‹ Lexique de la langue de Molière comparée à celle des écrivains de son temps (volume 2)Chapitre 89 sur 596 · DÎNER · texte numérisé non relu

DÎNER

Il vient peut-être encore vous faire quelque emprunt; et il m^ semble que /ai dîné quand je le vois. - Bourg, gent., Ûl, 3.

# «On dit, quand on voit quelque chose qui déplaît : (rll me semble que j*ay disnd.'^ - FcRETiàRB, Diction., 1690. — La première édUtion du Dictionnaire de TAcadémi^ (169&) ne donnait pas ce proverbe; les éditions de 1718 et 17/10 Tadmettent comm^ «bas 9, et les éditions suivantes comme « populaire».

Dire, verhe neutre; absolument ^ parler; ordoniier.

tia8 Suffit. Rentrez tous deux. — Vous n'avez rien qu'à dire.

Ec. des Fem. , IV, 4.

721 Gomment, coquin? — Monsieur, vous n'avez rien qu'à dire. Je mentirai, si vous voulez. ~ Amph., II, 1 .

Si vous voulez, je les mettrai en enhaut. — Non, non. — Vous n'avez qu'à dire, - Bourg, gent, II, 5.

Je viens d'entendre tout; sur mon âme, il dit d*or.

Th. Gobu., ConU. d'Orgueil, I, 7.

Elle dit bien, Monsieur; songez à l'obliger. - Id., Feint AitroL, III, 9.

â 1 , , . Tu diê, eiia voix déconcerte

L'ordre étemel des éléments. - Ric. , Ode tirée du Peautne XVIL

Parle ; je suis plénipotentiaire ; tu n'as ^'à dire, - Baron, Coquette, se. i5.

Ma foy, vous diteê d'or. Tout ira bien. Courage !

HiUTBBOGHB, Bourg, de quai,, 1,7.

Dire d'une façon, et puis tout à coup dire de l'autre, seulement en haine des Papistes, c^estoit trop visiblement abuser de l'autorité.

BossuBT, Hist, dee Var,, a in-6% 1688; I, p. 54.

Vous n'avez qu'à dire, mon capitaine ; je fais d'abord main basse.

Reghârd, FUlee err,, III, 1.

T¥. Cest ainsi qu'on dit : 9 l'art de bien diren, c'est-à-dire «de bien parler».

DiBE : que je die, que tu dies, qu'il die^ qu'ils dient, subjonctif , four : que je dise, etc.

1 Veux-tu que je te die? — Dép. am.y I, 1.

1799 Non, quand toute la terre, après sa perfidie

Et les traits effrontés. . . — Ahl souffrez que je die. . .

Dép. am., V, 8.

Et n'y aura une seule de nos compagnes à qui je ne le (Ue,

D'IJaré, L'Aitrée, 161A, I, p. 6o'; - Cf. Id., itnd,, I, p. 56', et paseim, d'Urfé n'employant pas d'autre forme.

Vous attendez qaeje vous die qu'il fut affranchi. - Malh., II, 76.

1 899 Je ne saurais 8ou£frir qu'en ma présence on die

Qu'il doive m'acquérir par une perfidie. - Cobn., La Veuve, V, 8.

Faites ce que je veux sans que je vous le die, - Th. G0R9., Feint AitroL, HI, 9.

Mais il a l'autre jour promis la Comédie

Et ne s'en souvient plus ; il faut que je le die,

GiLBT DB LA Tbssoihibbib , Detniaiié, II, 3.

Faites-la sortir, quoi qu'on die, De votre riche appartement

CoTiN , Suite des Œuvr, gai,, i663; p. 385 (cité par Molière dans Les Femmes savantes).

J'ordonne donc qu'on ne die rien que de véritable.

Sbgbais, Nouv, franc,, i656; 1" Nouv,, p. aaô.

Je veux que tu me dies, -- Id., ibid,, i656; i'* Nouv,, p. kib,

La rançon que je veux présentement de toy . . . , est que tu me dies au vray quel mal-heur t'a l'ail mon prisonnier. - Id. , ibid,; »• Nouv,, p. Ai 5.

