais il a cru sans doute que Vinclémence des Dieux esloil plus beau et plus poétique. Je croy que M. Racine a raison, et je croy mesme qu'avec le temps inclémence pourra passer de la poésie à la prose. n - BoiHODts, Rem. nouv,, 3* édit., 168s, p. 56i-5/ia.

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