DONNER
* Corneille a fait plusieurs fois usage de cette forme, qui correspond à rallongement de avec, avecque, avecquee, dans ses premières pièces; mais, dans son édition de 1660, il a soigneusement changé les vers où elle se trouve : ainsi , le vers
799 Doncques, si ta raison ne se trouve déçue. - Mélite, III, a.
est devenu
Donc si ton espérance à la fin n'est déçue . • .
Voir le savant Lexique de Corneille, par M. Marty-Laveaux.
On remarquera, dans la citation tirée du Dépit amoureux, que doncquee commence la phrase; il en est de môme dans nos citations de Ronsard et de Corneille; d'autres exemples sont à noter dans Malherbe ; ils ont été cités par Ménage dans ses Obeerv. $ur Malherbe, p. 327 ;
Donc un nouveau labeur à tes armes s'apprête.
Malh., Au Roi Louit XIII, liv. II.
Donc celle merveille des cieux. - Id. , liv. V : S tance».
A ce sujet, Vaugelas, après avoir condamné et donc comme un gasconisme, fait la remarque suivante :
«On peut aussi commencer une période par donc (qui en doute ? répond Ménage dans ses Obeerv. eur Malherbe, p. 337), et il n'est que bon de s'en servir ainsi quelquefois pour diversifier son usage ; car la plus commune façon d'en user et qui a le plus de grâce, est à la seconde ou à la troisiesme ou quatriesme parole de la période.»
Vaugelas, édit. Chassang; II, p. ss5.
«M. Chapelain, dit Th. Corneille dans son Commentaire,... permet de commencer par donc, ce qui se fait aujourd'hui assez rarement, si ce n'est pour tirer une conséquence de ce qui a esté dit auparavant.» - Ibid., 1, p. a 2 5-2 a 6.
L'Académie française ne parle pas autrement que Chapelain et Th. Corneille. - lbid., 1, 336. •
Quant aux formes donc, doneque et doncquee, Ménage les dérive de l'italien dunque, tiré lui-même (?) du latin denique, «d'où nous avons fait doneque ; nous avons dit ensuite donequee, en y ajoutant une s comme aux mots précédents (même*, guère*). Donc et doneque sont également usitez. Doneque» n'est plus en usage ».
Ménage, Obeerv», t. I, 167s, p. 76.
DONNER, abandonner, rendre, renoncer à. . .
3oA Console-moi, Marquis, d'une étrange partie
Qu'au piquet je perdis hier contre un Saint-Bou vain , A qui je donnerois quinze points de la main. - Fàch. , IL
Puisque vous m'avez bien voulu donner votre ressentiment, trouvez bon qu'en ce lieu je vous fasse toucher dans la main l'un de l'autre.
iSictï., se. 17.
577 Je vous le donne en deux. - La Fo*t., VII, p. 178 : Clymhte, Coméd.