N^aitendfl pas qaeji te diê rien qui te puiise fléchir.

SiGBiis, Nouv.fianç., i656; 5* Nouv,, p. 190-191.

Monsieur Alddor, voulez-vous décrier Molière d'une plaisante façon? Faites que tous les Autheurs et îêi Comêdietu en dient du bien, car personne ne les croira sur ce chapitre. - Db la Croix, Guerre cetn,, 166/i, édit. Gay, p. 61-62.

Gicéron fait consbter.Ja dernière (la bienséance) à dire ce qu^il est à propos qu*ofi die, - Là Foxt., Iy, p. i3 : Conteê, Préf.

k6 Si Ton Teût su, qu'eût-on fait? Que fait-on?

n n*e8t besoin qu au Lecteur ^'e le die, - lo., V, 563 : Contm, IV, i5.

n n'est pas besoin quW vous die Ce qu'étoit une fée en ces bienheureux temps. - Pbbbault, Contée : Peau d^Âne,

Que Youle>-Yous que^e vous die. - M"* db ScuDiaT* MatkUde, 1667, p. A 70.

Et je croy que bientôt, si tu n'y remédies,

J'auray le cerveau creux. — Ah I — Quoy que tu m'en diee,

Hautbroghb, Crtip. muftc., I, i4.

toht Ahl que vous auriez vu, sans que je vous le diê.

De combien votre amour m'est plus cher que ma vie I - Ric, Iphig,, lU, 6.

Rien ne me divertit enfin, quoi que Von die.

Poisson, Aprèe-dinée dee aubergee, se 3.

Mais mal^é tout cela, je tiens, quoi que Von die,

Que dépense bien faite est grande économie. - Rborabd, Vendangée, se 1.

% «rAu singulier, quoy que l'on die est fort en usage, et en pariant et en escrivant* bien que quoy que Von diee ne soit pas mal dit. Mais qfioy qu'ilt dient, au plurid, ne semble pas si bon à plusieurs que quoy qu'ile dieent : je vouorois user indifféremment d^ Tun et de l'autre. 11 y en a qm disent quoy que voue diiez, pour dire quoy pu vmu dieiez ^ mais il est insupportable.» - Vâuoblas, édit. Ghassang; II, 38.

Patru, dans ses Obeerv, eur Vaugeîae, répond : txDie est rieux, et quoy que ^on dieê es-*^ comme il faut parier. Neantmoins, parce que tous nos Auteurs s'en servent, je ne le com — damne pas, surtout en vers, mais je ne le dirai jamais.» - Id., ihid.

«Th. Corneille reprend : «M. de Vaugelas etnploye partout die pour diee; cependant 1^0 pluspart de ceux qui escrivent bien sont persuadés que die n'est bon qu'en vers. • . pluriel de die ne vaut rien du tout, et je ne me souriens point d'avoir jamais leu qm qu'ile dienL M. Chapelain dit qu'il n'a jamais ouy dire à personne quoy que voue dùez tout le monde dit quoy que vous dieiez. M. de La Mothe Le Vayer condamne die et dient il adjouste que tous ceux qui sont intelligents dans la langue les condamnent comme lui.^^ - Id., t^., p. 39.

Enfin l'Académie, dans ses Obeerv, eur Vaugeîae, se prononce ainsi : cil faut dire pré^-^ — sentement quoy qu'on diee et non quoy qu^on die, qui s'est dit autrefois, surtout ei::=^ poésie.» - Id., ibtd,, ibid.

Vaugelas, Patru, Th. Corneille, l'Académie ne parlent que de la troisième personne dir^ singulier ou du pluriel. Nous avons vu que d'Urfé, Malherbe, Molière, La Fontaine, Gi]< de la Tessonnene, Segrais, M"* de Scudéry, Th. Corneille bien. Racine, ont employé! première personne ; on retrouve la première personne dans une épigramme bien connue

Colas est mort de maladie ; Tu veux que j'en pleure le sort ; ' Que diable veux-tu que j'en die T Colas vivoit , Colas est mort.

