‹ Lexique de la langue de Molière comparée à celle des écrivains de son temps (volume 2)Chapitre 56 sur 596 · DÉSARMÉ · texte numérisé non relu

DÉSARMÉ

ffvcâ, 1) 3; Détarbnr, Id., Bêrg, extrav,, V, 7; Démarquiter, Rbonabd, Joueur, Y, 6; UéêoeluiUiUtr, 1d., ProL det ChmoU, 1; DéêhumarUterf Id., Coquette, III, 10, etc.; Dé^ eempiÀeofineT, Sir., IV, 698-^39, etc.

A propos de ces mots forgés pour les besoins da moment, le P. Bouhours dît :

•DétênUiiêr. Ce mot est assez nouveau, mais il plaist à beaucoup de gens, et je ne doute pas qu*il ne sMtablisse un jour, pour le moins autant qu'enteiter, . . Quoy que ces mots expriment bien, ils ne sont pas des plus nobles; et ceux qui ont le plus de goût pour oostre langue ne croyent pas qu'il faille les employer dans le stile subUme. Ce sont des mots propres pour la conversation et pour le stile médiocre.

«Au reste, d^tenteeter est [dus heureux que déioveugîer, déaappltquer, dhoceuper, qui n^ODt pas le bonbeur de plaire à nos maistres, et qui ne réussissent point dans le monde, qaoy qu'ils ayent des pères et des patrons considérables. Nous avons plusieurs verbes de cette emce, dieabuter, déeavouer, aétaltérer, désarmer, détromper, etc., mais il n'est pas permis d'en faire à sa fantaisie, à moins qu'on ne le fasse en riant, comme Malherbe, qui se vanioit d'avoir dégaeeonné la Cour.» - Bouhours, Rem, nouv. , 3* édit. 1689 , p. 35i-353.

A propos de dévouloir, employé par Malherbe, Vaugelas dit ne l'avoir vu nulle part ailleurs, mais en approuve l'usage, malgré Chapelain qui le traite de «mot factice et de nul usage.)» {Note de Th. Comeilïe,) II ajoute :

vMesme cette composition de verbes semble avoir ce privilège qu'on en peut former et inventer de nouveaux au besoin, pourveu qu'on le fasse avec jugement et discrétion, et qoe ce ne soit que très rarement.» Il cite ensuite le dUhumanare, de Guarini, ou déthuwumiêer, employé plus tard par Regnard, et reprend :

«On a fait un mot en nostre langue depuis peu, qui est débrutalUer pour dire ôter la brutalité, qui est heureusement inventé, et je ne sçaurois croire qu'estant connu, il ne soit receu avec applaudissement. Au moins tous ceux à qui je l'ay dit luy donnent leur voix, et pas un jusqu'icy ne l'a condamné pour sa nouveauté, comme on fait d'ordinaire tous les autres. Aussi a>t-il esté fait par une personne (la marquise de Rambouillet : note de T%. ComeUle) qui a droit de faire des mots et d'imposer des noms, s'il est vray ce que les philosophes enseignent, qu'il n'appartient qu'aux sages d'éminenle sagesse d'avoir ce privilège.?) - Vaugblas, édit. Chassang, II, a3^93o.

Dans ses Remarquée sur Vauselas, l'Académie française, moins galante, condamne dé^ vouloir et dédare que fidéhrutatieer n'est point non plus en usage». - Id., ibid,

DÉSARMÉ, dégarni, démuni.

Venir en visite amoureuse avec ... un chapeau désarmé de plumes ! . • .

Préc. rid,, se. 4.

97/1 Et le charme qu^elle a pour attirer les cœurs,

CTest un air en tout temps désarmé de rigueurs. — Psyché, I, i .

:¥ Somaize a pris à Molière cette expression : (TiN'avoir point de plumes à son chapeau, avoir son chapeau déearméde plumes.» - Gr. Diction, de» Prêt., v° Plumée.

Corneille a employé souvent détarmé dans un sens figuré :

59 Détarme d'éclairs ta divine âoquence. - Imit., IIl.

ito Ne pourrai-je surprendre un regard favorable.

Un regard daarmé do toutes ces rigueurs? - Nirom., K 9,

Page 1