‹ Lexique de la langue de Molière comparée à celle des écrivains de son temps (volume 2)Chapitre 515 sur 596 · INCLINATION — INCOMMODER · texte numérisé non relu

INCLINATION — INCOMMODER

Sur quoi Ménage dit charitablement :

«Le P. Bouhours, qui ne parie d^autre chose dans ses livres de la langue que de propre et de figuré , ne sait ce que c^est ny que propre ny que figuré, n Dans le passage qui précède, il ((dit tout le contraire de ce qu*il faut dire : inclémence de Tair, inclémence du tans est dans le figuré, et inclémence des Dieux est dans le propre.» - Ménage, Obêerv,, a* part., 1676, p. 67-58; - Cf. Diction, éUpnol, de Noël et Garpentier.

De son côté, Andry de Boiregard, dans ses Réfi, but l'usage présent de la langue franc. , 1699, dit : ft Inclémence est un vieux mot que quelques personnes voudroient mtroduire; il ne vaut rien du tout dans la prose , et il n^y a que les Précieuses ridicules qui s^en servent. Neantmoins on le peut dire en poésie.» (Page a6o.)

Nous nous bornons à remarquer l'emploi du pluriel, qui constituait une grâce de langage pour certains parieurs prétentieux ; H. Estienne dit à ce sujet :

<rU y a quelques mots qui sont demeurez en leur usage, ormis quW use du pluriel au lieu du singulier, ou du singulier au lieu du pluriel. Pour exemple. ..n, H. Estienne cite : ff Paire ses couches, vos bonnes grâces», au lieu de «faire sa couche, votre bonne grâce. . . » — «Ce langage est par trop affecté, et tel qu*on le peut bien aussi appeler affetté.» - Lang.frfital,, édit. Liseux, t. II, p. 1 1 1 . — Voir notre 1 1, aux mots : Ardeurs, p. IS9, Bontés, p. 369, Curiosités, p. 533.

Inclination, objet d'une inclination, personne aimée,

N'auriez-vous point quelque secrète inclination, avec qui vous souhaiteriez que votre père vous mariât? - Am. méd., I, 3.

Gomme il estoit galant naturellement, il iuy fâchoit de vivre sans inclination.

Sboriis, Nouv. franc,, i656; 3* Nou9,, p. 34.

58 Ainsi chacune prit son inclination, - La Font., I, p. 19/î : FabL, II, 90.

Incliner : incliner quelqu'un à ou vers.

1173 Et je sais encor moins comment votre cousine Peut être la personne où son penchant Vindine.

Misantk., IV, 1.

i3o3 ... Chacun, seul témoin des grands coups qu'il donnoit, Ne pouvoit discerner où le sort inclinait, - Gobr., Cid, IV, 3.

SI Le cœur de la fille

Inclinoit trop pour notre jouvenceau. - La Font., II, p. /ï 3 : Contes, V, h.

Bien que la médecine incline à Tathéisme et au libertinage, je soustiens au contraire que, de toutes les sciences naturelles, il n^en est point qui eleve plus Thomme à Dieu que la médecine. - Bezançon, Les Médec, à la censure, 1677, p. 3â9.

Incommoder, gêner, au point de vue de l'argent; appauvrir.

Je me treuve un peu incommodé de la veine poétique.

Préc. rid. , se. 11.

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