GoMBAULD, Épigr., in-ia, 16Ô7; I, 56, p. 39.

Pour la deuxième personne , nous en avons donné plus haut des exemples de Segrais e de Hauterochc.

DiBE : JE vous BIS ET YODS DOUZE, hcutwn populaive.

Je vous dis et vous douze que tous ces médecins n'y feront rian que de riau claire. - Mid. malgré /ui\ II, i.

Oxïy,je 90U U dis et vous le douze qu*on y mange de la ché, de la voulaye, et dé reox queme en chaînage.

Suite de l'agreMe cor^erence de deux paysans de Saint-Ouen et de Montmorency, in-4*, p. 5.

4t Cett-4-dire oui, je vous le dis et vous le douze qu^on y mange de la chair, de la Yolaille et des œufs comme dans les jours où TEfflise permet les aliments eras.

Le rapprochement de dis {dxi) et de douze forme une sorte de calembour qu*il suffit d*iiidiqaer.

Dire (A), qui fait défaut, qui manque.

Mais lorsqu'on en est maître une fois, il n'y a plus rien à dire ni rien à souhaiter. — D. Juan y 1,3.

Je vous trouve à dire plus que je ne voudrois. . •

Misanth.f Lettre de Céiimène, après le vers 1690.

Je suis d*une taille au-dessous de la moyenne ; ce défaut n^a pas seulement de la laideur, mais encore de Tincommodité à ceux mesmement qui ont des commandémens et des charges : car Tauthorité que donne une belle présence (prestance) et majesté corporelle en est à dire,

MoiiTAioNi, Essais, II, xni; édit. in-foL, i65a, p. 67 s.

Après avoir retourné ce nom de Catherine pour en composer un autre, j^ay trouvé en son anagramme cdui de Charité, et n y a qu'une lettre (n) à dire que toutes les lettres ny soient. - Sobbl, Berg, extrav,, 1627; I, p. 7.

Quand il arriva à cet article, il me sembla si solennel qu*il n'y avoit que les doches à dire; la croix et la bannière y estoient.

GHAPiLAiif, Trad. de Guzm, d'Alfar,, i6do',IlI, p. 3o6.

3o8 Avec tant de beautés et tant de bons esprits.

Je ne valus jamais qu'on me trouvât à dire, - Coin., La Veuve, I, 5.

Qu'y trouvez-vous à dire 7 II est beau, doux, bénin.

Th. Cobx., D, Bertr. de Cig,, V, la.

Et n'étes-Yous pas des hommes comme nous? — Oh I vraiment non: il y a bien à dire, - La Fort., Vil, p. 671 : Coupe enchantée^ se. 11.

On ne trouva jamais à dire une seule de ses brebis.

BossDiT, Avert, aux Protest., in-^*, 1689-1691 ; V, S 99, p. 363.

% Richelet, oubliant ces phrases, donne cette locution comme nouvelle, et cite plu- «leorg exemples de d'Ablancourt et de Patru. — Furetière, v" adirer, dit : tx Adirer, terme de Palais; égarer quelques papiers. . . Quelques-uns dérivent ce mot de aderrare. Il y a pas d'apparence qu'il vient de trouver à dire, qui signifie manquer, n

N'alteDdi pu qne/« ta dû rien qui te pmme fléchir.

SiQUis, Nom. franc., t656; 5' Noue., p. 190-tgi, Monsieur Alcidor, voulei-vaus décrier Molière d'une plûsinte fa^nt Faïtei qu tout les Autheun et la Camedient eD dient du bien, car personne ne lec crain BUT ce chapitre.- Di u Caoïi, Gutrre corn., i66â, édil. Gaj, p. 6t-6i.

Cicéron fait conaister. ia dernière (la bienséance) à dire ce qu'il «at k propM qu'on du. - U Fott., iV", p. t3 ; ConM», Préf.

