‹ Lexique de la langue de Molière comparée à celle des écrivains de son temps (volume 2)Chapitre 529 sur 596 · INTELLIGENCE · texte numérisé non relu

INTELLIGENCE

935 Evrard seul, en un coin prudemment retiré,

Se croyoit à couvert de ï insulte iocré, - Dbspb., Lutrin, chant ¥,1676.

t37 A mes sacrez autels font un profane ineulte. - Id., ibid,, chant VI.

♦ Ni Palsgrave (t53o), ni Rob. Estienne, dans son Thésaurus linguœ latinœ (i53i) ou dans son Diction, franc. -lat. (i539), ni le Nicot (i573), ni Monet (1690, i636), ni le Diction, franç.-ital, de i63û, ne donnent les mots inêult, insulte, insulter. Le plus ancien dictionnaire où nous trouvions insuit est le Trésor des trois langues, de Hier. Victor (1606, 161 A, 1637). En 1611, Got^ave donne insult et insulter, qui reparaissent en 1689 et i65o; le Diction. franç.-Jlam, , de 1618 et i643, insulte.

En 1896 et en 169 &, le Diction, des Rimes donne insulte et U insulte; le Diction, franc.iud. de Duez donne insuit, vieux, et insulter.

En 16&7, Vaugelas écrit : vinstdter. Ce mot est fort nouveau, mais excellent pour exprimer ce qu*il signifie. M. Goeffeteau Ta vu naistre un peu avant sa mort (91 avril i693), et il me souvient qu'il le trouvoit si fort à son gré , qu il estoit tenté de s^en servir, mais il ne Tosa jamais faire à cause de sa trop grande nouveauté , tant il estoit religieux à ne point user d'aucun terme qui ne fust en usage. 11 augura bien néanmoins de celuy-cy, et prédit ce qui est arrivé, qu'il seroit receu dans quelque temps aussi bien qpî'insuUe, comme en effet on ne fait plus aujourd'huy de difGculté d'user de l'un et de 1 autre , en parlant et en escrivant.»

Dans ses Remarques sur Vaugelas, Th. Corneille (1687) dit : «Insulter est un mot généralement receu... Quant au substantif insulte, que quelque»-uns font masculin, je suis du sentiment de M. Ménage, qui dit qu'il est constamment féminin : une grande in- Multe et non pas un grand insulte, 11 avoue que nos anciens disoient un insuit ; il estoit alors masculin et ne se terminoit point an e,n — En 1706 , l'Académie française reprend : vlntulter est un mot entièrement establi dans la langue.»

Ménage, Observ. I (1679) : tt Insulte, féminin, incontestablement.»

«Je vous demande d'abord si insulte est masculin ou féminin. — L'auteur des Entre^ liens d'Ariste et d'Eugène (c'est-à-dire le P. Bouhours lui-même, en 1671) le fait masculin. . . Cependant M. Ménage a décide le contraire.»

BouHouBS, Doutes sur la lang. franc,, 167&, p. 11 5.

René Bary, Rhétor, (1676) : «L'on se sert, depuis quelques années, du mot éCinsulter; tout le monde l'approuve.»

Richelet (1680} : f( Insulte. Quelques-uns font ce mot masculin, mais la plupart le font féminin, et c'est le plus scur.» — Furetière (1690) dit nettement : ft Insulte, substantif féminin.» — Au contraire, l'Académie française (169/î), dans la première édition de son Dictionnaire, dit : rt Insulte, substantif masculin; plusieurs le font féminin.» Dès sa deuxième édition (1718}, elle fait le mot féminin.

Dans ses Observ. sur l'orthographe, commencées le 19 octobre 1678, et dont le manuscrit a été publié en i863 par M. Marly-Laveaux , l'Académie dit : « On met un e final à ces mots : insulte, faste (orgueil), régale, mais on n'en met pas à indult.n

Voir ci-dessus, p. 3iio, au mot Faste.

Intelligence, inteHigences, entente, accord; GARDER INTEL- LIGENCE AVEC. . . , avoir des intelligences avec. . .

391 Mais cependant je vois qu'il garde intelligence

Avec celle de qui vous tenez La naissance. - Dép, am.y II, 1.

•■rBimsaia ■AtivkAUi.

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