DISCRÉTION — DISEUR
* Ancien français : «rCy-gist noble et ditcrele personne.»
Di$cr$to a le même sens en espagnol, et les anciens dictionnaires (ex. 161 A) traduisent ditcret par : «sage, prudent, avisé, judicieux, spirituel».
Discrétion, iibre disposition; modération.
Le tout. . . rabaissé à la valeur de mille écus, par la discrétion du préteur. — Que la peste Tétouffe, avec sa discrétion. - UAv.y II, 1.
De ne point tomber à la dUcrétion des victorieux. - Malh., 396.
Il est presque impossible que ceux dont on est obligé de se servir en de telles occasions aient assez de difcrétion pour se contenter de la connoissance qu'on leur veut donner. - Là Roghbf., U, 807.
Toute la nuit estant laissée à la discrétion des soldats, ils luy firent souffrir (à Jésus-Christ) toutes les indignitez possibles. - Bossdet, Catéeh, dê$ Festes, in-13, 1687, p. âa.
Après avoir fait dépendre la prédication de la puissance royale, on s^en remet à la diêcrétion de ceux qui s'imagineroient avoir en eux-mesmes le Saint Esprit.
Id., Uist, des Var., a in-Â**, 1688; I, p. haù-hùS.
* Le mot ne parait que sous les deux sens de séparation , discrimen , et prudence , capacité i bien juger, prudeniia, dans tous les lexiques de iSâg à iG5o. £n i65o, Cotgrave, le premier, admet le sens de gageure (wager) signalé déjà comme nouveau par H. Estienne <lans son Langage françois-italianizé : une ditcrétion, en eCTet, peut être le gage laissé à la ^ueràion, c'est-à-dire à la libre disposition du gagnant dans un pari. Ni Richelet, ni ^Qretière ne donnent exactement le sens où le mot a été pris par Molière. L'Académie s en rapproche : tr Judicieuse retenue, circonspection dans les actions et dans les paroles, n
Diseur, diseur de rien.
1 o&S Et je préférerois le plus simple entretien A tous les contes bleus de ces diseurs de rieti.
Ec, des Mar.y 111,8.
. ^ Noos avons suivi ici la leçon des éditions de 1710, 1718, l^SU\ les éditions anté- '^^Ui^s portent, à tort, selon nous:
A tous les contes bleus de ces discours de rien.
Il me prend des tentations d'accommoder tout son visage à la compote, et le mettre en état de ne plaire de sa vie aux diseurs de fleuluettes. - G. Dand.y II, 2.
Ouy, la campagne n'est pas seule Où les diseurs de mots de gueule . . .
Font enrager les gens de bien.
SciRBON, Œuvr,, Paris, David, 1700; I, p. 99.
Saturne y pensa bien battre ;
Au moins se fascha-t-il bien
Contre un grand diseur de rien
Qui parloit autant que quatre. - lo., ibid., I, p. 96.