66 Si l'on l'eût ni, qu'eût-on Taitl Que fait-on T

n n'est besoin qrau LecUur j« le die. - b. , V, 663 : C»Htm, IV, iS. Il n'est pas besoin qu'en voua dta Ce qu'étoit une fée en ces Inenheurenx temps. - Puuclt, Conttt : Aaw tTAm. Que voulei-vous quB;a vous diâ. ~ M"* na Scntiar, MtitKUdt, 1667, p. A70. Et je croy que bientdl, ai tu n'y remédies, J'auntf le cerrean creux. — An 1 — Quoy que lu m'en dû*.

mnraBOCBa, Critp. mine., 1, it.

loAi Ahl qne voua anriei TD, sans que ;> Tousle dû,

De combiea votre amonr m'est plus cher que ma viel -Ric, i^Uf., 111,6. Rien ne me divertit enfin, quoi que l'on dit.

Poisson , Aprh-dMt dm aubirgti, ac 3.

Hais malgré tout cela , je tiens , quoi que l'on dû. Que dépense bien faite est grande économie. - RieaiaD, Vtndtmgm, ac 1.

« bAu singulier, quoy que l'on die est fort en usage, et en pariant et en e Hcn que juoy que l'on dite ns soit pas mal dit. Mais guoy qu'il* ditnt, an [Jniid, O* semble pas ai brâ i plusieurs que qnoy qu'il* dittnt : je voudroia user indifférônoieot »* l'un et ne l'autre. Il y en a qui disent fuoy qu» vaut diitz, pour dire Tuoy fM ravi dÏM^ > mail il est insupportable. n ~ Viugelas, édit. Chassans; 11, 38.

Patru, dans ses Obitrv. lar Vaugelat, répond : tDie est lieux, et jHoy fw foH £m ^f* comme il faut parler. Ncantmoins, parce que tous nos Auteurs s'en servent, je ne le ce»* damne pas, surtout en vers, mais je oe le dîrei jamais.» — Id., ibid.

nTh. Corneille reprend : irM. de Vaugelas employé partout dà ponr dût; ecpeaJhnl j pluspart de ceui qui escrivent bien sont persuadés que di» n'aat bon qn'an nm.x i^* pluriel de diê ne vaut rien du tout, et je ne me souviens point d'aroir januia bn fw-^ fti'ils diaU. M. Chapelain dit qu'il n'a jamais ouy dir« k MraaOM Mff fM m fei* tout le monde dit guoy qu» vom diiiez. H. de La Hotbe Le \vttr CWidamM rfia «t im^^ il adjouste que toua ceux qui sont intelligents dana la tangne w eandmnait coMHI li&^ -la., ibid., p. 39. ' '

Enfin l'Académie, dans ees Oburt. mir Yavgrlia., se prononce ûnsi : ■!! faut dire pc-~ senteroent quoy qu'on diu et non ftuy gu'on dia, qui s'est dit autrefois, surtout ^^ poésie.!) - Id., ihU,, tbid.

Vaugelas, Patru, Th. Corneille, l'Académie ne parlent que de la Iroiùème persoitoa c^*

smgulier ou du pluriel. Nous avons vu que d'Crfi^, Malbe^, Molière, La Fonlainv , ffiB- '■

delà Tessonnene, Segrais, M"' de Scudéry, Tli. ComeUle bleu, Badne, ont employé ^

première personne; on retrouve la première personne dans une ^gramme bien «

Colas est mort de maladie;

Tu veux que j'en pieu

Que diable veux-tu que j'en d

QAbb vivoit. Colas est mort.

'en dieT ^^ ^^H

RE : lE Tons DIS ET TOUS DOCZE, Jocutùm populain.

Je vouM dit et vous douze que tous ces médecins n'y feront rîan que de l'iau claire. — Méd. malgré lui, II, i.

Ony, je von U dii et mu le doua qu'on y mtoge de la ché , de la voulaye , et Ai Kox queme en chanu^.

5ui'la da l'agreahle eat^enae» de dtux pajuimi d» Saint-Ouen et iê Mmtmoranci/, ili-&*, p. 5.

* G'e«l-i-dire oui, jt vaut U die et vaut le dota* qu'on y mange de la chair, de la

aille et de* leofs conim« dan* les jours où l'Eglise permet le« alimenta gras.

