‹ Lexique de la langue de Molière comparée à celle des écrivains de son temps (volume 2)Chapitre 560 sur 596 · JUPON · texte numérisé non relu

JUPON

t Hnjulep, que le peuple prononça^i julht , dit Faretière, élaii tout simplement une potion , une tisane agréable composée d'eau distillée , de sucre ou de sirop , et de feuilles ou racines de certaines plantes. — Lejulep hépatique est pour le foie; ioporatif ou mmutifère, il amène le sommeil.

Toutes les grammaires, tous les traités anciens de prononciation disent que le p ne» prononce pas à la fin des mots cofnp, galop, sirop yjuUp, etc. En 1799^ TAcadémie française, dans sa 5* édition, fit une exception ^wrjulep, et décida que le p se prononce.

Jupon.

1767 Vous pourriez bien ici sur vostre noir jvpon.

Monsieur Thuissier à verge, attirer le bâton. - Tort., V, &.

Et sous son juppon noir qui le décreditoit,

Non sans étonnement, on a vu qu'il portoit

Un riche vestement. . . - Scabboh, D. Japh, d^ Arménie, V, 3.

Une estroite jartiere mse , Faite d'un vieux lambeau de fnae , En zodiaquant le gipon, Servoit d'escharpe à mon fripon.

Saint-Ahârt, OEuvr., bibl. elzév., I, p. si /î : Le PùèU eroUé,

Ouy, je voudrois estre au Japon Quand j'entends tout ce tintamarre . . .

Mon hostc en renasque en jupon.

Et sa femme en hurle en simarre.

Id., ibid,y I, p. hkS : Les nobles

* Ducangc cite une lettre du pape Alexandre IV (xui* siècle), où se trouve le mol jupUlum, répondant au "plcordjupel on jupon, M. Littré cite gippon et juppon au xiv* siècle; au xv", cet exemple caractéristique d'Eustache Deschamps :

Ly uns se vest court d'nn juppon, Ly autres long jusqu'au talon.

Au x?r siècle, Paisgrave ne donne pas le mot dans son Diction.; mais, dans Rob. E»ticmic, en 1669, et, en 1673, dans Nicot, on trouve les indications suivantes : i" juppi: aliis squetnie, aliis roquet; ù'* squemie ou roquet, theristrum, cliitoniscus vei chitonium. Ronsard escript touquenie; 3° roquet, voir rocket : lineus amictus.

En 161 /i, le Trésor des trois langues fourmi juppe : itd. giubba, casaca; esp. ropâU.

En i6so et i636, Monei : 1" juppe : espèce de hocqueton ou saye ample, ondoyant et volant, amplius et sinuosum sagum; a° hoqueton, saïon court et sans manciie, coUhium; hoqueton de guerre, militare sagum.

En i63a et i65o, Cotgrave donne jf/pon ou gippon, qu'il traduit par cassacke.

En i65o, encore, Ménage : rr Juppé, de Tallemand JII/7) , qui signifie un pourpoint àe paysan, dont les Italiens ont fait iuppone, duquel nous avons faii juppon, n

En 1671, Ducz : t^ jupon, spezie di giubl)oue; 2" juppe d'homme, giubbone, cassera...

En 1680, Richclet : ki'' jupon, petite jupe de femme; a* c'est une sorte de juste-aocorps à l'espagnole, n

JURER — JURISDIGTION 621

En 1690, Furetière : «ri** petile jupe de dessous fort courte; a** se dit aussi d'une espèce de grand pourpoint ou de petit juste-au-corps qui a de \on^es basques et qui n'a point de busquière, qui ne serre point le corps et qui ed une espèce de veste propre pour l'été. 9

En 169&, rAcadéoiie n'applique plus ce mot qu'à un vêtement de femme; mais jusque-là , et notamment au temps de Molière , il était aussi vêtement d'homme.

JliUEÏi; formules de serment : jurer le ciel, sa foi, etc.

Jurez-en votre foi. - Mar, forcé, se. 1.

Je jure le Ciel que je le défendrai ici contre qui que ce soit.

D. Juan, III, &.

66 1 Hé bien! puisqu'il le faut, je jure par les Dieux, Et si ce n'est assez, je jure par vos yeux. Qu'on me tuera plutôt que je vous abandonne. ~ Mélic., II, 3.

Ah! je jure le Ciel que cette trahison ne demeurera pas impunie.

Fourb. de Scap., II, 3.

Si fait, morbleu! je le sais bien; je le sais bien, morbleu! et. . . — Eh fi! Monsieur, que cela est vilain de jurer de la sorte! — Eh ventrebleu! s'il y a ici quelque chose de vilain, ce ne sont point mes jurements, ce sont vos actions, et il vaudroit mieux que yous jurassiez, vous, la tête, la mort et la sang, que de faire ce que vous faites avec Monsieur le Vicomte. - Comtesse dEscarh., se. 8.

ïenjure vos douceurs qui sont tout mon soûlas. . . Venjure ces désirs que vous me faites naître; Bref, j'en jure par vous , sans qui je ne veux être.

. D'Uaré, UAstrh, 1616; II, p. aaâ.

Je donne mon âme à l'Amour, dit Lysis, qui voidoit ^urm* à la mode nouvelle.

SoBiL, Berg, êxtrav, , 1637, p. 280.

1697 lejure les rayons du jour qui nous éclaire. - Goair., MerU,, V, 3.

J'aurois su , pour vanter ma peine et mon ardeur.

Mentir en courtisan et jurer en joueur. - MoRTrLiuBT, Fille capitaine, III, 1.

Enfin , Monsieur, j'en ai juré;

Valère sera préféré. - Poisson , Le Zig-Zag, se. 6.

4c Voir Jurons,

JCRiSDICTION, juridiction.

Voyez combien d appels et de degrés dejurisdictioni

Fourb. de Scap., II, 5.

L'homme ... sur qui la fortune aura le moins de juridiction,

Màlh., 11, p. Û71.

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