‹ Lexique de la langue de Molière comparée à celle des écrivains de son temps (volume 2)Chapitre 55 sur 596 · DERNIER · texte numérisé non relu

DERNIER

Ah! mon père,. . . n'allez point pousser les choses dans les dernières violences du pouvoir paternel. - UAv,, V, 4.

Quant au vôtre, bien qu'avare au dernier degré, il y faudra moins de façons encore. - Fourb. de Scap., II, 4.

Trois se croyoient par vous heureux au dernier point.

Bois-RoBBHT, Folk Gag,, IV, ii.

Timée. . . est enclin à reprendre les vices des autres. . . , et si curieux au reste d'étaler de nouvelles pensées, que cela le fait tomber souvent dans la dernière puélîlité. - Dbsph., Trad, de Longin, chap. m.

G^est là où vous verrez la demikre bénignité de la conduite de nos Pères.

Pascal, Provmetojfs.

Le conseil de Vienne. . . faisoit les demiert efforts pour appaiser le Visir.

Rac, Noies histor.

Voilà un grand sorcier, que de juger d'une comédie quand on Ta vue. . . «rD faut fiedre comme moi, qui la trouve détestable, et, morbleu du dernier détestable, tans en avoir vu la moindre chose, n

Babon, Rendezr^foue det Tuileriet, ProL, se. ii.

Dès le temps qu*on dressa la Confession d'Ausbourg, il (Osiander) avoit fait les

iemierM efforts pour faire embrasser cette prodigieuse doctrine par tout le parti

(protestant).

BossDBT, Hitt, de$ Var,, a in-/i% i688, I, p. 663; - Cf. Id., Hiet. tmtv., in-&*,

i68i,p. 96,377-378, 6i3-/ii3, 5i6, 533-596;- Ca(^^. de Meaux, in-19,

1687, p. 69; - IlitL des Var, y I, p. 8, 660; - Avert, aux ProlMf. , in-6% 1689-

1691, m, S 3a, p. a63; V, S 91, p. 333; V, S 36, p. 358; VI, S 1,

p. 660, etc.

Je ne vous dis point. . . si j'ai la dernière application pour sa santé. - SI?.

Je suis dans la dernière confusion, d*avoir si mal profité de Thonneur de votre visite. - Bbghabd, Coquette, H, 19.

Estf-ce que Ton se marie pour coucher avec un homme? Fil cela est du dernier bourgeois. - Id., Divorce, III, 6.

N'est-il pas du dernier bourgeois, de marier plus d'une fille dans une maison?

Id., Hom, à h, fort,, I, 6.

/^ n\\ faut prendre garde que, dans le langage pretieux, le mot de dernier a plusieurs "jS^cations, comme vous allez voir dans les exemples que je vous en vais donner. Il ^goifie tantost grand, comme l'on voit dans cette phrase : Je voue en ay la dernière obUga- ^^n; tantost il signifie tout à fait, comme l'on peut voir par cet exemple : Cela est du dernier ^lendt pour dire tout à fait galand. Et enfin, il signifie première, J'ay cru que cet advis ^toil nécessaire, puisque ce mot a jusques icy embarrassé plusieurs personnes. Quelques^ ^s tiennent que c'est un des plus anciens mots de la langue pretieuse, quoyqu'il y en ait "^aucoup d'autres qui luy disputent.» - Sohaize, Le Gr, Diction, des Prétieuaeê,\'' Grand.

Déjà, avant Somaize, Sorel, dans les Loix de la Galanterie (1666) et dans son Diec, sur "Aced,fr. (i656), avait noté, comme nouveau, l'emploi de dernier dans cette locution : ^ Cette affaire est de la dernière conséquence.»

En 1671, Sorel revient sur ce mot : «Pour les choses, dit-il, qui sont de la dernière ^<>Qséquence, il faut prendre garde que l'on use diversement du mot de dernière. On ^tend quelquefois par ce mot le superlatif, et ce qui est dans l'extrémité pour être im-

58 DÉROBER — DÉSAMPHITRYONNER

portant, comme quand on dit : C'est une affaire de la dtmiàre conséqpeiioe. Mais si Ton dirait de qoeiqu un : Cest un homme de ia dernière condition, alors on mettroit cet homme dans Textréme bassesse.» - Sorbl, ùnuunu, <in Im?., 1671, p. 386.

Dernier : avoir le dernier.

1359 ^^y^z P^^ ^ dernier. — Tenez bon jusqu'au bout.

Dip, am.) iV, 3.

ni B semble que Gros-René, qui veut exciter Eraste dans sa qnerdle avec Locile comme Marinette excite cellend, dise le contraire de ce qu'il veut dire. Avoir le dernier, c'est-àdire le dernier mot, c'est parler le dernier; n'aiewr pa$ le dernier, c'est donc laisser ia parole à l'adversaire, c'est céder. Aucun dictionnaire n'autorise le sens contraire, et le langage de Gros-René nous parait inexplicable.

DÉROBER, avec un nom de personne pour complément direct.

Pour aller ainsi vêtu, il faut bien que vous me dérobiez.

VAv.yl.h.

Dans ce jeu du bal, je vous ay deerohée. - D'Uari, L'Aetrée, 161 &, I, p. 967*. D^RORER (Se) D\uPRàs DE . . .

Il vous dira que. . . durant qu'il dormoit^je me suis dérobée tauprhs de lui pour m'en aller courir. - G. Dand.y UI, 7.

* D'ordinaire on disait simplement te dérober de, , ,

Je ms deercbay de luy ie plus secrettement qu'il me fut possible.

D'Uiri, L'Aetrée, i6iâ, II, p. 908.

Le jeune Prince Sanche. . . te dérobe de ses parents. - Gorr., Àrg. de D, Samd^.

65 1 Ute déroba </'elle, ou plutôt prit la fuite. - Ia., Œdipe, II, 3.

Elle ne put pas pourtant les voir ensemble. . ., car Ludnde te déroba «Pelle.

M"* DB ScuDisT, Maihilde, 1667, p. 187.

DÈS, de.

399 Je m'en vais réparer Terreur que j'ai commise,

Et dès ce même pas rompre mon entreprise. — L et., 1, 8.

DÉSAMPHITRYONNER.

1860 Et l'on me des-Sosie enfin

Comme on vous dés-Amphitryonne. - Amph.j III, 7.

^ C'est là un de ces verbes comme les auteurs comiques en ont forgé beaucoup : Dée^ embalconner, Scarror , La Fautte Apparence, II, 8; Démarauder, Th. Corn., Comtette d'Or-

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