‹ Lexique de la langue de Molière comparée à celle des écrivains de son temps (volume 2)Chapitre 99 sur 596 · DIVORCE · texte numérisé non relu

DIVORCE

DlTORGE, querelle, démêlé, différend, séparation.

1970 Ce qui n'étoit que jeu doit-il faire un divorce?

Et d*une raillerie a-t-on lieu de s'aigrir? - Amph., II, 6.

Gognoissant que la beauté de son visage cstoit cause de Tamoar que Ponde et le neveu luy portoîent, et considérant que c*étoit la seule occasion de divorte qui estoit entre eux, elle résolut de se rendre telle qu'ils fussent à Tadvenir autant refroidis par sa laideur qu'ils avoicnt esté eschaufiez par sa beauté.

D'Difi, L'Aêtrée, 1616, II, p. 780; - Cf. Id., ibid,, U, p. 617.

161 & Accepte un repentir accompagné de larmes; Et soufire que le tien nous fasse tour à tour Par ce petit divorce augmenter notre amour. - Coin., Gd, du Pai,, V, à,

S99 Ds ont assez longtemps joui de nos divorces. - Id., Hor,, I, 3.

Dans ce grotesque divorce.

Chacun se tue et s'efforce

De bien jouer son rôlet - Brébiuf, Lucain trav,, i656, p. i4.

Crois-tu, cruel, que de nos deux génies. . . J'aille signer la séparation?

L'esperes-tu t pense&-tu que par force Ma loyauté consente à ce divorce f

SAiNT-AMAifT, Œuvr,, bibl. elzév., I, 986.

Attendez pour finir cet agréable divorce.

Gilet de là TassoififiiiB , Le Desmai$é, IV, 7.

1 Que le bon soit toujours camarade du beau ,

Dès demain je chercherai femme; ,

Mais comme le divorce entre eux n'est pas nouveau, Et que peu de beaux corps, hôtes d'une belle âme.

Assemblent Tun et l'autre point.

Ne trouvez pas mauvais que je ne cherche point.

La Fort., II, p. ioa-io3.: Fa6/«s, VII, 9

^■111 (Molière), Sans vous, nous estions prests de rompre nostre troupe. l'K Cbitalibr. La rompre, dans un temps qu'elle a le vent en pouppe,

Ce seroit, ce me semble , assez mal adviscr.

Mais d'où vient ce divorce? — Florimont. Et qui peut le causer

Qu'Élomire? — Élomirb, railleur. Élomire a toujours fait merveilles.

Il a scandalisé les yeux et les oreilles,

Perverty les esprits et corrompu les mœurs.

Le Boulanger de Chalussat, Elomire (Molière) hypocondre, 1670; au U* acte. Divorce com., se. U.

Son esprit qu'à guérir vainement on s'efforce , Avecque sa raison est toujours en divorce.

MoNTFLECBT, Dupc de $oi-mimê, III, 6.

Je vois un grand divorce entre l'argent et vous.

CHAMPMBSLé, Le Parieien, I, 1.

C'est avec le bon sens vouloir faire divorce. - Babon, Ec. det Pèret, I, 7.

Vous avez fait divorce avec le genre humain. - Reonabd, Démocrite, I, U.

102 dix-cors — doigt

Dix-cors.

UgZ Et nous conclAmes tous d'attacher nos efforts

Sur un cerf qu'un chacun nous disoit cerf dix-eon.

Féek., n, 6.

:¥ Un cerf dix^con est un cerf dont les perches ou cornes principsdes, partant de ii meule, comptent de seize à vingt-quatre andouîllers ou branches, dites aussi eon ou (^ viUureM,

«Au mois d'avril et may, on commence à juger des vieux cerfe par les fumées (lei déjections), lesquelles ils jettent en plateaux : et s'ils sont larges, gros et espois, c*eri signe qu'il est cerf de dix-cort.Tt - Jacq. du Fouillodx, Vinme, ch. xxiii.

«Les quatre et cinquième années, sa teste croistra en hauteur et grosseur;. . . elle pourra porter huict, dix et jnsques à douze (andouillers): et la sixième année, qui fà l'âge qae l'on le doit qualifier cerf de dix cor» jeunement, pour le distinguer d'avec le jeune cerf et le cerf de dix cor», . . . dors il pourra porter douze et quatorze; la septième année, qui est l'âge de la dernière croissance du corps et de la teste,. • . il pourra portei seize, du-huit, vmgt et jusque à vingtHjuatrc : c'est le temps que l'on le peut qualifiai cerf de dix cor», puisque sa teste est dans sa perfection, et que tes connoissances (voi ce mot, 1. 1, p. /i 58) y sont pour le discerner d'entre les jeunes cerfs et les cerfs de à\ cor» jeunemenLT) - Salrovb, La Vénerie royale, in-à*, i655, p. 70, ch. zxv.

Document, enseignement.

Allons, Monsieur le Comte, faites voir que vous profitez des bo^ documents qu'on vous donne. —Escarb.y se. 7.

Mettez-vouz bien dans la mémoire Et retenez ces documenta, Vous qui vous piquez de la gloire De réussir en faits galants.

Hamilton, Mém. de Gram,, en tête du chap. ir«-

* Le mot document ne se trouve pas dans le Nicot, même de 1606; mais il pa^ dans Gotgrave en 1611, i63a, i65o, et dans Monet, i6ao, i636, avec le sens def^ cepte, inetntction, admonition.

Doigt : montrer au doigt.

1 099 Et chacun, vous voyant, vous montreroit au doigt.

Ec. des Fem. , IV, 4.

Mesme si tost qu'un valet ,

Une cale , un bavolet , . . •

Montroit au doigt ce grand homme.

Son cœur s'épanouissoit. - BBésEUF, Lucain trav,, i656, p. 73.

peu s'en faut qu'en la rue on ne me montre au doigt.

Th. Corn., Feint À»trol., IV, 5

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