Le rapprochement de dit (dix) et de doau forme une «orte de calemBour qu'il suffit

idiquer.

ins (A), qui fait défaut, qui manque.

Mais lorsqu'on en est maître une fois, il n'y a pins rien à ilire ni rien à souhaiter. - D. Juan, I, s.

Je TOUS trouve à dire plus que je ne voudrais. . .

Mitanth., Lettre de Gélîmène, après le vers 1690.

Je rais d'une fdjie an-deaion* de la moyenne ; ce défaut n'a pai leuleinent de la laideur, mais encore de l'incommodité k ceui metmement qui ont des eommandémena et de> charges : car l'aulhorilé que donne une belle présence (preatance) et majesté corporelle en est à dir».

MoKTtioHi, Ettaii, II, ini; édit. in-fol., iSSa, p. &71. Après arair retourné ce nom de Catheriat pour en composer un autre, j'ay Innré en wia anagramme cdui de Charitiê, et n y a qu'une lettre (n) à dir* que tonta* Iw lettrea ny soieoL - SoaiL,£frg. exlrat., 16971 I,p. 7-

QoHid 3 arrin i cet artide, il me sembla si solennd qu'il n'y avoit que les dadM A Uni la cmz M U bannière j estoient.

CaiHUn, Trâd. d» Gtum. ^Al/ar., i63o; III, p. 3o6. 3nH Arec tant de beautés et tant de lions esprits,

Je nr valus jamais qu'on me trouvit à aire. - Coaii., La Verne, I, 5. Qu'y trouvez-voua à dira T II est beau , doui , béoin.

Th. Com., d. Bertr. d* Gg.,Y, is.

Et n'Atatt-fout pa» de* hommei comme noua ! — Oh I vraiment non : il y • Uen

idin. - U Fofrr., VII, p. It-Jl : Coapt eHchanléf , te. il. On ne \tnny» jainiui /i Jire une seule de ses Lrebii.

Ho,- rl. aux /VoiMi.,in-i". iSBS'iCgi; V, S ag, p. 363.

r^lLe Inculion comme nouvelle, et cite |Ju- Palru. — Furctièce, v* odirrr, dit ! «Adirer, terme QiiiuL. ,| i^uQg dérivent ce mot de aderrare. U y ■

^yy^^A^ f . doni

N^atiends pas que je te die rien qui te puiise fléchir.

Sboriis, Nouv. franc,, i656; 5* Nouv., p. 190-191.

Monsieur Alcidor, voulez-vous décrier Molière d'une plaisante façon? Faites que tous les Autheurs et let ComedieM en aient du bien, car personne ne les enm sur ce chapitre. - Di la Gboiz, Guerre eom., i66â, édit. Gay, p. 6i-6a.

Gicéron fait consister. Ja dernière (la bienséance) à dire ce qu*il est à propos qu*on die. - La Foxt., Iv, p. i3 : Contée, Préf.

&6 Si Ton Teût su, qu*eût-on fait? Que fait-on?

n n'est besoin qu au Lecteur j'e le die. - lo., V, 563 : Contm, IV, i5.

n n'est pas besoin qu'on vous die Ce qu'étoit une fée en ces bienheureux temps. - Pirbault, Contée : Peau d^iti.

Que vouiea-Yous que^'e vous die. ~ M"* de ScuDiar, Mathilde, 1667, p. &70.

Et je croy que bientôt, si tu n'y remédies,

J'auray le cerveau creux. — Ah I — Quoy que tu m'en diee.

muTiaocHi, Criep. mueie,, I, i&.

loAi Ah I que vous anriez vu, sans que je vous le die.

De combien votre amour m'est plus cher que ma vie I - Rac, Iphig,, III, 6.

Rien ne me divertît enfin, quoi que l'on die.

Poisson, Aprèe- dinde dee auberge», se 3.

Mais malgré tout cela, je tiens, quoi que l'on die,

Que dépense bien faite est grande économie. - Rbgrard, Yendagigee, se. 1.

le «Au singulier, quoy que Von die est fort en usage, et en pariant et en escrivanii bien que quoy que Von dite ne soit pas mal dit. Mais quoy qu'ile dient, au pluriel, o^ semble pas si bon à plusieurs que quoy qu'ih disent : je vouorois user indifféremment de l'un et de l'autre. Il y en a qm disent quoy que veue diiez, pour dire quoy fue vue dinê^ » mais il est insupportable. 9? - Vaugelas, é£t. Chassang; II, 38.

Patru, dans ses Obierv. tur Vaugelat, répond : fxDte est vieux, et quoy que Von diee ^^ comme il faut parier. Neantmoins, parce que tous nos Auteurs s'en servent, je ne le cc»^ damne pas, surtout en vers, mais je ne le dirai jamais.» - lo., ibid.

«Th. Corneille reprend : «M. de Vaugelas etnploye partout die pour diee; cependant ^ pluspart de ceux qui escrivent bien sont persuadés que die n'est bon qu'en vers. .. ^ pluriel de die ne vaut rien du tout, et je ne me souviens point d'avoir jamais ieu quM^ qu'ile dienL M. Chapelain dit qu'il n'a jamais ouy dire à personne quoy que woue dti^^ tout le monde dit quoy que voue disiez. M. de La Mothe Le Vayer condamne die et die^^ il adjouste que tous ceux qui sont intelligents dans la langue les condamnent comme iiL^- - lo., ibid., p. 39.

Enfin l'Académie, dans ses Observ. sur Vaugelas, se prononce ainsi : «D faut dire p^^ sentement quoy qu'on dise et non quoy qu'on die, qui s'est dit autrefois « surtout -^ poésie.» - Id., ibid,, ibid.

Vaugelas, Patru, Th. Corneille, l'Académie ne parient que de la troisième po-sonne ^ sinffulier ou du pluriel. Nous avons vu que d'Urfé, Malherbe, Molière, La Fontaine, Gi-^ de la Tessonnene, Segrais, M"* de Scudéry, Th. Corneille bien, Racine, ont emjdoy^ première personne ; on retrouve la première personne dans une épigramme bien conniv-^

Colas est mort de maladie ; Tu veux que j'en pleure le sort ; Que diable veux-tu que j'en die f Colas vivoit , Colas est mort.

GoMBAULD, Epigr., in-19, 1657; I, 56, p. 3^^

Pour la deuxième personne , nous en avons donné plus haut des exemples de Segrais ^ de Hauteroche.

Dire : je vous bis et yods douze, hcution populaire.

Je vous dis et vous douze que tous ces médecins n'y feront rian que de Fiau claire. - Mid. malgré /ui\ II, i.

Owf,je vou U dis et vous le douze qu*on y mange de la ché, de la voulaye, et dé renx queme en chaînage.

Suite de V agréable conférence de doux paysans de SaùU-Ouen et de Montmorency, in-â% p. 5.

♦ C'est-à-dire oui, je vous le dis et vous le douze qu^on y mange de la chair, de la YolaUle et des œufs comme dans les jours où TEfflise permet les aliments eras.

Le rapprochement de dû (dix) et de douze forme une sorte de calemhour qu'il suffit d^indiquer.

DiEB (A), qui fait défaut, qui manque.

Mais lorsqu'on en est maître une fois, il n'y a plus rien à dire ni rien à souhaiter. - D. Juan y 1,3.

Je vous trouve à dire plus que je ne voudrois ...

Misanth.y Lettre de Céiimène, après le vers 1690.

Je suis d'une taille au-dessous de la moyenne ; ce défaut n'a pas seulement de la laideur, mais encore de Tincommodité à ceux mesmement qui ont des commandemens et des charges : car Tauthorité que donne une helle présence (prestance) et majesté corporelle en est à dire.

MoNTAiGNi, Essais, II, XTii; édit. in-fol., i65a, p. 67 s.

Après avoir retourné ce nom de Catherine pour en composer un autre, j'ay trouvé en son anagramme celui de Charitée, et n'y a qu'une lettre (n) à dire que toutes les lettres n'y soient. - Sobbl, Berg. extrav., 1627; I, p. 7.

Quand il arriva à cet article, il me sembla si solennel qu'il n'y avoit que les doches à dire; la croix et la bannière y estoient.

GHAPBLAiif, Trad, de Guzm, d'Alfar., i63o; III, p. 3o6.

3o8 Avec tant de beautés et tant de bons esprits.

Je ne valus jamais qu'on me trouvât à dire, - Corn., La Veuve, I, 5.

Qu'y trouvez-vous à dire 7 II est beau, doux, bénin.

Th. Corn., D, Bertr. de Cig,,Y, la.

Et n'étes-Yous pas des hommes comme nous? — Oh I vraiment non: il y a bien à dire, - La Fout., VII, p. ^71 : Coupe enchantée^ se. 11.

On ne trouva jamais à dire une seule de ses brebis.

BosscBT, Avert. aux Protest,, in-^*, 1689-1691 ; V, S 39, p. 363.

^ * Richelet, oubliaat ces phrases, donne cette locution comme nouvelle, et cite pluttcun exemples de d'Ablancourt et de Patru. — Furetière, v" adirer, dit : tx Adirer, terme de Palais; égarer quelques papiers. . . Quelques-uns dérivent ce mot de aderrare, 11 y a FUS d'apparence qu'il vient de trouver à dire, qui signifie manquer, rt

Furetière est dans l^erreur, car le verbe adirer existait bien longtemps avant Teqirvsion à dire, Ducange en cite Texemple suivant, tiré du roman de Rou :

Puis a dit au Duc en Toreilie Que il a eu moult merveille De la cuillé qu'il a trouvée Qu^il ont au mangier adirée.

Dans la ùmiume de Normandie, chap. lxxxvii , art 5 , on lit :

De ces querelles, les unes sont de debte, les autres de convenant, les antres de choses adirée».

Dans la Coutume du Berry, dont le texte a ëté arrêté par procès-verbal de juin i537, on lit, tit. IX, art. 98 :

Pareillement s'il est trouvé qu'ils aycnt prins, esgaré ou adiré aucun des Inens meubles. . ., etc.

Robert Estienne ne donne pas le mot (iS/ig); mais Nicot (i573) dit : tu Adirer, mot fréquent à Paris, vault autant comme e$garer,7i

D'après ces exemples, nous pensons que l'on a dit d'abord qu'un objet est adiré, ta lieu de adiré, en transformant le participe en adjectif, comme on dit, en Anjou, eoM pour comblé, gonfie pour got^, etc. Ce serait par corruption que l'on aurait transformé adiré en à dire.

On trouve à redire pour à dire :

Plistonax ayant fait faire une reveue de ses troupes, on trouva à redire près de vingt mille hommes. - Cléohuline, Roman, par M*"* de M. (dr Miacé), i658, p. 35i&.

Dire (En).

1703 Cette maison meublée est en ma bienséance, Je puis en disposer avec grande licence ; Si le sort nous en dit y tout sera bien réglé. - UEt. , V, 1 .

Vous avez beau prêcher, s't/ vous en dit : ce sont tromperies. - Malh., II, &ip **

a 06 Ami le cceur fen dit, — Nullement, ou je meure. -Gorr., Gai, du Pal,, I, ^

Qu'on ressorte aussitôt et qu'on ne rentre plus.

Afin que nous puissions librement et sans peines,

5t le cœur noue en dit, parler de nos fredaines. - Poissor, Fem, coq,, V, h,

* ftSi le coeur voua en dit, si le cœur lui en ditu^ sont des expressions consacrées : cak votif ou lui convient, 11 semble difficile d'expliquer, dans le vers de Molière, vn le ur^ n9UM en ditti , en tenant compte de ce qui précède et de ce qui suit. Et peut-on admette t«i le cœur vous en ditrt^ que n'autorise aucune variante dans les anciennes édilioas?

Dire : c'est tout dit, c'est tout entendu, il n'y a rien de plus ^ dire.

1397 II est fort enfoncé dans la Cour : c'est tout dit, — Fem, sav, , IV, 3

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